‹ Traité des maladies mentaleChapitre 55 sur 500 · ÉPOQUE MODERNE. — P1NEL. — ESQUIROL · texte numérisé non relu

ÉPOQUE MODERNE. — P1NEL. — ESQUIROL

Au reste, dans l'exposition des idées théoriques modernes, je tiendrai à être excessivement sobre de remarques critiques, les opinions des auteurs se trouvant, dans le cours de cet ouvrage, mêlées de toute nécessité à ce que j'aurai moi-même à dire sur la manière d'étudier les affections nerveuses et de les traiter.

§ IV. — Epoque moderne. 3?inel, Esrçuirol. ïî-ésumé des théories actuelles.

Conclusion.

Le XIXe siècle ouvre à l'aliénation mentale une ère nouvelle dont le mérite consiste moins peut-être dans l'importance médico-psychologique des théories qui ont été émises par les écrivains aliénistes de cette mémorable époque, que dans l'esprit pratique qui va animer leurs actes et influer d'une manière si heureuse sur les destinées des aliénés.

La personnification la plus glorieuse du xixe siècle en ce qui regarde la direction imprimée aux études sur les maladies du système nerveux, fut évidemment Pinel, l'auteur de la nosographie philosophique. Mais pour bien comprendre l'impulsion nouvelle qui va être donnée à nos recherches, il est bon de se rappeler l'héritage scientifique légué à leurs successeurs par les médecins du xviif siècle.

Nous avons rendu complète et entière justice à Plater, Willis, Sennert, Bonetet aux autres médecins qui ranimèrent non-seulement parmi nous le goût pour les idées des anciens, mais qui surent faire la part des maladies mentales propres à leur époque. Nous aurions pu ajouter d'autres noms célèbres à cette liste déjà si glorieuse. Boerhaave, Sydenhani, Van Swieten, de Haën, Sauvages, Morgagni, Baglivi, ne furent pas les moins illustres représentants de tous les progrès que l'on aime à constater nonseulement en médecine générale, mais encore en aliénation.

Comment se fait-il néanmoins que les efforts de tous ces savants aboutirent bien à rattacher l'étude des maladies mentales aux théories plus ou moins ingénieuses , plus ou moins hasardées de cette époque , mais n'amenèrent en définitive qu'à la négation la plus complète des véritables bases du traitement des aliénés, si l'on en juge par ce qui se passait dans les hospices et dans les tristes milieux où l'on reléguait ces malades ?

Pour bien comprendre une pareille situation, il faut, de toute nécessité, faire la part des préjugés qui pesaient sur les aliénés, et celle de l'oubli incroyable, mais très réel, qui se fit pour ainsi dire subitement de toutes les bonnes traditions anciennes.

Quant à ce qui regarde les préjugés, nous avons déjà été suffisamment

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