‹ Traité des maladies mentaleChapitre 4 sur 500 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

» certaines maladies, certaines intoxications, certaines habitudes chez » les parents, eussent la puissance de créer chez les enfants un état » véritahlement consécutif, un état organique spécial, indéfiniment » transmissible jusqu'à extinction de la race, si rien n'était fait pour » remonter-le cours ascendant des phénomènes régénérateurs .. . Per- » sonne n'avait jeté un coup d'œil d'ensemble sur la multitude de » détails que l'analyse et la statistique avaient accumulés; personne )) n'avait cherché à en saisir les rapports ni la conclusion commune.. . » J'ajoute qu'on ne reconnaissait l'hérédité maladive que là où l'on » retrouvait une affection analogue à celle que l'on avait diagnosti- » quée chez les ascendants. »

Cette appréciation de mes propres idées ne m'est pas personnelle. Elle émane d'un médecin qui, par ses connaissances philosophiques, est à même, mieux que personne, de juger si une œuvre nouvelle contient le germe d'un progrès (1).

Le simple exposé de la théorie des dégénérescences suffit déjà pour faire entrevoir l'idée qu'il est permis de se faire de l'aliénation mentale. Il est incontestable : 1° Que lorsque cette maladie est le résultat de phénomènes pathologiques transmis par hérédité, elle constitue un véritable état dégénératif ; 2° que lorsqu'elle est un fait primitif , on a toute raison de craindre que, dans les générations subséquentes, elle ne se caractérise aussi par la dégradation de la race, et finalement par son extinction.

Toutefois il est bon de faire observer que l'évolution et la dépendance réciproque des phénomènes pathologiques ne se comprennent pas sans un point de départ, sans une formation première, un nisus formativus, d'après l'expression de quelques physiologistes allemands. Il résulte de cette donnée que, tout en étudiant l'aliénation dans sa transformation capitale, dans sa forme héréditaire, il faut faire la part du développement de la maladie chez ceux qui en sont primitivement atteints. Or, la description de ces phénomènes primi-

(1) Bûchez, Rapport fait à la Société médico-psychologique sur le Traité des dégénérescences intellectuelles, physiques el morales de l'espèce humaine, 1. 111, p. K>i.

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