‹ Traité des maladies mentaleChapitre 366 sur 500 · INDICATIONS PARTICULIERES · texte numérisé non relu

INDICATIONS PARTICULIERES

vaient de singulières perturbations de l'intelligence, ont suffi pour conjurer, dans plus d'une circonstance, l'explosion d'un accès de folie chez les individus héréditairement prédisposés.

J'ai donné mes soius à un homme d'une constitution athlétique et qui, malgré les apparences de la santé la plus robuste, éprouvait, à des époques périodiques, tous les phénomènes maladifs propres aux individus prédisposés à la folie. Il était âgé de quarante-cinq ans, et avait déjà été placé une fois dans une maison de santé ; un de ses frères était mort aliéné. Le père, homme d'un naturel bizarre, irritable, était mort d'apoplexie cérébrale. Lorsque je fus appelé, je trouvai le malade plongé dans une profonde stupeur; le pouls était d'une lenteur extrême et la respiration presque insensible. Je fus prévenu que des situations pareilles étaient chez lui l'avant-coureur d'accès maniaques dont l'intensité était toujours à redouter, Je n'hésitai pas à ordonner une saignée dérivative de 330 grammes, et à faire une application de seize sangsues derrière les oreilles1.

Sous l'influence de ce traitement, le pouls ne tarda pas à se relever, et le malade sortit de sa stupeur. Des indications spéciales m'engagèrent ultérieurement à rappeler, au moyen de pommades irritantes, deshémorrhoïdes disparues depuis longtemps. Je pratiquai des frictions de pommade stibiée sur la tète; j'appliquai unséton à la nuque, et j'eus recours, dans le même moment, aux purgatifs à doses fractionnées. J'avais été prévenu que le malade avait eu antérieurement des pertes de connaissance avec phénomènes convulsifs, et je craignais une périencéphalite à forme insidieuse.

Le traitement fut suivi d'un plein succès, et le malade, dont je fus ultérieurement appelé à diriger l'hygiène, me donnait lui-même les renseignements les plus positifs sur les prodromes de ses accès. . Les tendances congestionnaires cérébrales étaient si actives chez lui qu'il lui suffisait d'être affecté d'un coryza pour être porté à délirer; la moindre émotion morale le jetait dans les mêmes perplexités. 11 avait aussi de fréquentes palpitations dues à une légère hypertrophie du cœur, et son caractère était devenu irritable, comme cela se remarque chez tous les malades de cette catégorie. Toutefois, grâce à une médication antiphlogistique préventive, renouvelée à. des époques périodiques et associée à une hygiène sévère qui n'excluait que les excitants, tels que les alcooliques, qui proscrivait l'usage trop fréquent du coït, je fus assez heureux pour obtenir des rémissions complètes. Ce malade, héréditairement prédisposé à la folie, frappé déjà plusieurs fois de cette maladie, et qui était en pleine évolution d'un accès nouveau lorsque je le vis, fut ainsi replacé dans des

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conditions d'activité intellectuelle et de bien-être physique qu'il n'avait jamais éprouvées.

Je dois ajouter qu'il est rare de trouver un malade aussi heureusement disposé que celui dont je parle, à subir l'influence du médecin et à aider aux indications particulières du traitement par l'observation consciencieuse et intelligente de sa propre position. Nous connaissons assez maintenant les aliénés héréditaires pom savoir qu'ils sont instinctivement portés à commettre des excès de toutes sortes. Il en est d'autres qui, par une réaction inverse, vivent dans des préoccupations incessantes sur 1 l'issue plus ou moins fâcheuse de l'état névropathique dont ils ont con- | science, mais qui, ne sachant pas surmonter leurs craintes, tombent ainsi dans tous les excès des hypochondriaques.

