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DÉMENCE, FORMES TERMINAT IVES

La démence («vot*, àSjuXvj, ammtia, fàtuitas des anciens, Blôèsim des Allemands, stupidité, debillità des Italiens, demency, fatuity des Anglais, noasthénie de Guislain) forme la septième classe de mes variétés essentielles, en fait de nosologie mentale.

Les raisons qui me décident à indiquer seulement cette forme sans entrer dans les détails pathologiques et anatomo-pathôlogiques de la question, se déduisent des considérations suivantes:

Si nous examinons la démence (amentia, affaiblissement progressif et général des facultés) dans son acception la plus large, nous resterons malheureusement convaincus que, en dehors de l'aliénation mentale, cette terminaison fatale est le lot inévitable de l'humanité.

Nous exceptons volontiers quelques rares individualités qui conservent jusqu'à la tin de leur vie l'énergie et la plénitude de leurs aptitudes intellectuelles. Mais le plus grand nombre, au contraire, est soumis à la loi de décroissance des facultés dans ses rapports avec la diminution progressive de vitalité du cerveau, l'instrument indispensable de la pensée.

Dans son Traité sur la folie, publié en 1841, M. le docteur Parchappe avait déjà formulé ce principe, que le déeroissement graduel du cerveau est en raison de la dégradation successive de l' intelligence dans la folie simple. La comparaison des moyennes de poids de l'encéphale dans les diverses espèces de vésanies a amené ce savant à cette conclusion importante : Le poids le plus considérable appartient à la folie récente, et le poids le plus faible à la: folie ancienne, caractérisée par l'affaiblissement général de V intelligence (démence). Or, cette diminution, qui est un fait constant dans la démence, est aussi le résultat naturel de l'âge et de la décadence inhérente à la nature humaine.

Il existe donc, à proprement parler, deux espèces de démence : la démence naturelle, et la démence résultant d'un état pathologique du

j'ai cité, dans mes Éludes cliniques, un cas remarquable de guérison ou, si l'on aime mieux, de rémission de paralysie générale incomplète, par un abcès naturel du foie, cbez un malade que j'avais jugé incurable.

838 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA DÉMlilCE.

cerveau qui a atteint les individus avant l'âge fatal assigné à ia continuité et aux progrès de nos aptitudes intellectuelles.

Nous avons vu, dans la description des diverses formes de la folie, qu'il en était quelques-unes où la terminaison par la démence s'opérait plus facilement que dans d'autres. Les affections cérébrales idiopathiques sont dans le premier cas, et il est impossible de concevoir la permanence ou l'intégrité de la raison avec des lésions qui affectent la substance corticale et qui amènent des désordres plus ou moins graves dans l'organe de la pensée. La conservation plus ou moins normale de l'intelligence avec des désordres cérébraux intenses a reçu son explication dans diverses parties de cet ouvrage ; je n'y reviendrai pas (1).

On peut m'objecter maintenant que la démence, étant une forme terminative, ne doit pas/aire un genre à part, et ne peut être que le complément descriptif de cliaque variété d'aliénation considérée dans son étude isolée. J'avouerai que c'est là une des raisons qui m'ont décidé à ne pas donner à la description de la démence l'importance que j'ai attachée aux autres variétés de folie dont il a été traité dans cet ouvrage.

D'un autre côté, cependant, il est incontestable que tant au point de vue pathologique qu'au point de vue médico-légal, l'état intellectuel et affectif des déments demande une description à part. Les mœurs, les habitudes, les tendances, les manifestations délirantes de ces aliénés, l'état de la sensibilité générale chez eux, ainsi que la marche et la terminaison de leurs maladies incidentes, se rattachent tantôt à des affections primitives dont le caractère ne s'efface jamais complètement, tantôt à des affections consécutives qui, elles aussi, ont leur cachet significatif propre. Tous ces phénomènes forment néanmoins un tout pathologique d'une nature spéciale et distincte qui mériterait une description particulière.

Les soins dont ces sortes d'aliénés doivent être l'objet ont aussi une importance telle, que mon intention primitive était d'en parler d'une manière spéciale dans cette seconde partie, mais j'ai réfléchi que c'est surtout dans les asiles d'aliénés que ces malades viennent finir leur existence. Conséquemment, tout ce qui se rapporte à leur traitement tient, en grande partie au moins, à l'organisation intime des établissements consacrés à la folie, et les médecins de la vie pratique, pour lesquels est écrit cet ouvrage, ne trouveraient dans ce qu'il me reste à dire sur ce sujet qu'un intérêt secondaire. Le cadre que je me suis imposé aurait en outre subi une augmentation trop considérable.

(I) Voyez : Des principales lésions du cerveau chez les aliénés, el des objections faites à la valeur des lésions cérébrales, p. .">0S et suivantes de cet ouvrage.

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