‹ Traité des maladies mentaleChapitre 441 sur 500 · THÉORIES SUR LA NATURE ET LE SIÈGE DE L'HYSTÉRIE · texte numérisé non relu

THÉORIES SUR LA NATURE ET LE SIÈGE DE L'HYSTÉRIE

la portion affective de cet organe, et donner ainsi naissance à l'hystérie. Mais qu'on fasse bien attention que cet organe souffrant n'est pas plus le siège de l'hystérie que la personne qui, apprenant une mauvaise nouvelle à une femme, lui donne une attaque de convulsions, ne serait elle-même le siège de la névrose hystérique. Dans l'un et l'autre cas, il faut voir des causes, et non un siège de maladie. Le siège de l'hystérie est dans l'organe qui sent l'influence des causes de cette maladie, et qui gouverne tous les actes vitaux desquels elle se compose. Ce ne sont ni l'utérus ni l'estomac qui sentent les peines morales, ce ne sont point eux qui ressentent les douleurs dont ils ne sont pas le siège ; ces organes n'éprouvent quelque chuse que quand l'encéphale a dirigé vers eux ses manifestations.

» On trouvera dans cette simple explication la réfutation de cette opinion qui veut que le siège de l'hystérie soit partout. Évidemment le point de souffrance qui, par suite, pourra affecter l'encéphale, peut être partout, mais, comme je viens de le dire, le lieu où réside la cause, soit prédisposante, soit déterminante, de l'hystérie, n'est pas le lieu où cette maladie siège. »

J'ai cité tout au long les idées de M. Briquet, à propos du siège, de la nature et des complications de l'hystérie ; je l'ai fait surtout dans l'intérêt du traitement, dont je vais parler. Mais, encore une fois, mon intention n'était pas de suivre les auteurs sur le terrain de théories plus ou moins contestables, à propos du siège et de la nature des névroses hystériques, épileptiques, hypochondriaques. Ces recherches auraient dépassé le but que je me propose dans ce traité des maladies mentales. L'esprit dans lequel cet ouvrage est conçu fait ressortir la connexité intime qui existe entre la cause et la manifestation morbide qui en est la conséquence nécessaire. 11 est bien plus utile, ainsi que le dit M. Briquet, d'étudier les conditions sous lesquelles se produisent les maladies. Ce principe, appliqué à l'hystérie, l'épilepsie, l'hypochondrie et aux troubles intellectuels qui en sont la conséquence, nous permettra d'émettre dans l un instant quelques considérations pratiques qui ne seront pas sans importance pour le traitement de ces affections si communes, et en même temps si difficiles et si complexes (1).

(1) Pour comprendre la vérité de cette assertion, il n'y a qu'à consulter les données anatomo-pathologiques que possède la science. Pour ce qui regarde l'hystérie, par , exemple, M. le docteur Landouzy, dont on connaît les opinions, a constaté que sur 67 faits | anatomo-pathologiques, l'hystérie a coïncidé 55 fois avec des altérations matérielles de l'appareil générateur. Il faut encore ajouter que, pour le même auteur, la maladie, dans 18 cas, a disparu avec l'affection génitale. Mais les auteurs qui s'éloignent des idée»

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