‹ Traité des maladies mentalesChapitre 108 sur 306 · FOLIES SYMPATHIQUES · texte numérisé non relu

FOLIES SYMPATHIQUES

distinctes que l’on rencontre dans le cadre nosologique des maladies mentales.

a N’est-ce pas en effet, dit M. le docteur Parchappe, une espèce morbide distincte de toutes les autres, qu’une maladie qui se produit sous l’influence de causes entraînant la surexcitation du cerveau, principalement chez l’homme et dans l’âge de la virilité, et dont les symptômes se résument en une lésion générale et simultanée de l’intelligence, du mouvement volontaire et de la sensibilité? N’est-ce pas une maladie spécialej celle qui a pour siège la couche corticale des deux hémisphères cérébraux, qui a pour caractère anatomo-pathologique constant un ramollissement inflammatoire de la couche corticale cérébrale dans les deux hémisphères, qui, à travers des congestions cérébrales plus ou moins répétées,- entraînant de jour en jour un affaiblissement plus prononcé de l’intelligence, du mouvement volontaire et de la sensibilité, aboutit fatalement à la mort par la congestion ou par le marasme cérébral ? »

5* GRODPE. — Folies sympathiques.

Lorsque dans une pleurésie ou dans une pneumonie, ainsi que l’enseignaient les anciens, il survient du délire, personne ne dira qu’il dépend d’un état morbide de la plèvre ou du poumon. . . . Tous les médecins s’accordent à croire qu’alors cette partie dans laquelle réside la faculté de penser est affectée par sympathie; tous au contraire reconnaissent que dans la léthargie et dans la frénésie cet organe n’est pas pris par consensus, mais par affectation première.

Je n’entrerai pas dans des considérations plus 'détaillées sur ce qu’il faut entendre par folies sympathiques, et je m’en tiens provisoirement à la manière dont les anciens concevaient les affections sympathiques du cerveau. Lorsque dans la partie étiologique de mon œuvre j’ai parlé des troubles cérébraux qui survenaient après les maladies des voies respiratoires et digestives, lorsque j’ai signalé les’délires qui éclataient à la suite désaffections vermineuses, ou de la répercussion d’exanthèmes du cuir chevelu, de l’arrêt subit de la menstruation, ou de tout autre trouble ou lésion de l’organisme, je n’ai jamais mis en doute le rôle du cerveau dans les , manifestations délirantes offertes à l’observation. Je pense toujours d’une manière invariable que le cerveau est constamment le siège de la folie, mais je ne pense pas qu’il soit invariablement le siège de la cause. Je classe toutes les aliénations qui sont la conséquence de troubles ou de lésions spéciales et primitives de l’organisme dans la classe des folies sympathiques. A ces folies je rattacherai les vésanies désignées sous les noms â! érotomanie, nymphomanie, et dans lesquelles on peut établir que la dé-

CLASSIFICATION. — FORMES TEKMINATIVES,

pravatioii des instincts est due à une affection spéciale des organes de la génération. 11 n’est pas besoin d’insister sur la différence qu’il y a entre ces sortes d’aberrations morales et la folie amoureuse proprement dite, qui est le fait primitif d’un àmour Contrarié ou malheureux. Le simple bon sens médical, réduit à lui seul, suffit pour établir une distinction entre l’érotomanie ët la folie amoureuse. Mais l’observation plus approfondie des faits, la loi des rapports entre telle forme de folie et la cause, jettent une clarté plus vive encore dafis la classification, lorsque nous Voyons qu’il ne faut pas confondre la folie amoureuse ou religieuse résultant d’un sentiment exalté, d’une passion, aVec ces folies amoüréüse ou religieuse qui sont le résultat des transformations hypocllondriaques.

J’ai donné les raisons qui m’engageaieiit à né pas désigner les différents délires sympathiques souS les noms de foliés pneumonique ^ cardiaque, hépatique, vermineuse, èxanthémateusé, etc. (1); A ces raisons j’èn ajoute une autre que je réservais pour ce paragraphe.

Les anciens avaient dit ; Si, à l’occasion d’une fluxion de poitrine ou de toute autre maladie, il survient un délire constant, pensez que la tête ési devenue té siégé d*uné affection tellement propre, quéllé peut sufvivre « la guérison d’une maladie de poitrine. Ceci veut dire, eh d’aütrès terfflés, qüè toute folie qui est due à une cause sympathique, et qui n’est pâs jugée par la disparition de cette cause, rentre de plein droit dans un des genres dé la classification générale, selon que l’observation démontre que la persistânee des phénomènes maladifs dépend d’Une de ces causes radicales essentielles que j’ai désignées sous les noms de prédisposition héré*

(i) Jé suis loin de prétendre que là classification que je propose exclut à Jafüâis d’autres formés spéciales de la folie. Je crois, au coiitraircj qu’une fois entré dans cetté voié de coordination des phénomènes pathologiques , ùn trouvera encore d’autres causes de folie qui impriment à tous ceux qui eh sont atteints des caractères communs. Si, pour le moment, j’étais tenté de faire une exception, cé sérait, dans la sphère phÿsiôlogiqüéj en, faveur de là folié Suite dè éoùchès (manie pùérpérale), et dans la Sphère moràlê, rêh fàvéur dé là folie pair âimmr, par reliÿîort. Toutefois , pour eè qui regarde la folié suite dé couches , l’observation nous a déjà appris que les troubles cérébraux qui en sont la conséquence n’ont pas, chez tous les individus, des caractères identiquement les mêmes, ni dans la période de début, ni surtout dans la période de terminaison. Le pronostic varie excessivement, selon les prédispositions des malades. J’èh pourrais dire autant à propos àé la. folié rèiîgîéusè et delà folié àttioüréüsé, quoique l’amour et là religion, ces deüX sentiments qui mettent en jeu lés intérêts lès plus puissants de notre âme , soient de nature , lorsque ces deux mobiles agissent dans l’indépendance absolue de leur action , à produire des génres de folie on ne peut mieux caractérisés. Mais, encore une fois, la voie étant ouverte , je serai le premier à applaudir aux efforts qui seront tentés pour l’élargir, et j’accepterai de grand cœur les variétés nouvelles dé folie qué l’observàtion aura jUgéés dignes dé figurer dârts la claSsiflcàtiOn.

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