‹ Traité des maladies mentalesChapitre 290 sur 306 · PARALYSIE PROGRESSIVE (FOLIE PARALYTIQUE · texte numérisé non relu

PARALYSIE PROGRESSIVE (FOLIE PARALYTIQUE

et après avoir parcouru toutes les phases du délire ambitieux particulier à ces malades.

Le symptôme pathologique que j'indique mérite d’être rattaché aux phénomènes antérieurs de l’affection et à ceux qui ont suivi. Je présenterai ainsi dans un court résumé tout ce qui a trait au développement, à la marche et à la terminaison de la paralysie générale,

M. X... était un homme de quarante-huit à cinquante ans, un ancien militaire d’une grande intelligence, mais qui dans les derniers temps de son existence avait fait abus de spiritueux. Pour occuper les loisirs de sa retraite, il avait assumé des fonctions administratives qui ne laissaient pas de lui causer d’assez grandes préoccupations.

Depuis quelque temps cet homme, d’un caractère doux et bienveillant, était devenu irritable et fantasque, il se plaignait de violents maux de tête; sa figure était empourprée et congestionnée, et ce n’était qu’avec répugnance qu’il se soumettait aux avis de son médecin habituel, qui conseillait avec raison les dérivatifs sur le canal intestinal, les saignées déplétives, et surtout un changement à ses habitudes hygiéniques. Malheureusement une longue expérience m’a appris combien, sous ce dernier rapport, il est difficile de modifier les habitudes des malades, et il n’est pas rare qu’ils se livrent en secret à des excès qu’ils n’osent commettre ostensiblement (1).

Sur ces entrefaites, arriva chez notre malade l’attaque congestive dont J’ai parlé. Cette grave indisposition fut énergiquement traitée par les antiphlogistiques, et si l’existence du malade fut conservée, il ne sortit de cette épreuve qu’avec un affaiblissement notoire des facultés intellectuelles, et principalement de la mémoire ; nous dûmes prescrire un repos absolu, et forcer M. X... à se désister des fonctions qu’il ne pouvait plus remplir. Il faisait dans la comptabilité qui lui était confiée des erreurs journalières, et la compromission de sa fortune faillit en être la conséquence (2).

(1) « L’inflammation des méninges et de la substance corticale périphérique, dit M. Calmeil, est des plus fréquentes chez les débitants de vin et d’eau-de-vie, chez les épiciers, les distillateurs, chez les marchands de tabac, les cafetiers, et en général chez tous les individus dont la profession rend les excès alcooliques faciles. Elle est très répandue parmi les officiers qui s’habituent à fréquenter les cafés, à boire avant la fin de chaque journée un nombre plus ou moins considérable de verres de rhum ou d’eau-de-vie. Lorsque j’étais à l’asile de Maréville, où l’on recevait un grand nombre de militaires, j’ai eu à soigner dans des proportions énormes des jeunes officiers appartenant surtout aux armes spéciales, et qui ne devaient pas à d’autres causes, à l’usage de l’absinthe surtout, l’affection irrémédiable dont ils étaient atteints. »'

(2) C’est dans cette période de leur affection que les paralysés généraux se lancent

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