‹ Traité des maladies mentaleChapitre 369 sur 500 · INEFFICACITÉ DES TON'IQUES DANS LA SUREXCITATION NERVEUSE · texte numérisé non relu

INEFFICACITÉ DES TON'IQUES DANS LA SUREXCITATION NERVEUSE

veuse, qu'il est impossible de songer à une médication qui puiserait aux| sources de la pharmacie ordinaire.

«Dans ces cas, dit M. le docteur Fleury,les antispasmodiques restent; complètement inefficaces ; les toniques ne sont point supportés ou n'amènent qu'un soulagement momentané, dû à une excitation bientôt j suivie de fièvre et d'une réaction générale qui commandent d'en suspendre l'emploi ; les bains de mer, les différentes eaux thermales, réussissent quelquefois, mais souvent n'amènent qu'une amélioration de! courte durée, et d'autres fois ils sont trop excitants et ne peuvent être supportés ; l'état des forces et de l'estomac ne permet pas aux malades de se soumettre au régime et à l'exercice musculaire qui seraient appelés à leur rendre service (1). »

Les malades de cette catégorie, comme je l'ai suffisamment exposé, appartiennent le plus ordinairement aux variétés héréditaires, et si les phénomènes pathologiques de la situation se rencontrent principalement chez les femmes, c'est qu'il est juste de tenir compte de l'impressionnabilité nerveuse inhérente à leur sexe. Je ne puis mieux faire que d'emprunter à M. le docteur Fleury la description de cet état de névropathie générale. Les réflexions de ce savant praticien, qui a donné une si utile impulsion à la médication hydrothérapique, ne peuvent que corroborer ce que j'ai dit de la période prodromique de l'aliénation mentale et des anomalies des fonctions nerveuses chez les aliénés héréditaires.

(( Les malades, qui presque tous en effet appartiennent au sexe féminin, éprouvent du côté des organes de la digestion des troubles sérieux. L'appétit se perd complètement : la vue seule des aliments, et principalement des viandes, inspire un dégoût insurmontable; les crudités, les acides, sont seuls recherchés. Les digestions sont capricieuses, souvent accompagnées de douleurs gastralgiques très aiguës ; la constipation est opiniâtre. Les malades maigrissent de plus en plus, et finissent par arriver au plus haut degré de l'émaciation.

» Souvent il existe des palpitations si violentes, qu'on serait tenté de les rattacher à une affection organique du cœur, si l'on ne tenait compte de leur intermittence irrégulière et des signes négatifs fournis par l'auscultation et la percussion. Le pouls est petit, serré, fréquent, irrégulier, parfois intermittent ; un mouvement fébrile plus ou moins intense a lieu souvent vers le soir, pendant la nuit.

y. Les forces se perdent graduellement, et les malades finissent par

(I) Fleury, Traité pratique et raisonné de l'hydrothérapie ; recherches cliniques ^application de cette médication au traitement. Paris, ISjG, p. 309 et suiv.

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