OPIACÉS DANS LE STADE MÉLANCOLIQUE
De l’opium dans le stade mélancolique. — L’opium , (jui a été regardé avec un peu d’exagération par M. le docteur Engelken, médecin à Brême, comme un spécifique dans l’état de dépression mélancolique en général, est cependant destiné à rendre de grands services dans la situation que je décris, où il y a élévation du pouls avec asthénie, abaissement de la température générale, insomnie, cachexie, anémie sans prédominance d’idées délirantes spéciales, sans trouble notable de l’intelligence. Je cite, d’après la traduction de M. Guislain, un passage du travail de M. Engelken, où l’auteur parle de l’action de cet agent donné à doses fractionnées : « Cette action, dit-il, semble se rapporter d’abord à l’influence nerveuse du canal alimentaire et se porte ensuite sur le système de la circulation.
» L’influence de l’opium s’annonce par une diminution dans le volume du pouls ; celui-ci acquiert même un peu de dureté. Elle apparaît aussi par une diminution dans les phénomènes de la sensibilité lésée, dans la réceptivité du malade, qui devient moins impressionnable, qui résiste mieux aux influences déprimantes, qui est plus courageux, qui a plus de lucidité dans la conception, plus d’animation dans les actes.
» La température du corps monte, le sommeil renaît et devient plus tranquille.... L’opium, dans son action, ressemble aux autres narcotiques par son influence sur la sensibilité qu’il diminue, mais il en difière en ce qu’il augmente le ton du système nerveux au lieu de l’affaiblir. Je dirai qu’il y a au fond des aliénations un état asthénique que l’opium combat ; s’il provoque un orgasme sanguin à la tête, il ne dure pas au delà de quelques jours, dit l’auteur, et cette assertion, appliquée à la mélancolie, est souvent l’expression de la vérité. » (Guislain, ouvr. cit.. De l’opium., t. III, p. 29.)
N® 4. — Solution ferrugineuse iodurée.
^ Gram.
lodure de fer . 0,60
Bromure de potassium . 0,40
Extrait de gentiane . 1,00
Eau . 20 cuillerées
Faire une solution, à prendre deux ou trois cuillerées par Jour.
On conçoit que l’on peut, selon les indications, varier les extraits qui entrent dans les pilules ou dans les solutions. Les extraits de belladone, de quinquina, d’opium, de stramoine et autres principes calmants , antispasmodiques , stupéfiants ou toniques, peuvent remplacer l’extrait de gentiane. Ces différentes préparations ont l’avantage de pouvoir être mêlées sans inconvénient aux aliments des malades récalcitrants, et dominés par les idées de persécution. Je crois pouvoir aussi recommander, dans les mêmes circonstances, la phospholéine de M. le docteur Baud. Malheureusement cette médication est chère, et ne peut encore devenir d’un usage commun. C’est, du reste, un médicament très agréable à prendre. On en prescrit une cuillerée à bouche dans un verre d’eau sucrée ou dans une tasse de chocolat.