ÛU SOINS DE LA PREMIÈRE ENFANCE . — EDUCATION SPÉCIALE
rices, afin qu'elles s'appliquent sans cesse à les éviter ou à en atténuer lesj effets.
» Lorsque les sujets prédisposés aux dérangements du système nerveux sont arrivés à l'âge où l'on a l'habitude de leur faire fréquenter les! écoles et les lycées, les médecins leur rendront d'importants services enf intervenant à propos auprès des instituteurs, auprès des maîtres, pour les guider dans la manière dont ils devront s'y prendre pour développer leur i intelligence sans la fatiguer. Quelques-uns de ces enfants, remplis d'ar-l deur pour l'étude, demanderont à être retenus plutôt que stimulés, car leur élan tient parfois déjà à un excès de surexcitation cérébrale. D'autres, I doués de peu de moyens, ne devront point être surmenés, ni châtiés I comme des paresseux. On achèverait de les abrutir en usant à leur égard < de pareils procédés. D'autres enfin devront être éloignés des milieux où ! l'on enseigne, car la nullité absolue de leur intelligence les exposerait à être incessamment bafoués par leurs condisciples. Mais souvent l'intervention des médecins est nécessaire pour faire goûter aux parents et aux maîtres des préceptes d'une aussi grande simplicité.
» Beaucoup de ces enfants sont enclins et livrés à l'onanisme; certains penchants, beaucoup d'instincts se montrent d'autant plus impérieux chez eux que le niveau de l'intelligence est plus abaissé. On devra donc surveiller assidûment les habitudes de ces enfants, les obliger à vivre sous les yeux de leurs proches, à exercer leur système musculaire, et à fuir l'isolement. Les attaques convulsives sont des accidents fréquents sur les enfants dont nous nous occupons.
» Le choix d'une carrière, d'une profession, d'un état, n'est nullement indifférent pour ceux dont les prédispositions nerveuses et intellectuelles commandent une prévoyance de tous les instants. 11 appartient encore à notre science de leur venir en aide et de leur servir de guide dans chacune de ces circonstances.
» Les carrières qui exposent aux luttes de l'ambition, aux vicissitudes et aux déceptions de la fortune, ne conviennent nullement à cette catégorie d'individus. 11 en est de même des professions qui réclament une activité incessante dans les facultés de l'intelligence, telles que celles d'avocat, de professeur, de médecin ; de même des professions où l'imagination demande à être maintenue dans un état presque continuel d'exaltation, comme cela a lieu chez les poètes, les compositeurs, les gens de lettres et les peintres. On devra prendre à tache de les éloigner de toutes ces professions.
» Ils devront fuir les professions d'aubergistes, de cafetiers, de liquoristes, et en général toutes celles qui exposent beaucoup de ceux qui
ÉDUCATION El' PÉDAGOGIÉ DES ÊTRES DÉGÉNÉRÉS. 64 i
il: y sont attachés à des habitudes d'in tempérance faciles et presque inévii tables.
• I » En revanche, les emplois qui pourront les mettre à l'abri de la gène, ; .sans réclamer une grande activité dans les conceptions; les carrières 1 1 commerciales qui pourront les faire vivre dans l'aisance, sans les fatiguer ■de préoccupations; les travaux de la campagne et de l'agriculture; les m états de jardinier, de laboureur, d'ébéniste, leur conviendront parfai- ■ tement.
il » Les conseils de la médecine devront les guider aussi dans le choix J des milieux où ils devront viser à fixer leur habitation. C'est surtout si dans les villes opulentes, dans les centres de population les plus actifs que : la tourmente des besoins et des passions a coutume d'exercer sa priuciil pale influence; que l'homme trouve plus de facilité à assouvir ses paslisions, à abuser des jouissances de la vie et des excitants en tout genre; J c'est aussi de pareils milieux qu'on voit surgir en plus grand nombre J toutes les affections nerveuses. Il sera donc rationnel de leur signaler
I tous ces écueils, et de chercher à leur inspirer le goût de la campagne et M de l'air tranquille des champs.
» Les enfants qui naissent dans des conditions plus ou moins pronon-
II cées d'imbécillité ou d'idiotisme, qui se font remarquer en outre par des ; J symptômes incomplets d'hémiplégie, par des phénomènes permanents I de contracture, par l'atrophie d'un membre ou de leur côté paralysé, et il souvent par l'intensité de l'épilepsie dont ils sont encore affligés , portent
I presque constamment dans le cerveau des foyers d'encéphalite anciens à i l'état celluleux. 11 n'est pas toujours facile de décider si ces foyers d'encéphalite ont pris naissance sous l'influence d'une cause réflexe, ou sous l'influence d'une cause traumatique. Mais, comme on entend presque toujours affirmer aux mères de ces entants qu'elles ont été exposées, pendant la gestation, soit à de fortes commotions morales, soit à des ébranlements
I physiques, les médecins ne doivent pas craindre de répéter souvent aux femmes enceintes, et surtout à celles qui le sont pour la première fois, qu'elles s'exposeraient à donner le jour à des enfants inintelligents et contrefaits, en négligeant les précautions qui doivent les mettre à l'abri tant des influences morales violentes que des coups et des chutes, m (Calmeil, ouvr. cité, p. 650 et suiv.)
Éducation et pédagogie spéciales des êtres dégénérés. — Quant
à ce qui regarde l'éducation spéciale applicable à toutes les variétés dégénérées comprises sous les noms à' enfants arriérés, imbéciles, idiots, crétins, j'ai déjà fait entrevoir que les principes de cette éducation qui j repose non-seulement sur des données générales, mais sur des données