TRAITEMENT DE LA FOLIE ÉPILEPTIQUE
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d’examiner avec sang-froid la situation du malade, et d’arriver à prescrire ce qui peut lui être utile (1).
Traitement de la folie épileptique. — Les considérations thérapeutiques que fait naître un sujet aussi important peuvent se rapporter à deux ordres de faits principaux ; 1“ le traitement de l’épilepsie dégagée de toute affection mentale ; 2” celui de l’épilepsie compliquée de folie.
A la rigueur, je ne me trouverais engagé, vu la nature de cet ouvrage, qu’à parler de l’épilepsie avec intercurrence de troubles intellectuels ; mais, comme je l’ai déjà fait observer à propos de la folie hystérique et de la folie hypochondriaque, il est impossible de séparer le traitement de ces vésanies de celui de la névrose qui les a engendrées. La folie, prise en elle-même, n’est, ainsi que le constatent nos recherches, que le symptôme d’une affection principale, d’un état de souffrance de l’organisme avec complication de troubles intellectuels. Considérée autrement, ce ne serait plus qu’une entité abstraite que l’on ne saurait comment atteindre. Notre seule ressource thérapeutique est conséquemment de chercher à écarter le mal qui est la cause de ces désordres extrêmes des idées, des sentiments et des actes qui constituent la folie.
Malgré donc la gravité du pronostic, lorsque l’épilepsie se complique d’aliénation, les médecins spéciaux n’ont eu d’autres ressources que de s’attaquer directement à l’épilepsie, et ils ont essayé aussi, de leur côté, les nombreux spécifiques prônés contre cette terrible affection. Je dirai cependant qu’en dépit du pronostic fatal qui atteint les aliénés épileptiques, les spécialistes ont eu sur les médecins de la vie civile un autre avantage, celui de pouvoir réunir ces malades dans un milieu déterminé, où, soustraits aux troubles et aux agitations de la vie extérieure, ils sont soumis à une discipline morale, à une hygiène physique qui sont déjà par elles-mêmes de puissants modificateurs de leur état maladif.
(1) M. le docteur Bulard, auteur d’une thèse que J’ai déjà citée sur la folie hystérique, a bien voulu, sur ma recommandation, s’occuper du traitement d’une Jeune hystérique de vingt-huit ans, dont la situation désespérée avait lassé le zèle des médecins et épuisé toutes les ressources de leur thérapeutique. Depuis sept mois qu’il magnétise cette malade qui présentait des phénomènes de paraplégie, hémiplégie, hyperesthésie et de tous les symptômes propres à l’.hystérie, qui en outre avait des crises dont rien n’égalait l’intensité, il a déjà obtenu des améliorations considérables. Le traitement dure déjà depuis sept mois, ai-je dit, et ce n’est pas un des moindres inconvénients de cette médication, d’absorber le temps et les forces d’un médecin. M, Bulard se propose, du reste, de publier cette observation qui, avec plusieurs autres du même genre, compléteront son excellent travail sur la folie hystérique. M. le docteur Desbois (de Rouen) , qui s’est particulièrement aussi occupé avec succès du magnétisme, m’a cité un fait remarquable d’épilepsie guérie par ce moyen.