‹ Traité des maladies mentaleChapitre 370 sur 500 · UTILITÉ DE L'HYDROTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

UTILITÉ DE L'HYDROTHÉRAPIE

rester presque constamment couchées ou étendues sur une chaise longue; elles ne peuvent supporter la voiture, la marche est impossible, et c'est à peine si elles ont la force de se tenir debout.

» La peau, sèche, rugueuse, écailleuse, n'est jamais humectée par la plus légère moiteur ; les urines sont tantôt rares, épaisses, sédimenteuses, tantôt abondantes, claires et aqueuses.

» C'est du côté du système nerveux que se montrent les phénomènes les plus graves.

» Des douleurs névralgiques irrégulières se font sentir tantôt dans un point, tantôt dans un autre. La cinquième paire est leur siège le plus ordinaire; mais souvent aussi elles occupent les nerfs intercostaux, mammaires, sciatiques. Très fréquemment des douleurs de même nature se font sentir dans l'estomac, le foie, l'utérus, la vessie (viscérqlgies):

» Les malades sont d'une irritabilité nerveuse excessive, d'une impressionnabilité extrême; le plus léger bruit les fait tressaillir et les incommode ; la lumière, la musique, le monde, la conversation, la lecture, toute espèce d'occupation, de travail intellectuel, de contention d'esprit, ne peuvent plus être supportés; elles perdent le sommeil et sont en proie pendant la nuit à des terreurs, à des hallucinations, à une agitation fébrile que termine vers le matin une sueur plus ou moins abondante. Leur caractère est presque toujours modifié; elles deviennent irascibles, capricieuses, tristes; la moindre émotion, la plus légère contrariété les jette dans un désespoir qui n'est nullement en rapport avec la cause qui l'a produit. Quelques-unes tombent dans une véritable lypémanie, qui leur fait désirer la mort. Quelques malades éprouvent incessamment le besoin de changer de place, et plusieurs d'entre elles voyagent sans rencontrer jamais qu'un soulagement momentané, acquis au prix de grands efforts, suivi bientôt de prostration extrême de l'esprit et du corps. Des alternatives d'activité et d'accablement physique et moral, de force convulsive, pour ainsi dire, et de faiblesse, de gaieté et de tristesse, d'espérance et de découragement profond, forment encore l'un des principaux caractères de la maladie.

» On chercherait vainement, ajoute M. le docteur Fleury, dans les traités de pathologie, la description de cette affection, dont je viens de n'indiquer que les principaux traits, mais les praticiens ne la connaissent que trop. Elle est une des plus fréquentes et des plus graves parmi celles qui se présentent dans la pratique civile, et surtout chez les femmes du monde ; elle fait le désespoir des malades, dont elle empoisonne l'existence pendant de longues années, et celui des médecins, dont elle déjoue tous les efforts. C'est ce même état morbide, accompagné d'accidents locaux parti-

Page 1