LÉSIONS CÉRÉBRALES DANS LA CONGESTION
qui est vulgairement connue sous le nom de paralysie progressive des aliénés, quoiqu'elle ait reçu encore d'autres dénominations dont je vais parler dans un instant. Ce que je dirai de la congestion temporaire et de l'encéphalite servira à mieux l'aire comprendre la pathogénie .de la paralysie progressive.
§ II. — Congestion temporaire. Périencéphalite à forme insidieuse (délire aigu). Paralysie progressive (délire des grandeurs, etc.).
Congestion temporaire de nature inflammatoire. — M. Calmeil fixe
justement l'attention sur le phénomène de la congestion encéphalique si grave, non- seulement par lui-même, mais encore par ses conséquences. « 11 est en effet, d'après ce savant médecin, des attaques congèstives qui ont été précédées d'un violent délire, et suivies d'une mort immédiate. Ces faits se présentent en dehors de nos asiles, chez des individus plus ou moins prédisposés à l'aliénation, ou qui ont fait surtout des excès vénériens ou bachiques. Mais dans nos asiles, nous voyons aussi d'anciens aliénés succomber à des attaques brusques rie congestion encéphalique. Dans d'autres circonstances, un délire récent a précédé les attaques congèstives, et les sujets ont expiré dans les convulsions.
» Les lésions congèstives, dit M. Calmeil, peuvent prédominer dans une région déterminée de l'appareil encéphalique, ou être suivies d'une périencéphalite aiguë et mortelle. » Enfin, les attaques congèstives sont parfois suivies de la formation de foyers inflammatoires localisés, et ces mêmes foyers peuvent être le point de départ de phénomènes inflammatoires qui, envahissant la substance cérébrale, finissent par constituer une périencéphalite chronique diffuse. J'en ai cité un exemple remarquable page \h1 : Un de nos malades, ouvrier mineur, etc.
Les lésions anatomiques de ces états seront différentes, on le conçoit facilement, selon les complications encéphaliques morbides qui viennent d'être indiquées. Toujours est-il que ces fluxions congèstives étant, d'après M. Calmeil, suscitées la plupart du temps par des lésions d'innervation ou de vitalité comparables, par leur essence, à celles qui alimentent l'état inflammatoire des phases d'extravasalion ou de suppuration, elles seront anatomiquement caractérisées, comme ces derniers états inflammatoires, par les lésions suivantes : accumulation d'un excès de sang dans les capillaires encéphaliques, et souvent par l'effusion d'une certaine quantité de sérosité dans l'interstice des éléments nerveux qu'elles oppriment, et dont elles dérangent l'état fonctionnel normal.
« Elles éclatent, ajoute M. Calmeil, sous l'influence des mêmes causes irritantes que ces phlegmasies déclarées, et ce sont, dans les deux cas, la