OBSERVATION GÉNÉRALISÉE DE FOLIE HÉRÉDITAIRE
observation qui nous servira de type, et nous permettra de résumer sôus sou expression la plus vraie les caractères généraux appartenant à tous les individus de la même catégorie.
Observutiun d’un individu atteint de folie héréditaire parvenu à xm ope avancé, et dont l’existence fut une suite non interrompue df excentricités et d’actes délirants désignés soxis le nom de monmianies.
Ce malade est le type de ces sortes de folies auxquelles Pinel a donné le nom de manie raisonnante, et que l’auteur anglais Prichard a désignées sous le nom de moral insanity.
L’individu qui fait le sujet de cette étude, et sur lequel j’ai publié un A'olumineux rapport médico-légal dans le 14' volumedes Annales médicopsychologiques, a été soumis à mon observation pendant près de dix années ; il était, au moment où je l’ai connu, en 1848, âgé de cinquantehuit ans, et avait passé la plus grande partie de son existence dans des maisons de santé d’où il était plusieurs fois sorti et où l’autorité, fatiguée des excentricités de ce malade et justement émue des dangers qu’il faisait courir à la population, l’avait toujours fait réintégrer. Aucun des faits étranges de cet homme, qui est un type de la folie héréditaire avec transformation fixe, invariable, irrémédiable, ne m’avait échappé. Je m’étais enquis de ses ancêtres ; des détails m’avaient été donnés sur sa première jeunesse par des camarades de. collège ; je possédais, en un mot, tous les éléments qui pouvaient m’aider à rattacher son existence à celle de ses ascendants, et reconstituer cette chaîne non interrompue de phénomènes pathologiques qui se commandent et s’enchaînent chez l’individu aussi bien que dans l’espèce.
M. Aimé P . eut dans son ascendance paternelle des aliénés qui,
depuis plus d’un demi-siècle, étaient signalés, dans les archives de l’asile dont j’étais le médecin, comme ayant été pensionnaires de l’établissement. Dans sa personne s’éteignait la descendance mâle de la famille; un frère de notre malade s’était suicidé, et sa sœur, morte sans enfants, avait tini dans une maison de santé de Paris, après avoir étonné le monde dans lequel elle vivait par son caractère original et ses nombreuses excentricités. Placé dans un collège à l’âge de dix ou onze ans, Aimé fut un élève assez ordinaire ; il était d’un caractère tranquille, doux et même pusillanime, d’un tempérament lymphatique. Ce fait n’est pas sans importance, car, le plus ordinairement, les individus de cette variété maladive se font remarquer de bonne heure par des tendances mauvaises, par des excentricités de caractère ; parfois aussi ils monti’ent de grandes apti-