‹ Traité des maladies mentaleChapitre 374 sur 500 · DOUBLE INFLUENCE DU TRAITEMENT PHYSIQUE ET MURAL · texte numérisé non relu

DOUBLE INFLUENCE DU TRAITEMENT PHYSIQUE ET MURAL

tôt elle-même les affusions avec un arrosoir. Tous les jours elle gagnait dans l'exercice des mouvements; elle essaya dans un lit mécanique, construit exprès pour elle, à sortir progressivement de la position horizontale, jusqu'à ce qu'enfin elle pût se tenir sur ses jambes, faire un pas, et puis deux, et puis trois. Ce traitement fut long, et ce n'est que par des degrés insensibles que je pus amener cette jeune dame à se tenir assise dans un bain sans éprouver d'accidents, et à la soumettre à toutes les manipulations qu'exige la méthode hydrothérapique complète. Mais, en définitive, elle rentra dans l'exercice normal de ses fonctions, sans qu'il eût été employé d'autres moyens thérapeutiques que ceux que je mentionne. Les seuls toniques et reconstitutifs donnés à l'intérieur consistèrent dans une nourriture annualisée. La malade était devenue, ainsi que je l'ai dit, si réfraclaire à* la médication habituelle dont elle avait abusé, que les potions antispasmodiques les plus simples, que l'odeur même des médicaments suffisaient pour déterminer des vomissements.

On pourra objecter sans doute que dans les exemples que je cite l'influence morale a eu sa part la plus considérable; mais si cette objection était réellement sérieuse, nous pourrions l'accepter sans que le traitement des maladies nerveuses fût compromis en quoi que ce soit. Qui pourrait douter un instant, après tout ce que nous avons dit sur la nature, la marche et la terminaison des maladies mentales, que leur guérison ne peut être opérée qu'à la condition d'agir sur les deux principes constitutifs de l'homme, principes dont l'influence réciproque est aussi bien en jeu dans l'état de santé que dans l'état de maladie, dans la période initiale que dans la période de développement delà folie !

(( L'homme, dit M. le docteur Falret dans ses Leçons cliniques sur le traitement général des aliénés, est une dualité composée de deux principes, l'àmeet le corps, qui représentent deux ordres défaits distincts, les faits de l'ordre moral et ceux de Y ordre physique; la nature humaine est la résultante de ces deux puissances à la fois distinctes et inséparables. Dans l'essence de l'homme ici-bas, ces deux principes sont si intimement unis l'un à l'autre, qu'aucun phénomène moral ne peut se manifester sans la coopération du physique, et réciproquement; par conséquent, vouloir considérer isolément ces deux ordres de phénomènes,, c'est scinder l'homme artificiellement, et ne pas l'envisager tel qu'il est dans sa nature mixte et complexe. De là résulte ce fait capital, ajoute M. le docteur Falret, que tout moyen dit moral agit en même temps sur le physique, et que tout moyen physique dirigé sur le système nerveux, ou même sur d'autres organes, peut et doit réagir sur le moral. Il n'est donc pas, d'une manière absolue et rigoureuse, un seul moyen thérapeutique

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