HYPERESTHÉSIE, ANESTHÉSIE CHEZ LES ALIÉNÉS
propension à la tristesse, à la joie, à la frayeur, diminue ou disparaît .
L’homme devient plus sérieux, plus grave, plus positif, mais aussi plus sensible dans une certaine sphère de son moral. . . . . Alors commence pour lui l’âge des fortes secousses. ... il éprouve des émotions qu’il ne connaissait pas étant enfant . C’est qu’avec la puberté, il se développe une sen-.
sibilité, une excitabilité nouvelles. A cette époque de la vie s’établit la prédisposition aux maladies mentales ; l’absence de ce sens, ou au moins son état rudimentaire explique pourquoi le jeune âge est préservé des atteintes
des maladies mentales . Les jeunes enfants, filles ou garçons, n’aiment
pas leurs parents comme ceux-ci les aiment. Les mères perdent souvent l’esprit à la mort d’un enfant ; l’enfant ne conserve pas de souvenir durable dè la perte de ses parents. L’enfant ne connaît pas les soucis ; il ignore les traverses de la vie ; mais il est réservé aux parents de supporter le poids des infortunes. ,
)) Avant la puberté, les rapports sexuels n’ont ni de fortes attractions, ni de fortes répulsions; les haines, les jalousies qui patHent des organes génésiaques, sont inconnues à l’enfance.
, » La puberté est une source d’affection, d’abnégation ,de sentiments tendres, dé passions violentes, d’actes atroces. »
L’ensemble de cette impressionnabilité morale à laquelle M. Guislain rattache les causes qui prédisposent l’homme aux dérangenaents de l’entendement, n’appartient pas, dit-il, à l’ordre des sensations proprement dites. Toutefois, il serait exagéré de prétendre, d’après lui, que les sensations extérieures oü intérieures n’ont aucune aistion sur l’individu.
Je vais énumérer les diverses circonstances pathologiques qui influent sur l’exagération ou la diminution de la sensibilité, sur le développement de la souffrance prise dans son acception la plus large. Nous verrons comment il se fait que, non-seulement les agents matériels palpables qui agissent sur le système nerveux et sur ses fonctions, déterminent des sensations douloureuses, mais <comment il arrive encore que Vidée, la passfon. y surexcitent, dans certaines circonstances, et diminuent dans d’autres; les manifestations de la sensibilité;.
Cette étude nous servira d’introduction à la manière de comprendre la production de diverses sensations intérieures qui égarent l’intelligence; des aliénés et sont pour eux la source de délires extraordinaires. Elle nous éclairera aussi sur l’interprétation à donner à certains phénomènes nerveux des plus singuliers que l’on désigne sous les noms à' hallucinations et d^illusions.