CHEZ LES MALADES UÉFRACT AIRES A TOUTE MÉDICATION
manifesta des tendances au suicide qui iîous forcèrent à recourir à d'autres moyens. Nous envoyâmes madame A... chez des parents qui Habitaient les bords de la mer, et l'espoir que les bains maritimes apporteraient quelque soulagement à cet état nerveux pesa sur notre décision. Ce second essai fut aussi infructueux que le premier, et madame A... revint plus malade que jamais.
Nous nous décidâmes, en désespoir de cause, à revenir à l'hydrothérapie, non plus sous forme de conseil et avec les attermoiements de cette méthode lorsqu'on la pratique à domicile, mais sous forme d'injonction, faisant, pour ainsi dire, violence à la malade, en la soumettant dans une institution hydrothérapique particulière (1) à toutes les nécessités de la méthode : sudation dans les draps mouillés, affusion froide générale en douche ou en pluie, séjour d'une à deux minutes dans le bassin, lavements froids au moyen de la douche ascendante. La première séance fut signalée par des cris, des spasmes et une terreur très grande; mais la persistance dans le traitement nous amena, après le quatrième bain, une modification inespérée. Non-seulement madame A... ne fit plus de difficultés pour prendre des bains, mais désira renouveler, le soir, le traitement du matin. Les fonctions se rétablirent, la surexcitation nerveuse disparut, et la digestion, qui ne laissait plus rien à désirer, nous permit de recourir à l'emploi des amers et des toniques qui avaient ici une indication spéciale. La guérison de la malade avait été, pour ainsi dire, inaugurée dès les premiers bains, et malgré qu'elle eût discontinué trop tôt le traitement, il n'est jusqu'à présent survenu aucune récidive.
2° M. B..., homme dans la force de l'âge et d'un tempérament athlétique, n'en est pas moins soumis à toutes les perplexités d'un état ner-
( 1 ) Une institution hydrothérapique, dirigée par un médecin intelligent qui sait associer aux avantages des bains les influences heureuses exercées par l'isolement des malades, par la bonne direction imprimée à leur hygiène physique et morale, est un milieu précieux de traitement pour beaucoup d'états névropathiques dans le sens de ceux que je décris. On comprend que la plupart de ces situations maladives, lorsque surtout elles se rattachent à la transmission héréditaire, tendent à devenir complexes, et qu'il est nécessaire de soumettre les malades aux bénéfices de la vie en commun, d'un travail manuel et d'une hygiène spéciale. Beaucoup de névropalfikés généraux ont trouvé leur guérison chez Priessnitz en Silésie, non-S' ulement à cause de l'action bienfaisante exercée sur les fonctions nerveuses par l'eau froide, mais parce que dans le milieu nouveau où ils se trouvaient placés, les actes de ces malades ont été régularisés par une discipline sévère, et qu'ils ont été soustraits à toutes les agitations et aux irrégularités de leur existence ordinaire. C'est dans l'établissement de M. le docteur Gillebert d'Hercourt, à Saint- Genis-Laval près Lyon, que j'ai vu guérir des affections nerveuses, des états hypochondriaqucs très complexes, qui avaient résisté à tous les soins donnés dans l'intérieur de la famille. Je citerai aussi les succès obtenus par M. le docteur Tîoltenluit, à Pouen.