‹ Traité des maladies mentaleChapitre 85 sur 500 · CAUSES DE LA FOLIE DANS I, ENFANCE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA FOLIE DANS I, ENFANCE

tiou généralement admise. C'est au méridien de la vie que l'homme est particulièrement disposé à contracter les affections mentales, à 35 ans. Cependant c'est vers l'âge de k0 ans qu'il entre le plus de personnes dans les établissements (1). »

Quant à ce qui regarde l'enfance, on conçoit facilement qu'il est certaines formes de vésanies qui sont incompatibles avec le jeune âge. La folie, chez les enfants, se traduit le plus ordinairement par l'excitation maniaque et par la tendance aux actes malfaisants. Sous le nom de monopathie furieuse, Guislain signale une maladie mentale chez une jeune fille de sept ans. Un coup reçu sur la ligure avait déterminé une carie des os du nez, et amené chez cette enfant de véritables exacerbations maniaques. Les docteurs Haslam, Spurzheim, Frank, Burrows, Perfect, Friedreich, citent des cas de folie chez des enfants âgés de moins de onze ans. Dans sa thèse sur les affections mentales des enfants, et en particulier la manie, M. le docteur Paulmier cite des exemples remarquables qu'il a recueillis dans la clinique de M. Delasiauve. Les causes les plus ordinaires des manifestations délirantes chez les enfants sont les coups reçus à la tète, la présence des vers intestinaux, et principalement l'onanisme. Voilà surtout les causes dont le jeune âge ressent l'influence avec une prédisposition qui lui est plus spéciale qu'aux autres époques de la vie.

L'exemple le plus frappant d'aliénation chez les enfants qu'il m'ait été donné d'observer est celui d'une petite fille de onze ans, qui, après la répercussion d'une maladie du cuir chevelu, éprouva des accidents choréiques, et donna bientôt après le spectacle d'une véritable fureur maniaque. Elle essaya de tuer sa mère, et faillit noyer une de ses sœurs en la précipitant dans un marais fangeux. 11 est difficile de se faire une idée des tendances destructives de ce petit être à moitié rachitique et qui puisait dans son exacerbation nerveuse une force incroyable. Cette jeune lille guérit néanmoins. Une lièvre périodique en rapport avec les phénomènes d'une croissance subite amena des résultats plus heureux que les moyens que nous avions employés précédemment.

Tout le monde connaît les dispositions des enfants à contracter des convulsions sous l'influence de la douleur. Il est incontestable aussi qu'ils peuvent être fortement impressionnés par une émotion vive telle que serait la Lerreur. Une enfant de dix ans et demi, remarquable par le développement précoce de son intelligence, revenait avec son père de l'atelier où ce dernier travaillait. Il fut accosté par des ouvriers ivres; une rixe s'ensuivit, et le sang coula. L'enfant, frappée de terreur, tomba

(1) Guislain, ouvr. cit., t. II, p. 105.

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