SENSATIONS INTERNES CHEZ LES HYPOCHONDRIAQÜES
sions qui naissent des sens internes; ils se trompent généralement sur l’intensité de leurs souffrances, sur le danger de perdre la vie, ils portent des jugements faux silr leurs sensations internes et externes.
Les perturbations dans les fonctions digestives sont les facteurs îés plus puissants des impressions ressenties et des idées délirantes qui en sont la conséquence. Quelques-uns de ces malades accusent tantôt un feu intérieur qui les dévore, et tantôt un froid glacial qui paralyse l’actiori intestinale. Ils sont, comme on le sait, Sujets aux borborygmes èt aux flatuosités; et tous ces phénomènes que l’hommé jouissant de sa raison ramène facilement à lêUi' interprétation véritable, deviennent pour les bypochohdriaques lé point de départ des illusions les plus étranges.
Ils ont dans les intestins des animaux immondes qui les rongent; quelques-uns même prétendent n’avoir plus ni estomac , ni intestins ; il leur semble que tout ce qu’ils mangent tombent dans un gouffre sans fin. Une de nos malades prétend avoir Un estomac de carton, un larynx artificiel ; elle ne doit plus ni manger, ni parler. Son corps n’existe plus ; c’est un Composé de tronçons informes qUi n’ont entre eilx aucune cohésiôh. Aussi les vêtements ne tiennent pas à la personne de cette malade, et elle éprouve constamment une sensation des plus pénibles pour une femme pudique; elle croit qu’elle va être exposée nue aUx regards du public.
Les anciens avaient déjà cité, chez ces sortes de malades , des perversions extraordinaires de la sensibilité. Il en est qui sont si légers qu’ils craignent d’être emportés par le moindre vent, tandis que d’autres në sauraient se mouvoir dans les conditions que leur font les lois de la pesanteur. On en a vu qui croyaient avoir le nez d’une grandeur excessive ët qui le sentaient grossir d’une manière distincte. Qui ne connaît les histoires de plusieurs d’entre eux qui prétendaient avoir dés jambes de verre ôü dë paille , ou n’avoir point de têie , qui se sentaient toUr à tour étendre et rapetisser, pour ainsi- dire, à l’infini, ou qui soutenaient que leur corps renfermait d’immenses amas d’eau capables d’inoiider tout un pâÿs, s’ils se permettaient d’uriner ? Quelques-uns recevaient l’imprêssion de cër^ taines odeurs extraordinaires; d’autres entendaient dés brüits incommodes ou des sons agréables, èt l’on voit déjà dans Ce fait la transition à l’ordre dés phénOttiènes désignés sôus le nom d’hallucinations.
Les affections spasmodiques siégeant dans divers organes ne sont pas rares chez les aliénés, à ce qu’enseigne M. le docteur Falret, et j’en ai relaté dés exemplés tirés ' Leçons cliniques de cet éminent praticien.
À des visions Si ridicules et sur lesquelles, certains aliénés nê forment pas plus dé doutes que sur les vérités les plus constantes, ils joignent souvent un sens droit et des opiniohs justes sur différents autres objets;