ISOLEMENT. — PRESCRIPTIONS HYGIÉNIQUES
» Dans les cas de ce genre, les premiers désordres inflammatoires ont réellement disparu pendant un certain laps de temps, et les accidents qui éclatent de nouveau plus tard peuvent être considérés comme l'expression fonctionnelle d'une seconde encéphalite. Les altérations de la substance nerveuse tendent certainement à s'effacer aussi pendant toute la durée des rémittences, de la périeneéphalite chronique; car les phénomènes extérieurs sont quelquefois si peu prononcés pendant ces intervalles de bien, qu'on en vient à se demander, dans plus d'un cas alors, si l'on n'a point commis une erreur, en diagnostiquant d'abord l'existence d'un commencement de paralysie générale incomplète. Les faits que nous venons de citer, les réflexions et les raisonnements que nous venons d'émettre, tendraient cependant à prouver qu'il existe dans la périeneéphalite, comme dans toutes les phlegmasies, des nuances qui en atténuent la gravité.
» Lin certain nombre de médecins ont fini par se laisser décourager par les résultats auxquels on est arrivé d'une manière beaucoup trop constante jusqu'ici en attaquant la périeneéphalite chronique, soit par l'emploi des saignées, soit par la combinaison d'un certain nombre d'autres moyens qui avaient paru doués cependant, dans beaucoup de phlegmasies, d'un certain degré d'efficacité; et plusieurs d'entre eux en sont venus à professer que l'on devait s'abstenir de soumettre les aliénés paralytiques à des traitements actifs, et qu'il n'y avait rien de mieux à faire que de leur imposer un plan de conduite' et un régime hygiénique sagement combinés. Ces vues pourraient tout au plus être adoptées et misesen pratique dans les cas où la gravité des différentes lésions fonctionnelles peut autoriser les médecins à supposer que la substance corticale superficielle enflammée a dû subir déjà un commencement de désorganisation; mais, tant qu'on entrevoit des motifs pour supposer qu'il peut en être autrement, et surtout pour penser que ce mode de terminaison peut encore être conjuré, on serait blâmable de ne pas user de toutes les res-
culier qui n'échappe jamais à un médecin aliénisle exercé à ce genre d'observations. » (Aubanel, ouvr. cit., p. 12i.) Dans un excellent travail sur les rémissions dans le cours de la paralysie générale, M. le docteur Sauze, médecin adjoint de l'asile de Marseille, se pose les questions qui suivent : « Doit-on considérer ces malades comme complètement guéris et les remettre en liberté? ou bien faut-il les regarder comme incapables de rentrer dans la société ? Doit-on leur rendre la gestion de leurs biens, s'ils ont été interdits? S'ils commettent un crime, un délit, ont-ils droit au bénéfice de l'irresponsabilité? » (Annales, numéro d'octobre 1858.) Ces questions, qui intéressent à un aussi haut degré la fortune des familles et l'honneur des individus, seront traitées par nous d'une manière spéciale dans la Médecine légale des aliénés qui doit faire suite à cet ouvrage.