DÉLIRE NERVEUX.— NERVOSITÉ. — NERVOSISME
médecins, il n’y a de délire nerveux que chez les ivrognes. M. Falret croit, au contraire, qu’il existe un délire nerveux spasmodique. Il désigne ainsi le délire aigu apyrétique, qui ne reconnaît pour cause prédisposante et occasionnelle ni les spiritueux, ni les narcotiques, ni les stupéfiants. Ce délire est le plus ordinairement le produit de l’état spasmodique douloureux qui précède et suit les crises nerveuses chez les personnes très impressionnables. Les anxiétés d’esprit, les contrariétés, la crainte même de la douleur, suffisent pour déterminer des délires de ce genre. Ces sortes de délires nerveux se déclarent parfois avec une instantanéité effrayante chez de jeunes hystériques, épileptiques, chez les femmes à l’époque cataméniale. On l’observe chez les individus prédisposés aux maladies mentales, soit par la nature spéciale de leur tempérament, soit par l’hérédité. Ces malades forment la première classe de nos folies héréditaires, et je renvoie, pour en faire mention, à la pathologie spéciale.
On a parlé, dans ces derniers temps, sous le nom de nervosisme, d’un état nerveux que M. Dechambre regarde avec raison comme ne différant pas beaucoup des descriptions que nous ont laissées Sydenham, Stahl, Van Svvieten, Tissot, Lorry, Cullen, etc. , et surtout Whytt, dans son Traité des vapeurs et maladies nerveuses. Le délire et les accidents nefveux que la plupart de ces auteurs attribuent à l’hypocbondrie et à l’hystérie, qu’ils considèrent le plus, souvent comme des maladies identiques; ces accidents, dis-je, sont rapportés par M. Cerise à l’état qu’il a si bien décrit sous le nom de nervosité, dans son Traité des maladies nerveuses.
« En quoi le nervosisme aigu de M. le docteur Bouchut diffère-t-il, dit M. Dechambre, de ce que nous savons déjà des accidents dus à la nervosité, à Y état nerveux, à la névr'opathië protéiforme, c’est cè qu’il me serait' difficile de préciser. D’après M. Bouchut, cet état est caractérisé par du malaise, ^e l’inappétenqe, quelquefois par des nausées et des vomissements, une constipation opiniâtre, une irritabilité générale' avec fièvre. Plus tard, on constate des accidents névralgiques cérébraux, des douleurs générales ou partielles, du délire, des hallucinations, des contractures, des convulsions, de l’assoupissement et du coma. La mort arrive après un mois ou deux de souffrance. » M. le docteur Dechambre émet avec raison quelques doutes sur la réalité d’un état nerveux aboutissant à la mort, à travers d’aussi terribles^ accidents. « Au reste, ajoute ce savant médecin, si le fait est vrai, la peinture qu’en fait M. Bouchut ne diffei’h pas essentiellement, en ce qui concerne les troubles du système nerveux^ et particulièrement le délire, du tableau de Whytt. Ce médecin, après avoir décrit l’affection hypochondriaqde, au sens où l’entendait Mead, c’est-à-dire une maladie totius substarttiœ, et après avoir noté mille acci-