ÉÏÏ0L0G1E, ETC.— ACCIDENTS NERVEUX CHEZ LES NAVIGATEURS
qu'il a lieu après la transition subite d'une température extrême à une autre. Des éléments de diverse nature viennent encore compliquer la situation, ainsi qu'on peut le voir dans la relation d'un voyage autour du monde accompli de \8Uk à 1847, par M. le comte Charles de Gortz. Voici comment M. Dietrich expose le fait dans les Annales allemandes de la médecine mentale:
« Le the liorrors, dit-il, se manifeste généralement dans la saison d'hiver, lorsque après une longue et pénible traversée, les marins, ayant mis pied à terre, se placent sans précautions autour d'un poêle ardent et se livrent, suivant l'usage, aux excès de tous genres. C'est en rentrant à bord que se déclarent les symptômes du terrible mal. Ceux qui en sont frappés, sont poussés par une puissance irrésistible à se précipiter dans la mer, soit que le vertige les saisisse au milieu de leurs travaux, au sommet des mâts, soit qu'il survienne durant le sommeil, dont les malades sortent violemment en poussant un hurlement affreux.
» Le capitaine d'un vaisseau, avisant un jeune matelot debout sur le pont, la physionomie renversée, lui demande ce qu'il a ? « Je n'en sais rien, » dit-il. Et à l'instant il s'élance dans l'abîme et disparaît. Suivant le narrateur, témoin oculaire de ces faits, les infortunés qui résistent à cet entraînement fatal se rétablissent lentement. Deux matelots, miraculeusement sauvés par son intervention opportune, avouèrent ne posséder, au moment de leur funeste détermination, aucune conscience de leur état. »
On reconnaît dans ces détails une affection compliquée d'un certain degré d'intoxication par l'alcool, mais on ne saurait contester qu'en dehors de ce dernier agent, il ne se développe, sous l'influence des grandes chaleurs et de certains vents, des manifestations étranges dans les fonctions du système nerveux. Ce qui n'est pas moins certain, c'est que si tous les individus soumis à l'action des mêmes causes éprouvent généralement des phénomènes semblables, ils sont cependant plus ou moins aptes à délirer selon leurs dispositions morales préexistantes, la force du caractère, et surtout selon le degré de l'impressionnabilité du système nerveux. On connaît les modifications spéciales que l'âge, le sexe, le tempérament , la nature des événements religieux , politiques ou sociaux , apportent au développement plus ou moins intense des phénomènes anormaux de la sensibilité. Néanmoins il est on ne peut plus important, pour bien apprécier l'action des causes prédisposantes générales, de faire la part des causes temporaires et des causes permanentes.
On conçoit , en effet , que ce que nous avons dit pour les causes de l'ordre moral puisse, jusqu'à un certain point, s'appliquer aux causes de l'ordre physique. Ce n'est pas seulement le fonctionnement normal des
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