EJÉMORRHAGIES. — EXSUDATIONS SÉREUSES. — ATROPHIE
tion plus grande des vaisseaux artériels, et l'on peut vérifier ce fait, dit M. le docteur Magnus, lorsqu'on coupe le cerveau par tranches. On voit alors que les orifices des vaisseaux sont plus prononcés même dans les petites artérioles. Dans les vaisseaux plus considérables la tunique interne est plus relâchée et plus friable. D'après le même auteur, les causes de cet état particulier du cerveau sont dues en partie à la stagnation du sang dans le cerveau, en partie aussi à la congestion cérébrale qui résulte dans quelques cas de l'hypertrophie du cœur. Les .lésions pathologiques les plus graves peuvent être la conséquence de cet ensemble de troubles dans la circulation artérielle et veineuse. Je ne citerai que la rupture des vaisseaux qui amène les extravasations du sang ainsi que l'apoplexie, phénomène plus fréquent qu'on ne le croit, chez ceux qui font abus des spiritueux. Les exsudations séreuses, soit dans les ventricules, soit entre les membranes du cerveau, l'opacité de ces membranes, leur épaississement, leur adhérence avec le cerveau ramolli, sont les conséquences nécessaires des lésions du système circulatoire. Lorsque les malades en sont arrivés à cette période extrême, il n'y a pas lieu de s'étonner si l'on remarque chez eux tous les symptômes de la paralysie générale, et si ces deux affections, qui ont des points de départ différents, se confondent néanmoins dans leur terminaison. [Traité des dégénérescences, p. 103.)
Mais il est un autre phénomène qui a des suites non moins graves sur la manifestation des facultés intellectuelles, sans se traduire toutefois par des lésions cérébrales de même nature que celles que je viens de décrire. Je veux parler du défaut de nutrition du cerveau et de l'atrophie partielle ou générale de cet organe important. L'atrophie générale est cependant le fait le plus commun chez les individus qui, pendant des années, n'ont soutenu leur existence qu'au moyen de doses répétées et progressives d'alcool. On sait en effet que, comme les fumeurs d'opium, ils en arrivent à un tel état de cachexie, qu'ils ne peuvent presque plus absorber de nourriture. Cette atrophie, dit M. le docteur Magnus, se présente sous une forme si caractéristique, que le cerveau est visiblement diminué au point de ne plus remplir la boîte osseuse.
En vain chercherait-on, à l'autopsie, chez les alcoolisés de cette catégorie, les symptômes de congestion , c'est précisément le phénomène inverse dont on est témoin. J'ai vu des individus de l'un et de l'autre sexe tomber, après un premier ou deuxième accès de delirium tremens, dans un état de fureur contin '. Rien ne peut dépeindre l'agitation de ces malades et le trouble général de leurs idées. Ils crient et vocifèrent sans interruption ; ils sont dans un mouvement incessant et comme con-