‹ Traité des maladies mentaleChapitre 399 sur 500 · DÉGENÉKESCENCE GRAISSEUSE. — LÉSIONS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

DÉGENÉKESCENCE GRAISSEUSE. — LÉSIONS CÉRÉBRALES

On connaît l'action immédiate et directe des sels de plomb sur les fonctions digestives de ceux qui travaillent dans les fabriques où se manipule cette substance. Les constipations opiniâtres déterminent des coliques atroces. Les gencives sont gonflées et cerclées par un léger liséré bleu. Les dents sont fuligineuses, l'haleine fétide. La sécheresse ; de la peau, sa couleur d'un gris ardoisé, l'acidité extrême des urines, sont les signes les plus évidents d'un trouble dans l'appareil des sécrétions.

Enfin, si je résume ce que j'ai dit dans mes Dégénérescences, à propos des troubles du système digestif chez les individus soumis à l'action des substances alimentaires altérées, je ne puis que répéter les mêmes faits : progression constante dans les troubles de la digestion, soif intense, vomissements , dévoiement continu, teinte jaunâtre et terreuse de la peau, qui, en outre, est sèche et rugueuse. Les lésions internes se traduisent au dehors par des ulcérations et d'affreuses maladies de la peau, ainsi que cela se voit dans la pellagre (1), ainsi que cela s'observait épidémiquement autrefois dans l'ergotisme convulsif et gangréneux. Les malheureux soumis à des causes délétères aussi puissantes tombent dans un état de profonde cachexie ; ils ont le visage sillonné de rides profondes, ce qui leur donne un cachet de vieillesse anticipée (2).

Ce que je vais dire des troubles spéciaux de la circulation chez les alcoolisés et des conséquences qui en résultent pour la nutrition du cerveau et pour l'explication des lésions pathologiques dont cet organe est le siège, peut s'appliquer également aux autres catégories de malades soumis à l'influence des causes intoxicantes.

Lésions cérébrales par suite des troubles et désordres de la circulation et de la digestion; héniorrliagies ; exsudations séreuses;

atrophie, etc. — Le cerveau des alcoolisés présente souvent une dilata-

(1) Je n'ai pas à entrer ici dans les discussions à propos de l'origine de la pellagre. Les importants et récents travaux de M. le docteur Billod, médecin de l'asile des aliénés d'Angers, tendent à prouver que cette affection, cjui compromet d'une manière si évidente les fonctions du système digestif et du système cérébro-spinal, est plus commune qu'on ne pense dans quelques asiles d'aliénés. (D'une variété de la pellagre propre aux aliénés, à propos d'une endémie de celte affection observée à l'asile de Maine-et-Loire, par M. le docteur Billod. — Archives, mars 1858.)

(2) Traité des dégénérescences : De l'intoxication produite par les substances alimentaires altérées, chap. III, p. 204. — Intoxication par l'ergot de seigle, p. 220. — De la pellagre et des rapports de cette affection avec l'alimentation exclusive par le mais, p. 237. — De la dégénérescence dans l'espèce par suite de l'insuffisance ou de l'altération des substances alimentaires. — Force physique des races sauvages. — Géophagie sous les tropiques, chap. VI, p. 53! .

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