‹ Traité des maladies mentaleChapitre 428 sur 500 · HALLUCINATION. — TERMINAISONS PAK LA DÉMENCE, PAR LA PARALYSIE · texte numérisé non relu

HALLUCINATION. — TERMINAISONS PAK LA DÉMENCE, PAR LA PARALYSIE

l'élément douloureux joue un si grand rôle dans la pathogénie des troubles de l'esprit, dans quelle autre affection peut-on voir cet élément agir avec une intensité aussi grande? L'épilepsie n'existe pas, pour les malheureux qui en souffrent, sous la forme d'une préoccupation, d'une crainte imaginaire, qui pourrait être plus ou moins tempérée par les conseils de l'amitié, parles secours de la science; c'est une douleur incessante, réelle, dont la périodicité fatale accumule dans leur système nerveux une dose de plus en plus grande d'irritabilité. Ce dernier phénomène ne se traduit pas seulement sous la forme de perversion dans les idées et dans les sentiments, mais se manifeste par les lésions les plus graves dans l'ordre physiologique. Nous aurons à revenir sur ce sujet dans le tableau général des troubles fonctionnels chez ces aliénés.

Troisième période. — Dans la troisième période, enfin, on voit, comme nous l'avons dit , l'épilepsie perdre de plus en plus son caractère délirant, pour venir se fondre dans l'universalité des symptômes qui signalent la démence et la paralysie générale.

Nous possédons un grand nombre d'épileptiques tombés dans un tel état de démence et d'abrutissement, que nous ne pouvons plus les considérer que comme des êtres purement végétatifs. Il en est, parmi eux, qui sont dans une situation de torpeur d'où ils sortent périodiquement par l'excitation passagère que les convulsions impriment à leur système nerveux. On voit aussi les déments s'agiter périodiquement, sous l'influence de leurs hallucinations, pour retomber, bientôt après, dans l'anéantissement général et l'automatisme qui signalent leur situation.

Quelques épilep tiques de nos asiles, arrivés à cette période extrême de leur affection, sont tellement infirmes, qu'ils ne peuvent plus se soutenir, ni opérer aucun mouvement volontaire. Nous en avons qui sont affectés d'un tremblement général et de mouvements choréiques. Leur langage même devient incompréhensible ; ils sont hémiplégiques ou présentent tous les symptômes de la paralysie générale. Quand ils en sont arrivés à ce triste état, la terminaison fatale ne se fait pas longtemps attendre. Les accès les plus formidables se répètent coup sur coup; il n'y a plus même d'intermittence dans les attaques, et l'existence s'éteint dans les convulsions, absolument comme chez les paralysés généraux. Cette similitude dans les terminaisons des maladies convulsives a porté M. le docteur Bouchet à admettre que la nature directe de l'épilepsie, indépendamment de sa cause, ne serait qu'une simple congestion cérébrale; que les convulsions qui accompagnent l'accouchement sont exactement semblables à celles qui compliquent les paralysies des vieillards ou des aliénés, ou encore à celles que l'on remarque chez les épileptiques de nos asiles.

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