‹ Traité des maladies mentaleChapitre 75 sur 500 · ÉTI0L0G1E , ETC. — MOEURS. — ÉDUCATION · texte numérisé non relu

ÉTI0L0G1E , ETC. — MOEURS. — ÉDUCATION

épouvantes produites parles traces du déluge, les tremblements de terre, . les inondations, les volcans, les fléaux de tous genres, les guerres sans pitié, les exterminations, l'incendie , le sac des villes, les vengeances des délateurs, qui, dans les temps de révolution, assassinent avec un poignard dont le manche est tenu par une main invisible, que toutes ces terribles épreuves ne sont pas également supportées par ceux qui en sont les victimes... L'horripilation qui saisit les hommes dans les jours d'angoisses, et qui les rend comme insensés, enivre pour longtemps les imaginations. »

Enfin, pour exprimer ma pensée par quelques données statistiques, je dirai que dans un asile de plus de mille aliénés dont j'ai été le médecin depuis 1848, jusqu'en 1856, je ne me rappelle pas avoir enregistré chez plus de trois individus l'exagération des idées politiques comme cause d'aliénation. Encore, chez ces cinq malades, faut-il faire la part des sentiments exaltés et des théories fausses qui avaient depuis longtemps troublé leur intelligence ; en sorte que les événements politiques n'ont plus agi que dans le sens de causes efficientes. Mais j'ai pu observer chez un plusgrand nombre d'individus de l'un et de l'autre sexe l'influence fatale opérée par les perturbations de fortune et par la crainte de l'avenir. Cette dernière cause qui agit si activement sur les esprits en temps de révolution n'est peut-être dépassée dans son intensité que par les perplexités incessantes qui assiègent les natures hypochondriaques, les individus à prédominance de délire des persécutions, lorsque les délations viennent aggraver l'angoisse générale des esprits.

Ce que j'ai dit sur l'influence des événements politiques suffit pour faire voir combien il importe que l'étude des causes prédisposantes générales soit dégagée de toutes les fausses appréciations qui égarent ordinairement le jugement des hommes. Il n'est rien de si commun en aliénation que de voir attribuer à certaines causes une influence qui n'existe pas dans certains cas déterminés. Ceci devient non-seulement une source d'erreur pour le diagnostic et le pronostic des affections mentales, mais il arrive encore, le plus ordinairement, que l'on fait souvent une application erronée des éléments de la thérapeutique physique et morale des aliénés.

§ V. — Mœurs. Éducation,

Mœurs. — Quand Esquirol met en doute que les événements politiques depuis un demi-siècle aient augmenté le nombre des aliénés, il est bien plus explicite lorsqu'il parle des changements opérés dans les mœurs. « Nous avons, dit cet illustre médecin, changé nos antiques usages contre

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