SUREXCITATION. — ANÉMIE. — MÉDECINS. — RECONSTITUTION
culiers, que l'on rencontre si souvent chez les femmes dont l'utérus est engorgé ou a subi un déplacement, et qui divise encore les médecins les plus expérimentés sur la question de savoir si, dans les cas de ce genre, il existe une relation de cause à effet entre la maladie utérine et la névropathie. »
Pour ce qui regarde maintenant le traitement d'un état névropathique aussi significatif et qui se rencontre particulièrement au début des folies héréditaires, lorsque celles-ci ne se compliquent pas d'un état de congestion cérébrale, je ne puis qu'ajouter avec M. le docteur Fleury : « Les praticiens trouvent dans les douches froides, aidées de la sudation, un moyen héroïque à l'aide duquel ils pourront modifier l'état général des sujets, rétablir dans leur intégrité les fonctions digestives et nutritives, ramener ou développer l'embonpoint, faire disparaître les douleurs névralgiques, régulariser l'action nerveuse ; obtenir, en un mot, la guérison complète d'une maladie contre laquelle toutes les ressources de l'art étaient venues échouer (1). » Je vais choisir, parmi les faits nombreux de ma pratique privée, deux ou trois exemples qui justifient le traitement appliqué à des situations qui ne se terminent que trop souvent par la folie, lorsque dans le principe on se contente de faire de la médecine expectante.
1° Madame A..., âgée de quarante-deux ans, d'une constitution éminemment nerveuse, fille d'une mère morte aliénée, et comptant d'autres malades atteints d'aliénation mentale parmi ses ascendants et ses collatéraux, souffrait depuis quelque temps d'un état névropathique général qui se résumait dans les conditions pathologiques qui suivent : Privation de sommeil et d'appétit ; crainte, agitation ; impossibilité de s'occuper de ses affaires. L'appétit était perdu, la digestion devenue impossible, et une constipation opiniâtre fatiguait la malade. Les purgatifs ne produisaient qu'un soulagement momentané; les toniques irritaient les intestins et n'étaient pas supportés. Madame A... consulta des spécialistes de Paris, qui ne virent d'autre ressource que l'isolement dans une maison de santé. Cet avis la frappa de terreur, car elle était poursuivie par la crainte de mourir aliénée comme sa mère.
Dans cette perplexité, la médication bydrothérapique était indiquée, mais madame A... avait eu toute sa vie une telle antipathie pour l'eau froide, que les premiers essais à domicile ne firent que surexciter l'état névropathique général. Je me décidai, conjointement avec M. le docteur Flaubert (de Rouen), à isoler la malade à la campagne. Mais, malgré les avantages d'un séjour délicieux, elle fut prise d'un ennui mortel, et il se
(1) Fleury, ouvr. cit., p. 31^ et suiv.