‹ Traité des maladies mentaleChapitre 460 sur 500 · GUÉRISON D'UNE FOLIE ÉPILEPTIQUE PAU LE SULFATE DE QUININE · texte numérisé non relu

GUÉRISON D'UNE FOLIE ÉPILEPTIQUE PAU LE SULFATE DE QUININE

regrettable ami, feu M. le docteur Follet, de relater la guérison d'un cas, en apparence désespéré,, de folie épileptique. Cette observation est d'autant plus instructive que, la guérison se maintint pendant huit années, et que l'existence du malheureux jeune homme qui en fut l'objet se termina accidentellement dans un naufrage, sans que sa santé eût subi la moindre atteinte depuis sa sortie de l'asile des aliénés de Quimper, où il avait été traité.

Après avoir terminé une campagne de quarante-cinq mois dans les mers de la Chine, le jeune X... fut soumis à une insolation ardente qui occasionna sur son bord plusieurs cas graves de phlegmasie cérébrale. Cette affection eut un résultat plus funeste pour ce ra^rin que pour ses autres camarades, et l'on ne tarda pas à se convaincre que les attaques de nerfs auxquelles il était sujet à certains intervalles constituaient une véritable épilepsie. Pendant son séjour de deux années à Brest, l'affection épileptique prit des proportions effrayantes. Le malade tombait cinq ou six fois par jour, et la violence des attaques n'était égalée que par les exacerbations de manie furieuse, conséquence de cette terrible névrose.

A son entrée à l'asile de Quimper (30 novembre 1856), M. Follet constata des accès comme il n'en avait jamais vu de pareils, je cite ses propres expressions. Les attaques ont duré cinq ou six heures et se sont répétées pendant six jours. Les périodes de fureur, dangereuses eu égard à la nature des actes, alternaient avec l'abattement et la stupidité; il bégayait ensuite et articulait avec difficulté. Les moments de rémission ramenaient la lucidité dans les idées ; mais le malade, éclairé alors sur sa véritable situation, tombait dans une profonde mélancolie et dans un véritable désespoir.

En présence de ces faits, et après avoir constaté chez ce jeune épileptique un pouls fébrile, et, par moments, de violentes palpitations à soulever le thorax, M. Follet eut recours au sulfate de quinine associé à la digitale.

Voici quelle fut la potion ordonnée à la date de novembre 1856 ; la dernière attaque avait eu lieu le 30 octobre de la même année :

Sulfate de quinine 0,90 centigram.

Dans une potion ordinaire et édulcorée, avec addition de :

Teinture de digitale 10 gouttes.

A prendre pendant les intermittences des attaques.

Le malade faisait en outre usage de tisane de valériane.

Or, ainsi que le constate l'extrait des registres que M. le docteur Baume

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