Les indications du traitement antiphlogistique chez les aliénés en voie d'évolution de la maladie, et qui sont en outre héréditairement prédis- i posés à la folie, se déduisent de la prédominance du tempérament san- ) guin et de leurs dispositions congestives. Ces malades se plaignent de céphalalgies intenses et profondes; leur sommeil est agité, ils ont des rêves effrayants, tombent dans la torpeur et perdent facilement la mémoire des choses. Ils ont des pandiculations, des vomissements, des éblouissements , des convulsions, et pleurent facilement. Le médecin se tiendra sur ses gardes quand il remarquera un état spasmodique et con- j vulsif dans les muscles de la face; quand il observera que les yeux sont mobiles, injectés, et qu'ils projettent un éclat plus vif; quand enfin l'agitation, le besoin de locomotion succéderont à la torpeur et à la prostration.

Chez les aliénés héréditaires, l'accès de folie éclate souvent dans le cours d'une maladie aiguë qui a son siège ailleurs que dans le cerveau : c'est ce que l'on observe dans les suites de couches, les pneumonies, les arthrites et une foule d'autres affections. On n'oubliera pas qu'en vertu de leurs dispositions particulières à la congestion cérébrale, les aliénés qui nous occupent en ce moment demandent parfois un traitement antiphlogistique plus rigoureux que d'autres. La vérité de ce principe résulte des faits d'observation.

« Les femmes hystériques (1), toutes celles qui ont des frères, dos soeurs, et d'autres parents aliénés, demandent à être suivies de près par un médecin, et pendant les douleurs et à la. suite de l'enfantement. Celles qui sont replètes, qui ont fait beaucoup d'efforts musculaires sans perdre beaucoup de sang, peuvent être prises de convulsions avant la fin de l'accouchement. Ces accidents et les autres symptômes

(1) Voyez Briquet, ïrat'.v clinique et thérapeùliqûô de l'hystérie. Paris, 18VJ.

TRAITEMENT DE LA PÉRIODE D'iNVASlOIÏ. 593

congestifs peuvent se dissiper sous l'influence de saignées promptes ; mais on ne doit pas rester dans l'expectative, en permettant au sang de se fixer ; définitivement dans les capillaires du cerveau : on devra donc mettre tout en œuvre, dans les cas de cette catégorie, pour terminer le travail de l'accouchement et pour recourir à la phlébotomie autant de t'ois que cela sera jugé nécessaire. »

« Le délire qui survient après l'accouchement, sur un certain nombre de femmes (1 ), n'offre pas, à beaucoup près, toujours un caractère inflammatoire ; quelquefois cependant ce délire prend très vite l'expression qui caractérise la périencéphalite insidieuse aiguë, s'accompagnant de sécheresse de la langue, d'accélération du pouls, de pétulance musculaire, de soubresauts, d'insomnie, de cris inarticulés. Les médecins appelés auprès des nouvelles accouchées se tiendront plusieurs jours en garde contre les dangers d'une pareille affection, et c'est en insistant sur la sévérité du régime, sur la nécessité d'un grand calme moral, et en prévenant la réaction de l'appareil utérin sur l'encéphale, qu'on préviendra les phlegmasies iiïtracrâniennes. (2) »

Ces réflexions que j'emprunte à M. le docteur Cahneil me semblent d'une importance extrême dans le traitement des maladies mentales en général , et des aliénations héréditaires en particulier. Dans les commencements de ma pratique, j'avoue que je ne tenais pas un compte assez rigoureux des érysipèles qui, chez certains aliénés, envahissent la face, les téguments du crâne et du cou, des phlegmons des régions parotidiennes, ainsi que d'autres accidents qui compliquent l'aliénation. Ces phénomènes doivent être pris en sérieuse considération lorsqu'ils sont accompagnés ou suivis de rêvasseries, de somnolence, de dispositions au coma, et qu'ils se présentent surtout chez les individus qui comptent des aliénés dans leur ascendance.

On pensait autrefois, dit M. Calmeil, que cet ensemble d'accidents devait être classé parmi les manifestations purement essentielles et dynamiques. Cela est vrai pour un grand nombre d'aliénés; je n'en excepte pas même les héréditaires. Mais parmi ceux-ci, il en est qui doivent leur prédisposition aux maladies inflammatoires du cerveau chez leurs ascendants", et ce sont ceux qui nous préoccupent en ce moment. Or, chez ces derniers, il arrive assez souvent que les affections intercurrentes retentissent d'une manière funeste sur les fonctions encéphaliques. Les autopsies prouvent alors, ainsi qu'il est permis de le déduire des observations

(1) Calmeil, ouvr. cit., t. Il, p. 654.

