‹ Traité des maladies mentaleChapitre 393 sur 500 · SOINS HYGIÉNIQUES. — GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

SOINS HYGIÉNIQUES. — GYMNASTIQUE

individuelles souvent très complexes, sont hors de proportion avec les limites d'un traité élémentaire des maladies mentales. D'ailleurs, dans la pensée qui me préoccupe, je voudrais pouvoir réunir dans un mérite cadre tout ce qu'il e < utile de faire dans l'intérêt des sourds-muets et des aveugles de naissance. La surdi-mutité et la cécité congénitale ne sont généralement envisagées que comme des infirmités, mais j'ai toutes, sortes de raisons de les rattacher dans une infinité de circonstances à des! conditions d'hérédité, et d'appliquer conséquemment à ces dégénérés desj principes d'éducation intellectuelle, physique et morale, qui conviennent également, sous beaucoup de rapports, aux catégories ci-dessus; dénommées. D'ailleurs il est constant, pour moi, que beaucoup de sourds-j muets de naissance ne tombent dans l'imbécillité que par le défaut dei toute éducation par l'absence, surtout des conditions multiples et mer-| veilleuses, sans lesquelles la parole ne naitrait jamais sur les lèvres des enfants.

Dans la triste situation congénitale où sont réduits les êtres dégé-i nérés, tous ont besoin de soins hygiéniques appropriés à leur situation; maladive. Livrés à eux-mêmes, les uns sont incapables de manger, de sei vêtir, de satisfaire à leurs besoins les plus naturels. Tantôt il y a chez eux! exagération du système locomoteur, tantôt torpeur, apathie du mouve-| ment ; les exercices gymnastiques qui leur conviennent sont donc difféM rents selon les indications de l'état pathologique (1). Si nous pénétrons | dans la sphère des facultés intellectuelles, sentimentales, instinctives,] que de diversités encore n'avons-nous pas observées, depuis l'absence^ complète de ces facultés jusqu'à la persistance de quelques autres, sur lesquelles il faut savoir s'appuyer afin de développer ce qui existe, sleon l'aphorisme de M. le docteur Voisin.

« 11 ne faut pas craindre de le répéter, dit un juge très compétent en

(1) C'est là une vérité que M. Seguin a parfaitement fait ressortir dans son Hygiène et i éducation des idiots et des enfants arriérés. Il trouve que dans la gymnastique telle qu'elle est appliquée dans les institutions à tous les enfants, il y a des inconvénients, et qu'il peut en résulter des accidents très graves. L'application des moyens de surexcitation ne convient pas à ceux dont la colonne vertébrale est faible, à ceux dont le système , nerveux est irritable, dont le cerveau est dans des conditions un peu anormales. « Lal gymnastique ordinaire ne convient pas aux idiots pour deux raisons, ajoute M. Seguin. La première, c'est que la plupart des exercices dont elle se compose provoquent des, surexcitations instantanées, au lieu de déterminer la production d'une force constante, pendant un temps déterminé et déterminable selon chaque sujet. La seconde, c'est que] la gymnastique en usage suppose dans l'enfant une rapidité d'évolution, une précision de mouvement, un concert entre la volonté et les appareils moteurs, une régularité des puissances dynamiques qui n'existent pas dans l'idiot. » (Séguin, ouvr. cit., p. 351.)

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