DANS LES FOLIES HYSTERIQUE, ÉPILEPTIQUE, HYPOCHONDR1AQUE
prendre une direction en rapport avec la théorie. Les opinions des médecins se sont modifiées lorsqu'il a été prouvé que des phénomènes hystériformes avaient lieu chez l'homme, et que les accès convulsit's propres à l'hystérie se présentaient également chez de jeunes filles non pubères, chez de véritables enfants. Sous l'influence de ces idées nouvelles, Sydenham rattacha les affections nerveuses spasmodiques de la femme à une intempérie de l'innervation, à ce qu'il appelait ataxia spirituum animalium, et la dénomination hystérie devint synonyme d'affection nerveuse. Boerhaave, Van Swieten et Tissot ne firent que marcher sur les traces du célèbre médecin anglais
On connaît les efforts tentés par MM. Dubois (d'Amiens), Landouzy, Romberg, etc., pour déterminer de nouveau les caractères de l'hystérie proprement dite. Dans un travail plus récent : Etudes sur les causes organiques et le mode de production des affections dites hystériques, M. le docteur Schûtzenberger ( de Strasbourg) nous paraît avoir bien résumé la question étiologique et historique, en rattachant à trois groupes distincts les idées des auteurs sur la cause de l'hystérie :
1" Dans une première théorie, la plus ancienne, la cause organique de la perturbation fonctionnelle est placée dans l'utérus.
2° Une deuxième fixe le point de départ des accidents hystériques dans les organes centraux de l'innervation.
3° Une troisième indique un état morbide local du système nerveux.
M. Schûtzenberger a placé le siège de l'hystérie dans les ovaires, et il a basé son opinion sur ce fait mal interprété, d'après M- Briquet, que la douleur provoque la pression des parois abdominales au-dessus du pli de l'aine. Nous résumerions toutes les opinions des médcins, à propos du siège de l'hystérie, que nous verrions tour à tour l'encéphale, l'utérus ou ses annexes, la moelle épinière et l'axe cérébro-spinal être, d'après . ces auteurs, le siège de l'utérus. J'avoue avoir réagi, dans mes études cliniques, contre l'opinion trop exclusive, à mon sens, des observateurs qui plaçaient exclusivement dans l'encéphale le siège de l'hystérie. Toutefois il est permis de croire que le désaccord des auteurs vient en partie de la signification différente que l'on donne aux mots siège, cause et nature d'une maladie, ainsi qu'à la divergence dans la manière de comprendre l'action des causes, soit physiques, soit morales, sur les manifestations morbides du système nerveux. Je suis heureux de voir aujourd'hui que la manière dont M. Briquet comprend la question est nonseulement de nature à l'éclairer, mais à jeter un nouveau jour sur la manière de traiter cette névrose, ainsi que les complications qui en sont la conséquence. Or, parmi ces complications, la folie hystérique n'est pas