(2) Marco, Traité de la [die des femmes enceintes, etc. Paris, 1859.

fi94 UTILITÉ DES BAINS T1ÈDES PUOLONGÉS.

générales de M. Calmeil sur les maladies des centres nerveux encéphali ques, que les complications dont je fais mention peuvent tenir à un éta inflammatoire avec ramollissement de la pulpe cérébrale. Le traitemem antiphlogïstique est alors indiqué (1).

2° Traitement tonique, réparateur et calmant dans la période d'incubation des folies héréditaires. Utilité des bains. — Dans les description: que j'ai faites des phénomènes prodromiques dans la folie en général dans la folie héréditaire en particulier, j'ai signalé l'élément douloureux néyropathique qui se fixe tantôt dans un point, tantôt dans un autre. Le centre épigastrique, les appareils sensoriaux semblent être le lieu d'élection de cette impressiomrabilité douloureuse qui rend les malades si irritables, si exigeants dans les soins qu'ils réclament impérieusement de leur médecin et de leur entourage.

Il est inutile défaire observer que dans des situations pareilles, accom-j pagnées le plus souvent de privation de sommeil, de déperdition énorme de forces nerveuses, de constipation opiniâtre, d'anomalies de toutes sortes dans les fonctions digestives, les antiphlogistiques ne sont pas indiqués ; ils ne feraient qu'aggraver l'état de souffrance. C'est sans doute en raison de l'excitation extrême à laquelle les malades sont soumis dans cette période, que beaucoup de médecins croient devoir recourir à la saignée. Les préjugés populaires vont du reste d'eux-mêmes au-devant de cette méthode. 11 n'est pas rare de voir dans nos campagnes les sagesfemmes et les matrones inintelligentes ne livrer les aliénés aux soins des médecins que lorsque ces malades ont été épuisés par des saignées exagérées, et que leurs exarcerbations ont empiré sous l'influence de cette médication irrationnelle.

Le traitement, dans les cas de ce genre, doit répondre à trois indications spéciales : calmer, tonifier, régénérer. Avant déparier des calmants spécifiques, tels que l'opium, la belladone et autres remèdes antispasmodiques, ainsi que de la grande variété des médicaments toniques, je mentionnerai les bains, que je place incontestablement au-dessus de tous les agents de la matière médicale dans le traitement de l'irritabilité nerveuse qui est le propre de la période prodromique. Il est bien entendu que je n'exclus ni les calmants, ni les toniques; j'en discuterai la valeur

(1) J'appuie d'autant plus sur ces considérations thérapeutiques, que s'il a été utile de faire une réaction contre l'abus de la saignée, qui à une certaine époque était le seul remède contre la folie, et la cause d'un si grand nombre de terminaisons par la démence, il est nécessaire aujourd'hui d'indiquer avec plus de précision les cas où le traitement antiphlogistique est indispensable ; et ces cas sont plus nombreux qu'on ne le croit généraîemiînt

&UDAÏ10N. — lURlbATlON AVliC L'iîAU FllOlDE. 595

[temps et lieu. Leur indication se déduit de la nature de 1 affection et de l'état du malade lui-même.

