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SUREXCITATION NERVEUSE AVEC ANÉMIE. — HYDROTHÉRAPIE

et je ne puis assez insister sur le danger de permettre l'allaitement aux femmes nerveuses, héréditairement prédisposées à la folie. Leur santé y est autant intéressée que celle de leur progéniture. Malheureusement, ces sortes de malades sont capricieuses, irritables, fantasques ; il est souvent difficile de les plier aux exigences de leur situation névropathique, et quelques-unes ne tardent pas à s'alarmer outre mesure des précautions que l'on prend pour les préserver de la folie. J'ai vu un véritable accès d'aliénation se produire dans des circonstances pareilles, et la mort de l'enfant en être la conséquence. M. Sandras fait justement remarquer que plus tôt l'allaitement est suspendu, mieux les accidents se passent. Il faut souvent user de ruse envers ces malades et recourir à des moyens qui tarissent la sécrétion laiteuse sans qu'elles puissent soupçonner le but de la médication employée; les préparations iodées et l'extrait de belladone remplissent cette indication. Ce dernier agent thérapeutique est d'autant plus précieux, que c'est un sédatif puissant dans les surexcitations nerveuses (1).

Hydrothérapie dans les cas de surexcitation nerveuse chez des malades rêfractairesaux médicaments ou épuisés par une médication trop active. — Les considérations qui précèdent nous ramènent aux malades qui, dans la période prodromique de l'aliénation, sont d'une telle sensibilité ner-

anémie, chlorose, je ne crains pas d'employer les ferrugineux, malgré la propriété emménagoque de ces agents thérapeutiques. Rien n'est si dangereux, dans le traitement des maladies nerveuses, que de se laisser guider par les idées théoriques préconçues. 11 faut traiter la maladie selon sa nature et selon les tempéraments individuels des malades.

(1) « Je donnais, dit M. Sandras, des soins à une dame qui avait voulu nourrir malgré mon avis. Au bout de six semaines d'allaitement, des douleurs d'estomac, une anorexie presque insurmontable, quelques légères atteintes de névralgie faciale, une faiblesse extrême, me donnèrent raison. Je voyais ma malade tomber à l'excès dans l'état nerveux par débilitation que j'avais craint, et cependant elle s'obstinait à nourrir encore son enfant. Pour combattre les névralgies faciales, je prescrivis un peu de belladone, en combinant l'administration de cet agent de manière à ne pas gêner lés petits repas que ma malade faisait par force, et à ne pas incommoder l'enfant qui tetait encore. En deux jours la sécrétion laiteuse était presque complètement supprimée; et la malade, qui savait mon opinion bien arrêtée contre l'allaitement qu'elle voulait continuer, resta persuadée que connaissant bien cette propriété de ia belladone, je l'avais employée avec l'intention de tarir le lait dans sa source. J'eus beau m'en défendre, elle me remerciait toujours d'avoir fait passer ses névralgies, mais elle ne me pardonnait pas de lui avoir joué le mauvais tour de supprimer son lait. Ce fait m'avait donné à réfléchir, et dans l'occasion j'ai voulu vérifier si la belladone aurait en effet celte propriété. Plusieurs fois depuis je m'en suis servi avec avantage dans le* mêmes occasions. En cas pareil, .j'Iiésilc d'autant moins, que je regarde cet agent thérapeutique connue un des meilleurs cà'mants du système nerveux en général. » (Sandras, I. I, p. 9<S )

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