‹ Traité des maladies mentaleChapitre 96 sur 500 · ÉTI0LOG1E. — DES NÉVROSES CONSIDÉRÉES COMME CAUSE DE FOLIE · texte numérisé non relu

ÉTI0LOG1E. — DES NÉVROSES CONSIDÉRÉES COMME CAUSE DE FOLIE

mente lorsqu'on remarque, chez ces jeunes malades, outre l'irritabilité spéciale qui les domine, l'apparition d'actes excentriques, ridicules, extravagants, souvent compliqués d'érotisme, et quelquefois de tendances au suicide. L'explosion soudaine de tous ces phénomènes maladifs, leur irrésistibilité, la perte ordinairement complète du souvenir de tous ces faits lorsque la crise est passée, ne sont pas les symptômes les moins importants d'une situation nouvelle qui désormais parcourra ses phases d'après les lois qui président aux transformations des névroses. Ce sont ces lois qui déterminent, et la nature du délire qui va s'organiser, et celle des actes qui vont se produire.

Cette situation maladive nouvelle est ce que j'appelle le délire hystérique, et ce que j'ai dit des transformations que subit l'hystérie peut également s'appliquer à l'hypochondrie et à l'épilepsie.Ces deux derniers états névropathiques ne sont pareillement regardés comme de simples névroses que lorsque, dans les intervalles des accès ou des crises, l'intelligence reste saine, et que les sentiments s'exercent dans la plénitude de leur action. Malheureusement, la durée prolongée de ces névroses et l'aggravation de leurs symptômes ne tardent pas à amener dans la sphère des facultés intellectuelles et affectives des troubles qui , eux aussi , ont un cachet spécial, en ce sens que la nature du délire et des actes reflète les caractères essentiels de la névrose principale.

Hypochondrie. — A la folie hypochondriaque se rattachent ces délires systématiques avec prédominance de l'idée des persécutions, avec manifestation d'actes dangereux tels que le suicide ou l'homicide. C'est sous l'influence des transformations étranges que subissent l'intelligence et les sentiments de l'bypochondriaque que s'organise cette autre aberration singulière qui fait supposer à ces malheureux malades qu'ils sont des êtres exceptionnels, et appelés à des destinées surhumaines. Cette dernière conception est la preuve la plus éclatante de la folie nouvelle qui les obsède. Cette folie, bien qu'elle se signale par des conceptions délirantes avec prédominance d'idées orgueilleuses, n'en est pas moins la conséquence de l'état névropathique si connu sous la désignation (Xhypochondrie.

Épiicpsie. — Le délire des épileptiques porte avec lui un caractère non moins frappant. Les hallucinations d'une nature terrifiante, la transformation radicale des idées et des sentiments antérieurs des malades, la nature de leurs actes agressifs, les fureurs instantanées qui les transportent et les rendent si dangereux, distinguent de toute autre cette folie qui se présente à l'observation avec une forme particulièrement significative.

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