, On connaît la propriété éminemment calmante des bains tièdes prolongés et le bénéfice qu'en ont retiré les médecins qui ont réagi contre la pharmacopée incendiaire et indigeste du siècle dernier. On a reproché faux bains tièdes d'affaiblir démesurément les malades. Mais M. le docteur Sandras fait remarquer avec justesse que dans l'état nerveux, on ne risque rien de les répéter fréquemment ; les malades gagnant, en géné- | ral, plus de forces par le calme du système nerveux, qu'ils n'en perdent [ par l'effet débilitant du bain. D'ailleurs, la débilitation extrême des forces est facile à éviter, et comme il s'agit principalement ici de décentraliser , la douleur et d'obvier aux inconvénients graves qui résultent pour les ! fonctions nerveuses générales de l'état d'anesthésie ou d'hyperesthésie qui afflige les malades au début des affections mentales, on ne peut i employer, pour obtenir ces résultats, un moyen plus sur que les bains j tièdes dans certains cas et l'hydrothérapie dans d'autres, i' J'aurai plus d'une occasion de parler de celte puissante et bienfaisante méthode à propos du traitement de l'hystérie et de l'hypochondrie. Je tiens seulement à signaler en ce moment les immenses avantages que j'ai retirés des bains tièdes prolongés et de l'hydrothérapie, lorsque j'ai été consulté dans cette période prodromique où s'organise la folie. Leur avantage n'est pas moins grand dans ces situations névropathiques extrêmes où les opiacés ne procurent aucun soulagement aux malades, et où les toniques et les purgatifs ne font qu'irriter le système digestif déjà si impressionnable. La situation est différente lorsque la maladie est déclarée, et que les complications qui surgissent amènent des conditions pathologiques nouvelles; je vais en parler dans un instant.

Je crois devoir insister d'autant plus sur l'hydrothérapie, que c'est un moyen précieux mis à la portée des malades les plus pauvres. La sudation aAec les draps mouillés, l'eau froide en irrigation dans le but de produire une réaction favorable, peuvent être employées partout. L'effet le plus immédiat est de calmer les malades, et en supposant que ce moyen les débilite, il est facile d'y obvier par la réaction salutaire et tonique amenée par l'a (fus ion froide. Un autre résultat précieux, outre le soulagement de l'état douloureux général, est d'activer les forces de la digestion, de les modifier à tel point qu'il est permis de nourrir des malades que l'anorexie , la constipation , les jeûnes prolongés, avaient réduits à une sorte de marasme nerveux (1). M. Sandras fait remarquer

(1) Il est inutile de défendre l'hydrothérapie contre les attaques dont elle a été l'objet,

596 INCONVÉNIENTS DES PURGATIFS, DES TONIQUES DANS LA PÉRIODE INITIALE.

avec raison que les purgatifs ordinaires, qu'ils soient pris par le haut ou par le bas, ne vont pas bien à ces malades. Ils les font souffrir, les fatiguent, dérangent la digestion et usent les forces. Quand on arrive au but, ce qui n'est pas le plus commun, on n'obtient d'ailleurs qu'un soulagement momentané et qui ne dure pas.

« Pour obvier à tous ces inconvénients, dit ce prudent praticien, je trouve qu'il vaut mieux tâcher d'aller au-devant, et préparer de longue main' cette fonction à un exercice plus régulier. On arrive là en insistant, même quand il n'y a pas d'autre indication, sur l'usage journalier delà magnésie décarbonatée après chaque repas. Le sel laxatif qui se forme dans l'estomac avec les acides qui saturent cette base, suffit fréquemment au bout de peu de jours pour amener le résultat qu'on désire. Quand cela nel suffit pas, je fais prendre tous les matins un verre ou deux de petit-lait' non aigre, à jeun, ou bien deux tasses de bouillon de poulet et de veau ;J en ajoutant à ce régime des bains fréquents, quelques lavements simples ou relâchants, souvent de grands lavements froids, il est rare que je n'obtienne pas la régularité souhaitée pour les garderobes. Ce n'est qu'à laj dernière extrémité que j'ai recours aux purgatifs proprement dits. Alors je conseille tout simplement quelques résines, comme les pilules dites; écossaises, quelques décigrammes d'aloès; je les fais prendre le soir, et le lendemain, à l'aide de quelques tasses de bouillon aux herbes non acide et de bouillon de veau ou de poulet, une ou deux garderobes arrivent sans fatigue et sans dérangement appréciable d'aucune fonction. » (Sandras, t. I, p. 77.)

