ACTES DANGEREUX EN RAPPORT AVEC L EPILEPSIE
Parmi ces épileptiques, nous comptons des imbéciles ou des idiots, l|| soit que cet état mental soit primitif, soit qu'il ait été amené par la maladie j incidente. Ils se sont signalés, avant leur entrée à l'asile, par des ten- j ^ dances dangereuses entées sur des délires systématiques bien caractérisés. \ » L'un a voulu, sous l'influence de ses préoccupations hypochoudriaques, ! | j, détruire tous les ennemis de son bonheur, et l'on a été obligé de faire le aj siège en règle de sa maison, dans laquelle il s'était barricadé avec des j ! j armes. Un autre, après avoir présenté une manie des plus dangereuses, jj „ manie qui avait eu pour période d'incubation des excès vénériens et il (| bachiques, est tombé dans une lypémanie religieuse des plus prononcées. I „
Des 70 épileptiques de l'un et l'autre sexe que nous possédons, il n'en i , est aucun dont l'isolement ne soit complètement justifié par le résumé des motifs qui suit, et qui n'est que l'analyse des enquêtes qui ont été j I , ordonnées par l'autorité administrative. (
Ils étaient devenus dangereux en portant du feu dans toutes les parties de la maison et en menaçant de l'incendier. Quelques-uns ont mis leurs 1 , menaces à exécution. Ils avaient si peu de discernement, qu'ils commettaient des délits, des vols dans les campagnes et coupaient du bois dans les forêts; l'un d'eux a blessé mortellement un garde forestier qui voulait l'arrêter. Leurs accès étaient si violents et si instantanés, qu'ils tombaient dans le feu ; quelques-uns portent encore les traces d'horribles brûlures. Ils inquiétaient les populations par leurs propos étranges, incohérents; ils entraient dans les maisons et dans les cabarets, et demandaient impérieusement à boire ; ils tombaient dans les rues et effrayaient les femmes et les enfants par le hideux et désolant spectacle de leur épouvantable infirmité. Quelques-uns avaient déjà fait plusieurs tentatives de suicide et d'homicide; la pauvreté des familles les obligeait à garrotter leurs malades, à les enchaîner même quand on les laissait seuls à la maison. Il devenait impossible de confier leur surveillance à une femme ou à un enfant ; ils étaient d'une méchanceté extrême, surtout avant les moments de leurs accès, et il fallait souvent plusieurs hommes pour les maintenir. Ils ont frappé leurs femmes enceintes, porté la démoralisation dans leurs familles par la perversité de leur langage et l'immoralité de leurs actes. Les femmes ont présenté peut-être plus de dangers encore que les hommes; leurs tendances ont été poussées jusqu'à 1 erotismeet la nymphomanie; elles se sont livrées au premier venu. Il s'est enfin trouvé des individus assez pervers pour abuser de la malheureuse position de quelques épileptiques, imbéciles, idiotes, repoussantes même au physique, et ils les ont rendues enceintes.
On conçoit qu'une population composée d'éléments si divers doit offrir