ANALYSE DU SANG. — INDICATIONS SYMPTOMATIQUES
land et Rigby ? se demande M. le docteur Luiiier, qui a analysé les travaux de ces médecins. Quoiqu’il soit difficile, dit-il, de tirer une conclusion générale d’après le nombre peu considérable des faits observés, je tiens cependant à constater que les conditions pathologiques différentes que fait aux malades le genre particulier d’aliénation dont ils sont atteints, se révèle par des symptômes qui sont loin d’être sans valeur. L’action exercée par telle ou telle variété de folie sur les sécrétions est incontestable, et c’est à tort qu’on a cru j ainsi que nous allons le voir dans un instant, que la folie ne se compliquait que bien rarement de mouvements fébiiles. Quoi qu’il en soit, l’examen des véritables conditions physiologiques et pathologiques des aliénés nous amène à des indications thérapeutiques formelles. Nous devons chercher à agir, dans certains cas, sur les excrétions et les sécrétions par la médication endermique, par les toniques et par les diurétiques. Nous aurons soin, du reste, de rappeler à la mémoire ces données thérapeutiques dans la partie consacrée au traitement.
Indications symptomatiques déduites de V analyse du sang. — Les études chimiques entreprises sur le sang dans les névroses sont peu nombreuses et laissent beaucoup à désirer. D’après un compte rendu analytique publié dans le&jinnales médico-psychologiques par M. Limier, nous voyons que MM. Wittorf, médecin des aliénés de Siegbourg, et Eiienmayer, médecin de l’asile de Prague, sont à peu près les seuls dont les travaux méritent d’être mentionnés.
D’aprèsM. Wittorf [Dissertatio de sanguine maniacorum\ 18^i6), le sang, dans la manie aiguë, ne subit pas dans>a composition des modifications aussi considérables qu’on pourrait le croire
1° Le sang offre une. diminution du chiffre des globules, et une augmentation du chiffre de l’eau.
2° La manie n’est pas la cause de l’altération de la proportion de ces principes du sang. Cette altération dépend de la constituti' n du sujet.
3“ D’après cet auteur, la manie n’existe jamais conjointement avec une phlegmasie aiguë.
Les résultats obtenus par M . Erlenmayer sont de deux sortes. Les uns ont trait à l’influence de différents étaCs organiques préexistants, tels que la tuberculisation, l’inflammation, les maladies du cœur, sur la marche de la folie ; les autres sont relatifs à l’état du sang dans diverses variétés de délire. Cette manière d’envisager la question amène l’auteur à deux ordres de conclusions qui doivent tenir place dans cette discussion et que je reproduis, dans l’intérêt des recherches qu’il y aurait à faire, au double point de vue de la physiologie et de la pathologie.
ANALYSES DU SANG. — INDICATIONS SVMPTOMATigüES. kk'è
1. Influe7ice de divers états organiques sur la constitution du sang chez les aliénés. — 1“ De toutes les formes de maladies avo; prédominance de fibrine, la tuberculisation est, dit M. Erlenmayer, la seule qu’on observe chez les aliénés; mais souvent, pendant la vie, et sur le cadavre après la mort, l’état fibrineux est marqué par des caractères de dissolution. La tuberculisation doit le plus souvent être regardée comme cause d’aliénation mentale.
2° Le typlius, le cancer et les exanthèmes sont très rares chez les aliénés; ils sont plus fréquents chez les idiots : ce qui prouverait que le sang de ces derniers se rapproche plus de l’état normal que de celui des autres aliénés: (1 ) .
3“ Les maladies du cœur ne sont pas rai*es chez les aliénés, et s'observent le plus souvent chez les mélancoliques ; elles doivent être considérées comme une cause d’aliénation mentale, en ce qu’elles engendrent la dissolution du sang par défaut de répartition et d’oxydation de ce liquide, et que par là le système nerveux se trouve privé de son stimulant. Souvent les mélancoliques avec maladie du cœur deviennent hydropiques, lorsqu’ils guérissent de leur aliénation mentale. L’hydropisie dans les membranes séreuses est de toutes la plus fréquente chez les aliénés,
!i° Le déliré des ivrognes , rare dans les maisons d’aliénés, lorsqu’il se complique de pneumonie, se termine fréquemment parla gangrène.
5° D’autres dissolutions du sang, telles que le scorbut, la dysenterie, etc., sont communes chez les aliénés.
6“ Le diabète sucré (j ’ai déj à eu l’occasion de faire cette remarque) est rare , et parait avoir peu d’influence sur l’aliénation et être peu influencé par elle.
7“ La syphilis est une cause fréquente d’aliénation ; on ignore complètement son effet sur la crase du sang.
2. Etat de la constitution chimique du sang dans la folie et dans quelquesunes des variétés de cette maladie.— 1® La crase veineuse (augmentation de la quantité des globules) est très rare chez les aliénés ; elle a principalement lieu dans l’idiotie et le delhnum tremens.
(1) U est bien entendu que dans ce résumé historique de la/juéstion. Je ne prends pas sous ma responsabilité toutes les opinions des auteurs. Dans cet alinéa (2’) J’ai particulièrement à faire mes réserves à propos des opinions émises sur la plus ou moins grande fréquence des affections cancéreuses chez les aliénés . Ma réflexion aura uiie portée générale. Je dirai que dans des questions aussi délicates, il faut toujours établir la partdu milieu dans lequel vivaient les aliénés avant de venir dans l’asile où ils deviennent le sujet de l’observation médicale. Je n’ai Jamais rencontré, par exemple, autant d’alfeç: lions cancéreuses que chez les femmes üé 'Saint-Yon ; mais le même fait se reproduit encore sur une plus grande échelle dans les hôpitaux et hospices de cette ville, où malheureusement les affections cancéreuses sont Très communes.