Ces préceptes sont sages et judicieux, et les indications qu'ils comportent s'appliquent à tous les aliénés sans exception, qu'ils appartiennent ou non à la classe des folies héréditaires. Nous avons vu, en effet, que dans la période prodromique, les aliénés sont tous sujets à cet état d'éréthisme

et que se sont justement attirés quelques prôneurs exagérés qui en ont fait une panacée universelle. Nous aurons soin, du reste, de poser les indications de la méthode. Seulement il existe encore, il faut en convenir, à l'endroit de l'hydrothérapie, d'injustes préventions. M. Sandras y a aidé lui-même, chose excusable du reste pour l'époque où il écrivait, quand il dit : « Dans l'état nerveux on a peu d'occasions de se servir des bains locaux, des irrigations, des affusions de différentes sortes. Ces derniers moyens pourraient être conseillés dans quelques cas extrêmes. Mais c'est une médecine hasardeuse que celle de jouer ainsi avec des malades impressionnables, et j'avoue que je ne peux guère faire accorder avec les suggestions de ma raison pour tous ces tas les praliques téméraires des hydropalhcs, et même de quelques médecins excentriques. » M. Sandras ne parlerait plus ainsi aujourd'hui, s'il avait pu être témoin de tous les succès obtenus par l'hydrothérapie dans ces cas extrêmes qui n'avaient pu être soulagés, ni mêinc modifiés en quoi nue ce soil, sinon en mal, par les moyens pharmaceutiques ordinaires

CONTRE-INDICATIONS DES ANTISPASMODIQUES, DE l'oPTUM, ETC. 597

nerveux qui se traduit par l'exaltation de la sensibilité, état qui demande tant de ménagements, si l'on ne veut pas le voir dégénérer en folie complète. (Voyez Périodes initiales de la folie. Phénomènes maladifs de ta période prodromique, § n, p. /i62.)

Je crois devoir, dans l'intérêt du traitement général de la folie, entrer dans quelques détails sur la manière de se conduire dans cette période i initiale. Rien ne semble, en effet, plus naturel, en présence des troubles et perturbations des fonctions nerveuses dans cette période prodromique, que derecourir aux calmants, aux antispasmodiques, et, selon les circonstances, aux toniques, aux amers, aux ferrugineux, etc. Je suis loin de proscrire d'une manière absolue une pareille méthode qui peut avoir ses indications spéciales, mais encore faut-il que les malades soient aptes à supporter cette médication. Une substance quelconque, dit fort judicieusement M. Sandras, ne devient un bon agent thérapeutique, un médicament, qu'à la condition d'être appropriée au moment, aux conditions données d'un mal.

Or, clans les conditions névropathiques de la période commençante, les aliénés sont généralement réfractaires à la médication antispasmodique ou tonique. Les opiacés les exaltent et augmentent l'insomnie, les toniques irritent ces malades et aggravent les souffrances qu'ils éprouvent du côté des voies digestives. « On a souvent, dit Esquirol, employé à des doses très élevées, le camphre, le musc, le fer, le quinquina, X antimoine, comme spécifiques pour combattre la folie. Ces médicaments sont utiles, mais d'une utilité individuelle ; ils réussissent merveilleusement lorsqu'on est assez heureux pour saisir l'indication que présente la maladie, mais ils sont dangereux et nuisibles, si on les applique à tous les malades, et ajoutons, à toutes les périodes de leur affection. Quelques-uns, continue Esquirol, dorment peu ; ils passent des semaines, des mois sans dormir. On a cherché à leur rendre le sommeil par les narcotiques ; ces médicaments sont plus nuisibles que salutaires, surtout lorsqu'il y a pléthore ou congestion vers la tête le régime, le travail, l'exercice, sont les vrais

remèdes contre l'insomnie ; les bains tièdes ou frais provoquent le sommeil, sont vraiment efficaces et n'offrent aucun danger. » (T. 1, p. 153, Traitement de la folie.)

Lorsque je suis appelé auprès d'un malade au début de son affection, je ne manque pas, ainsi que le conseille Esquirol, dem'enquérir descommémoratifs, des causes existantes, et d'examiner s'il n'y a pas d'indications urgentes à remplir. Que la folie, encore une fois, ait ou n^-n son point de départ dans l'élément héréditaire, il est urgent de parer d'abord aux complications les plus immédiates, et de baser le traitement sur la

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