PÉRIODES DE RÉMISSION. — TRAITEMENT ACTIF
soigne ne peuvent plus être préservées contre toutes ces causes de destruction.
» Les médecins qui n'ont observé que des cas douteux ou qu'un très petit nombre d'exemples de périencéphalite cbronique diffuse, confondent facilement les rémittences de cette pblegmasie avec des cas de guérison ; mais ceux qui ont été à même de continuer leurs observations pendant plus d'une année, et qui ont pu étudier le cours de la périencépbalite dans de grands hôpitaux, sont à peu près unanimes pour proclamer la rareté des véritables guérisons. On doit, en conséquence, s'estimer presque heureux lorsqu'on est parvenu, après beaucoup de combinaisons habiles, à en retarder notablement les progrès, et surtout à lui faire subir des rémittences ou des intermittences de quelque durée. Nous avons vu cette maladie rester absolument stationnaire pendant dix mois, quinze mois, pendant près de deux années. Nous avons donné des soins à un employé chez lequel l'embarras de la langue et les idées délirantesavaient fini par disparaître d'une manière complète après un traitement de six mois. Cet homme avait pu se remettre plus tard à la tête de son emploi, s'occuper habilement d'affaires administratives d'une grande importance, faire des voyages, des spéculations d'intérêt; on pouvait donc le considérer comme entièrement guéri de sa première atteinte de périencéphalite. Par malheur, des contrariétés imprévues vinrent réveiller chez lui des idées dépressives qu'il ne put pas entièrement surmonter ; il éprouva coup sur coup plusieurs attaques de congestion cérébrale, et arriva en moins de cinq semaines au plus haut degré de la paralysie générale et de la démence (1 ).
(1) Je ne connais pas, en pathologie mentale, de situations plus difficiles. Les rémissions sont parfois tellement remarquables, que le médecin spécialiste serait mal vu de lutter contre les familles qui admettent la guérison. C'est dans cette période que se débattent souvent les plus grands intérêts des familles et des malades eux-mêmes; car on voit ces derniers conlracter des mariages et se livrer à de grandes entreprises commerciales. Les médecins de la vie privée ne peuvent mieux faire dans ces circonstances que d'en appeler, aux lumières des spécialistes. Je citerai à ce propos l'opinion d'un homme bien compétent : « En observant avec soin la marche de la maladie, dit M. le docteur Aubanel, en étudiant toutes ses périodes et en appréciant exactement les actions du malade dans tous les instants de la journée, on constate toujours un certain degré d'affaiblissement dans les facultés intellectuelles, affaiblissement qui progresse ordinairement de jour en jour, qui peut éprouver des moments d'arrêt, même une apparence de guérison pendant plusieurs mois et quelquefois pendant plusieurs années, mais qui se termine tôt ou tard, quoi que l'on fasse, par une abolition complète de l'intelligence et par la mort. Je n'ai pas encore observé un seul cas de guérison bien constaté. Les malheureux affectés de cette terrible maladie présentent, du côté de l'intelligence et de la motilité, quelle que soit la forme symptomatologique du délire, un cachet tout parti-