ÉTIOLOGIE, ETC. — MOEURS. — ÉDUCATION
névropathiques et dégénératifs qui tantôt sont le fait de transmissions héréditaires de mauvaise nature , et tantôt le résultat de ces causes générales dont nous apprécions en ce moment l'influence.
Ainsi donc, toutes les situations pathologiques qui de près ou de loin sont le produit de ces causes appartiennent au domaine de nos études sur les maladies nerveuses. L'aliénation ne consiste pas seulement dans l'impossibilité de juger sainement les choses. Ce n'est pas un délire plus ou moins général, plus ou moins chronique qui constitue l'essence de la maladie ; mais la faiblesse intellectuelle congénitale, l'extrême difficulté pour l'individu de diriger ses actes vers un but utile et moral , ses mauvaises tendances instinctives, ont une signilication plus importante ; elles indiquent que dans ce cas l'affection mentale se rattache à des prédispositions héréditaires. Sans doute on constate souvent chez les parents l'existence de maladies nerveuses- transmissibles ; mais, dans d'autres et très nombreuses circonstances, on signale la débauche ou telle autre passion de mauvaise nature, l'intempérance surtout et l'ivrognerie. On est conséquem nient en droit d'affirmer que la dépravation des mœurs chez les ascendants est, entre autres causes, celle qui prédispose le plus activement aux maladies mentales, et qui engendre le plus ordinairement ces états congénitaux qu'on désigne vulgairement sous les noms d'imbécillité et d'idiotie. Toutefois l'examen approfondi de la question se rattachant plus particulièrement à l'étude des influences héréditaires, nous en parlerons dans le chapitre des prédispositions individuelles.
Éducation. — La cause que l'on désigne sous le nom d'éducation est aussi l'une des plus complexes qui existent, selon qu'on l'examine au point de vue individuel, ou au point de vue de l'action générale exercée par le manque d'instruction, ou par la tendance vicieuse imprimée à l'éducation intellectuelle et morale d'un peuple. Il est inutile, je pense, d'insister sur les fatales conséquences du défaut d'instruction. Néanmoins quelques auteurs, et M. Gueury entre autres, s'appuyant sur des faits statistiques, ont conclu, contrairement à l'opinion générale, que les crimes sont d'autant plus fréquents dans chaque département que l'instruction y fist plus répandue. D'un autre côté, M. le docteur Lisle, se fondant également sur des recherches statistiques extrêmement consciencieuses, se croit en droit de poser comme une loi générale, (pie depuis longtemps la fréquence des suicides est en raison directe de l'état de l'instruction ; cependant l'auteur se hâte d'ajouter que ces chiffres condamnent beaucoup moins l'instruction en elle-même que la direction vicieuse qui lui a été donnée depuis le commencement du siècle. .le cite les propres paroles fie l'auteur :