‹ Traité des maladies mentaleChapitre 443 sur 500 · MOYENS PROPHYLACTIQUES · texte numérisé non relu

MOYENS PROPHYLACTIQUES

l'hygiène physique et morale applicable aux jeunes hystériques. Une femme hystérique ne devra pas allaiter son enfant, parce qu'elle ne peut lui donner que des matériaux nutritifs de mauvaise qualité, et parce que, s'il n'est pas prouvé que son lait contienne des éléments propres à augmenter la susceptibilité nerveuse de l'enfant, il est au moins certain qu'il ne peut pas contenir ceux qui sont nécessaires à l'établissement d'une bonne hématose (1). M. Briquet a largement exposé tous les soins dont il faut environner la première enfance des sujets prédisposés à l'hystérie, soit en vertu de leur tempérament, soit en vertu de leurs prédispositions héréditaires. Rien n'est indifférent à cette période de la vie. « Un lait nutritif, le séjour à la campagne, l'exposition habituelle au grand air, les bains frais souvent répétés, une grande sobriété dans les caresses, et beaucoup de réserve dans les expressions de tendresse, seront, dit M. Briquet, les éléments indispensables à l'éducation de la première enfance. » Viennent ensuite tous les soins relatifs à l'hygiène des fonctions organiques, nourriture., vêtements, exercices, embrassant les premières périodes de la vie, et reportant naturellement les préoccupations des familles et des médecins vers cette époque solennelle de l'existence où la jeune fille devient pubère.

Dans les diverses observations de folie hystérique de cet ouvrage, j'ai moi-même fixé l'attention sur les singulières anomalies de la menstruation chez les jeunes hystériques. Ma conviction intime est que la situation est des plus graves lorsque la précocité dé la menstruation coïncide avec un développement anormal des facultés intellectuelles, avec certaines bizarreries de caractère, et ultérieurement avec des conditions pathologiques signalées par l'état anémique ou chlorotique, par un temps d'arrêt dans la croissance des malades, et souvent aussi par la torpeur de l'intelligence et par l'indifférence des sentiments.

Les considérations des auteurs , à propos de tous ces soins prophylactiques, ont eu trop généralement en vue l'hygiène des jeunes hystériques de la classe aisée de la société. La preuve en est dans les minutieux détails à propos desquels ils entrent sur l'inconvénient des bals , des spectacles, de l'étude de la musique, d'une précoce éducation qui surexcite le développement des facultés intellectuelles et affectives. Il s'ensuit que la médication hygiénique qu'ils exposent, et dont je suis loin de contester la valeur, ne peut être appliquée à la classe pauvre. Il est inutile de prescrire aux malheureux « d'éviter soigneusement tout ce qui peut éveiller les sentiments trop affectueux ». C'est l'inverse au contraire qui

(1) Briquet, ouvr. cit., p. 609 (i'< partie, Traitement de l'hystérie).

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