‹ Traité des maladies mentalesChapitre 165 sur 306 · PÉRIODE DE DÉVELOPPEMENT. — MANIE (EXCITATION · texte numérisé non relu

PÉRIODE DE DÉVELOPPEMENT. — MANIE (EXCITATION

ne sont pas naoins saillantes. Les idées de crainte et l’anxiété qui assaille ces malheureux peuvent aller jusqu’à l’annihUation coinplète des forces dé l’âine, elles déterminent alors un état que l’on désigne sous le notti de stupeur ou stupidité. Et puis il existe, au point de vué des facultés affectives, un phénomène qui ne permet pas de confondre cette situation avec l’état d’apathie, de torpeur et parfois même d’insensibilité que l’ori rencontre dans qüel(|ues maladies : c'ést la lésion des sentiments, ce soiit les manifestations d’injustes soupçons d’abord , de défiance des malades contre les leurs, et, ültérieurement, d’une haine motivée par la nature du délire; C’est dans cette période confirmée que se commettent ces actes déplorables dë suicide et d’homicide dont j’ai déjà donné plusieurs exemples, en démontrant à quel point les aliénés sont dominés par les hallücinations et pâr les idées insensées que font naître chez eüX les états névropathiques qui les tourmententv C’est dans cette même situation que se systématise le délire dés persécutions, et que ces malheureux së pré-^ sentent à l’observation, si différents de ce qu’ils étaient autrefois.

Esquirol fait remarquer aveë raison que le mot mélmcotie, même dans l’accëption des anciéns, offre Souvent à l’ësprit une idée fausse, car la mélancolie ne dépend pas toujours delà bile, quoiqu’il soit impossible de nier les perturbations qui, à cette période, existent dans les fonctions sécrétantes. C’est au mot mélahcolië qüë l’illustre médecin français a proposé de sübstituér le mot lÿpëmànië , universellemënt accepté aujourd’hui pour exprimer cet état de douloureuse concentration des forces de l’âme que l’on observe dans le début dé toutes les folies.

manie {{laiitd, mania ; période excitation) (1). L’état de dépression 5 inséparable de Y élément douleur, finit par amener ses conséquences natu-

ll) On ri’ est pas d’accord sur là véritable signification du mot manié. La racine ta plus probable, jji.atvou.àt, désigrieràit-elle cet état de fureur propre à quelques inâlâdés dans cette période d’excitation? Esquirol pense que le mot munie dérive du.mot pivïij luna^ lune, dont les Grecs firent maniaques, frappés de la lune, et les Latins, lunatiques. Cette dénomination est conservée en Angleterre et en France dans le langage vulgaire, et n’a pas un sens plus scientifique que le mot mélancolie. Le rôle important que jouent la manie et la mélancolie dans les classifications modernes a fait que la lângue de chaque peuple a désigné ces situations par les mots qui expriment avec le plils de vérité les stades d’excitation et de dépression que l’on observe chez ces malades. La manie [fureur, au point de vue du Code) est la pazzia des Italiens, le Wulh, ToUheit, Tobsueht des Allemands, le madness des Anglais. Les Allemands désignent la lypémanie sous les noms de Trubsinn, Tiefsinn, Schwermuth, et les Anglais sous la dénomination de sadness. Les mots hyperphrénie (de u-reèp, au-dessus, outre, et œfTîv, esprit) et lupéràpiirénie (de XuTTs'po?, triste) ont été employés par M. Guislain pour désigner l’état de dépression et d’excitation (la lypémanie et la manie).

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