DÉMENCE
ditairCj iiévfôses, intoxications, affections idiopathiques du cerveau, etc., et qui ünpriment à tous ceux qui sont soumis à Faction décès causes des caractères cotnrnüm qui se reconnaissent à des signes intérieurs et extérieurs certains.
Mais il peut arriver aüssi que l’état mental de l’aliéné Chez lequel est sürWîiüe me affection tellement propre, qu’elle survit à la guérison â’une matâdiéqui a été le point de départ des troubles primitifs de V encéphale, il peut arriver, dis-je, que l’état mental de cet aliéné ne reflète Faction d’aucnne des causes précitées qui engendrent pour nous les formes fixes, immuables. Ceci petit avoir lieü lorsque la faiblesse native intellectuelle de l’individu amène Une terminaison brusque, OU lorsque la longueur de la maladie, après avoir produit en dernier résultat la Cachexie intelléctüellë et physique, enlève à FindividU aliéné toute espèce de caractère délirant, le réduit à l’état d'automatisrne, aux conditions, en un mot, lés plus infimes de la vie végétative. Cet état représentera alors la démence prisé dans l’acception la plus large, la plus médicale et la plus philosophique que nous puissions donner à ce mot.
6" GROUPE. -- Démenee.
Je crois Utile dé conserver cette désignation que la législation a adoptée, quoique ce soit dans un sens qui n’est pas celui que nous acceptons en médecine. La démence [amentia, dementia) n’est pas, à proprement parler, une forme primitive, c’est plutôt un état terminatif. Mais aussi, comme il arrive que les nombreux aliénés tombés en démence, quel que soit le point de départ primitif de leur affection, forment une nombreuse famiUe dont tous les membres ont des caractères communs, et se reconnaissent à des signes intérieurs et extérieurs certains, je pense que l’ordre et la méthode que je cherche à introduire dans les maladies mentales ne souffrira nullement d’une classification qui fait de la démence une des variétés si importantes de la folie.
Voilà ce que j’avais à dire sur les motifs de ma classification. On me reprochera sans doute de rayer deux formes essentielles généralement adoptées, la 7nanie et la mélancolie. Mais j’ai déjà fait observer que la manie [exaltation] et la mélancolie [dépression] sont des symptômes que l’on rencontre dans toutes les variétés de la folie, et qui, par conséquent, ne constituent pas des formes essentielles. D’ailleurs je ne m’attaque pas à la valeur de ces désignations qui doivent être conservées. Les mots excitation maniaque, dépression mélancolique, manie ou mélancolie, reviennent fréquemment sous ma plume lorsqu’il s’agit de décrire les phases diverses de tel ou tel genre de folie qui rentre dans la classification que
CLASSIFICATION. — FORMES TERMINATIVES.
j’ai adoptée; mais, encore une fois, ces symptômes ne sont que des phénomènes transitoires qui le plus ordinairement alternent entre eux. Aussi, toutes les fois que j’emploierai les mots manie, mélancolie, ü sera bien entendu que je ne fais allusion qu’à certaines phases des maladies mentales où prédominent les symptômes d’excitation et de dépression. Je n’entends pas indiquer par là des formes particulières de folie. Je ne décris qu’un des symptômes d’une forme déterminée d’aliénation mentale.
Je n’entrerai pas dans d’autres considérations pour justifier la classification que j’ai adoptée. Ici, comme dans toutes les sciences d’observation, les résultats suffisent pour justifier la méthode. Si donc la classification des maladies mentales, dans leurs rapports avec la nature de la cause, nous amène à mieux comprendre la marche de ces maladies si insidieuses et à donner au pronostic et au traitement une base plus solide, je croirai avoir atteint le but si difficile que je me propose.
Il ne faut pas oublier d’ailleurs, que, dans ma pensée, l’action de la cause, dans la génération des formes spéciales des maladies mentales, ne se sépare ni de la prédisposition de l’individu, ni du trouble fonctionnel que suscite chez lui la cause, ni enfin de la lésion organique, qui tantôt peut être un phénomène primitif, et tantôt un phénomène consécutif.