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ISOLEMENT DANS UN MILIEU SPÉCIALEMENT CONSACRÉ AUX ALIÉNÉS

ressortir Esquirol , de rappeler la plupart des inconvénients que l'on retrouve dans la vie de famille. « Les isolements partiels, dit-il, ont très peu réussi ; ils présentent très peu des avantages d'une maison dans laquelle plusieurs malades sont réunis. Dans un article sur Y isolement, inséré dans la Gazette médicale de Strasbourg en 1851, j'ai fait ressortir les inconvénients d'une pareille méthode. La malade dont je viens de donner l'observation avait subi une épreuve de ce genre avant de voyager, et n'en avait retiré aucun bénéfice.

Dans le même travail, après avoir fait ressortir les avantages de la vie en commun pour les aliénés, j'ajoutais qu'il n'y avait rien de paradoxal à soutenir que le roi George III, qui fut placé dans les conditions d'un isolement de ce genre par le célèbre Willis, n'avait pas eu, au point do vue de l'efficacité du traitement, un sort préférable à celui des aliénés indigents de nos asiles.

3° Isolement dans une maison spécialement destinée au traitement des aliénés, ou dans les établissements puhlses. ■ — Que

pourrais-je ajouter à tout ce qu'ont dit Pinel et Esquirol, et dans ces derniers temps, MM. Ferrus, Falret et autres célèbres aliénistes, sur l'incontestable avantage des établissements où plusieurs aliénés vivent en commun sous une direction médicale habile et intelligente. L'institution elle-même devient, en ce cas, un instrument de traitement par la régularité qui préside aux actes du malade, par l'influence de tous les instants que l'on exerce sur lui. Enfin, la vue de tout ce qu'ils voient, de tout ce qu'ils entendent, fixe l'attention des aliénés les plus égoïstes et les plus turbulents. Ils apprennent à comparer, à juger, à réfléchir; ils sont rappelés au sentiment de leur existence; ils commencent à comprendre qu'ils délirent, chose heureuse et qui fait cependant la préoccupation la plus grande des parents et souvent aussi, il faut bien l'avouer , des médecins qui dirigent le traitement au sein de la famille. Que diront nos malades quand ils se verront au milieu de tant d'aliénés? Cela n'achèvera-t-il pas de leur faire perdre la tête? Voilà, entre autres raisonnements, une des principales objections qui sont faites par les familles. Mais en respectant la douleur qui dicte de pareils jugements, il est juste de faire ressortir le vide et le danger des objections que suscite l'isolement.

Malheureusement, les parents ne comprennent pas que la connaissance qu'a le malade de son état est souvent le commencement du retour à la raison. Lorsqu'il était chez lui, tout a contribué à le tromper et à halluciner son intelligence. A ses questions, mille fois répétés : Mais est-ce que je ne deviens pas fou? on n'a répondu que par des paroles trompeuses, sous prétexte de ne pas hâter l'évolution de la maladie par une révélation

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