‹ Traité des maladies mentaleChapitre 451 sur 500 · ÉTHÉRISATIÛX. — NARCOTIQUES. — STUPÉFIANTS, ETC · texte numérisé non relu

ÉTHÉRISATIÛX. — NARCOTIQUES. — STUPÉFIANTS, ETC

plus de service dans la toux hystérique qui avait résisté à tout autre moyen (1).

D'un autre côté, il importe de ne pas se faire illusion sur la valeur des médications, tant internes qu'externes, pour combattre les accidents nerveux de toutes sortes qui compliquent l'hystérie. Souvent ces accidents

(1) J'ai réussi dans deux circonstances, une première fois avec l'emploi d'un vésicatoire sur la région épigastrique, et dans une autre occasion avec des ventouses scarifiées sur la même partie. Dans les gastralgies qui compliquent souvent l'hystérie, on peut recourir à l'emplâtre recommandé par M. Delfau :

Thériaque .15 grammes.

Camphre en poudre ....... 5 —

■ Asa fœtida. 5 —

On fait un mélange homogène que l'on étend sur un morceau de sparadrap de l'étendue de 0m,10 carrés ; on applique cet emplâtre sur la région épigastrique. Cet emploi extérieur de l'asa fœtida aurait, au dire de M. Delfau, l'avantage d'éviter les renvois si' désagréables que cause l'usage intérieur de cette substance. C'est d'après le même principe que des médecins anglais ont recours aux lavements médicamenteux. Toutefois, lorsque la gastralgie est intense, excessivement douloureuse et accompagnée de suffocations, de spasmes on ne peut plus violents, il faut aller aux indications les plus pressées, et les inhalations éthérées, les cataplasmes très chauds et laudanisés sur l'estomac, l'eau tiède à l'intérieur, avec addition de quelques gouttes de laudanum, dans le but d'amener des vomissements, sont encore, malgré la vulgarité de ce dernier moyen, les remèdes palliatifs qui rendent le plus de service aux médecins.

Les narcotiques et médicaments spéciaux qui ont été le plus prônés contre l'hystérie ont été l'opium, la belladone, le seigle ergote, le tabac, le chanvre indien, la jusquiame, le colchique, le musc, le castore'um, etc. Les partisans les plus décidés de l'opium, en France, ont été MM. Gendrin et Rostan; le premier de ces médecins a administré ce médicament depuis la dose de 5 jusqu'à 75 centigrammes dans les vingt-quatre heures. M. Rostan a employé aussi la poudre de belladone à doses progressives. On s'arrête quand on voit les symptômes d'intoxication.

Romberg regarde dans beaucoup de cas l'opium comme indispensable. Il emploie aussi, pour abréger les accès, l'émétique et l'arsenic. Ce dernier médicament est donné par lui à la dose de 3 à 4 gouttes par jour de la solution de Fowler. Ce médecin distingué considère, dans quelques cas, l'arsenic non-seulement comme un palliatif, mais comme un véritable spécifique. L'émétique a pareillement été vanté par MM. Clarke et Conolly dans des accès violents. M. le docteur Debregne est aussi très grand partisan de l'opium, qu'il associe à la belladone, au camphre et à l'asa fœtida. Voici la formule de ses pilules :

Camphre j, - afi mes

Poudre d asa fœtida )

Extrait de belladone 4B',80

Extrait gommeux d'opium . . l*' ,2Q

Pour 120 pilules, à prendre 2 et ultérieurement 6 par jour.

Enfin, parmi les remèdes, en désespoir de cause, je citerai l'emploi de la strychnine par M. le docteur Mathieu (Gazette médicale de Lyon, 1853). Ce praticien aurait employé avec succès ce médicament à la dose de 2 à 3 centigrammes dans des complications de paralysie de l'œsophage.

Page 1