COORDINATION DES PHÉNOMÈNES PATHOLOGIQUES
nostic, du diagnostic différentiel, des terminaisons les plus ordinaires de ces affections, de l'état de la science à propos des lésions pathologiques, et d'arriver ainsi, par une transition -naturelle, au traitement de ces sortes de vésanies.
Les folies hystérique, épileptique , hypochondriaque , ont entre elles plusieurs analogies ; elles présentent aussi des différences quant au sexe, à l'âge des malades, au siège de la maladie, au pronostic et au traitement,
L'hystérie est une maladie propre à la femme; je ne saurais nier cependant qu'il ne puisse, chez des jeunes gens lymphatiques, anémiques et essentiellement névropathiques, prédisposés en outré par l'hérédité, se développer des phénomènes au caractère hystérique franchement accusé. Les observations de M. Briquet et de plusieurs auteurs en font foi (1) ; mais il ne m'a jamais été donné d'observer chez l'homme les transformations pathologiques ultérieures qui constituent la folie hystérique.
La folie hystérique a été observée dans nos asiles chez des jeunes filles, chez des femmes mariées et chez des veuves, mais la proportion est plus considérable chez les jeunes filles de dix-sept à vingt-cinq ans, quoique j'aie cependant cité des cas de folie hystérique chez de vieilles demoiselles de cinquante, soixante et soixante et dix ans (2). Dans les observations que j'ai données, la plupart des aliénées hystériques avaient subi des perturbations notables du côté des fonctions utérines. La menstruation trop hâtive avait porté une atteinte très grave à leur santé. D'un autre côté, la précocité anormale des facultés intellectuelles, établissant un défaut d'équilibre entre les fonctions clu système nerveux et les fonctions
(1) La Gazette médicale, de Paris, du 28 février 1848, renferme une relation d'hystérie chez l'homme, publiée par M. Mouchet, interne. — h' Union médicale du 28 septembre 1 848 contient aussi une observation des plus intéressantes d'hystérie chez un jeune homme affligé de scrofules, de gastrite chronique, de palpitations, d'hémoptysies, etc., et qui, de plus, faisait des excès vénériens depuis l'âge de quinze ans, et devait le jour à une mère hystérique. Ce cas a été recueilli par M. Desterne, dans le service de Requin, à la Maison de santé. — La Gazette des hôpitaux du 25 novembre 1848 renferme également un cas du même genre, observé dans le service de M. Vigla, et je pourrais en citer beaucoup d'autres dont on peut lire les relations dans les ouvrages de MM. Georget, Ollivier (d'Angers), Sandras, Félix Voisin, Billod, Cerise et autres médecins très compétents en maladies nerveuses.
(2) Sur 330 hystériques ayant dépassé la puberté, observées par M. Briquet , 152 étaient mariées ou l'avaient été. Quant à l'âge, sur i'31 malades, 66 étaient âgées de moins de 10 ans; 98 avaient de 10 à 15 ans; 110 de 15 à 20; 71 de 20 à 25. L'hystérie va alors en diminuant. De 60 à 80, contrairement à ce que j'ai observé, M. Briquet n'a pas rencontré de femmes hystériques.