‹ Traité des maladies mentaleChapitre 58 sur 500 · DUS DIFFÉRENTES ÉCOLES MODERNES · texte numérisé non relu

DUS DIFFÉRENTES ÉCOLES MODERNES

d'idées les médecins aliénistes : l'école spi?utualiste, l'école somatiqite et l'école éclectique.

La première de ces écoles enseignait que la folie est une maladie de l'âme. C'est l'âme qui primitivement se trouve dans un état de souffrance. Les déviations pathologiques, pour ce qui regarde les lésions des organes, sont secondaires. La cause prochaine des troubles de l'esprit doit être en conséquence cherchée dans l'àme , puisque les maladies des organes ne peuvent nous expliquer le fait. La tendance naturelle de cette école devait donc être de voir plutôt la cause des affections mentales dans la déviation des lois de la morale et de la raison, dans l'influence funeste exercée par les passions, que dans les lésions de l'organisme. Les représentants les plus illustres de cette doctrine ont été Heinroth , Harper, Beneke et Ideler (1).

L'école somatique, à laquelle adhère aujourd'hui la presque généralité des médecins, enseigne que toutes les maladies mentales sont le résultat de lésions corporelles. Le corps seul peut être malade, et non pas l'âme. La partie immatérielle de notre être ne paraît aliénée que dans la libre manifestation de ses facultés. L'égarement permanent de la raison, la folie, ne sont, ainsi que nous le disions dans l'introduction de cet ouvrage, que le résultat ou l'expression symptomatique des conditions nouvelles et anormales, fatales et irrésistibles établies entre l'organisme souffrant et l'intelligence.

C'est l'opinion que nous chercherons à faire prévaloir, et qui sera mieux comprise par l'exposition des faits pathologiques concernant la folie que par tout ce que nous pourrions dire en ce moment.

Mentionnons dans ce court exposé des doctrines modernes les subdivisions théoriques qui, il faut bien le dire, ne sont la plupart du temps que des interprétations de l'idée première, interprétations facilement réductibles à une même manière de voir, s'il était donné aux hommes de s'entendre quand il s'agit de questions aussi abstraites que celle des rapports du corps et de l'âme. La théorie somatique se partagerait donc en deux écoles. La première reconnaît toujours pour cause de la folie une maladie corporelle, mais elle laisse au trouble intellectuel l'existence qui lui est propre; en d'autres termes, la maladie mentale est bien en réalité une entité pathologique.

Les partisans de l'autre manière de voir, MM. Combe et Jacobi entre autres, ne reconnaissent pas d'eniiié pathologique mentale, si l'on peut

(1) Friedreich , Exposition historique, el critique des théories sur la nature et le siège des maladies psychiques (psychische Krankheiten). Leipzig, 1836.

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