FOLIE ÉPILEPTIQUE
§ III. — Du délire des actes et des idées qui est la conséquence de l’épilepsie
{folie épilepiique).
L’influence exercée par l’épilepsie sur les facultés intellectuelles n’avait pas échappé aux anciens. Cette affection prend des formes diverses, disait Arétée; elle tient du prodige : « Varium ac poi'tentosum morbis gems.-a Elle est terrible en ses accès, elle est d’une acuité extrême et produit de grands ravages : « Terribilis in accessionibus morbus, et peracutm et perniciosus. »
Lorsque les épileptiques avancent en âge, dit le médecin de Cappadoce, leur caractère ne s’adoucit pas ; « Neque œtate procedente mitiores fiunt.y> Ils ont de l’inspranie, leur repos est troublé par des images effrayantes. Ils prennent leur nourriture avec dégoût, la digèrent avec peine ; ils sont décolorés, leur face est plombée. Ils ont l’esprit lent, les sens paresseux, ce qui leur ôte la faculté d’apprendre. L’ouïe s’émousse, ils ont des tintements d’oreilles. Ils croient parfois que des corps étrangers tombent sur leur tête avec un fracas horrible. Ils ont la langue embarrassée et parlent avec hésitation, soit par la force du mal, soit par suite des lésions que cet organe éprouve pendant l’accès : « Tune enim lingua variis torquetur modis.n Cette maladie trouble tellement l’esprit et la raison,, que ceux qui en sont atteints finissent par devenir totalement insensés ; « Rationem usque eô morbm conturbat ac dejicit, ut prorsùs denique infatuentur. »
Esquirol, tout en affirmant que l’épilepsie agit de la manière la plus fatale sur la libre manifestation des facailtés intellectuelles, n’a pas fait, du délire transitoire ou chronique qui en est la suite, une variété spéciale de folie ; il semble plutôt regarder l’épilepsie comme une complication de la folie, et il émet le pronostic désespérant que l’épilepsie compliquée
pretantur veteres.-» (Hoffmann, Tractaius de morbo hyslerico.) — On consultera avec fruit l’ouvrage de M. le docteur Conolly, intitulé : The Croonian Lectures, delivered al the Royal College of physicians (London, 1849). Dans l’impossibilité où je suis, dans un ouvrage abrégé sur les maladies mentales, de traiter l’hystérie dans ses rapports avec les innombrables anomalies du cœur et de l’esprit humain, et surtout avec l’influence des idées régnantes et avec les modifications que subissent les tempéraments par l’hygiène, la nourriture, la nature des travaux, je ne puis que renvoyer aux traités spéciaux de cette affection. Quoique l’ouvrage de Pomme soit déjà ancien et fait à un point de vue scientifique erroné (le racornissement des nerfs), on y trouvera cependant de curieuses descriptions du caractère et du tempérament propres aux hystériques. Je me contenterai d’ajouter que les névroses hystérique et hypochondriaque ne sont plus, comme on le croyait autrefois, l’apanage de la classe riche et blasée. Ces maladies sont aujourd’hu très fréquentes dans nos campagnes ; j’en ai indiqué les causes dans mon Traité des dégénérescences.