CHORÉE
Ce que nous venons de dire de I hystérie peut s’appliquer en partie à la chorée, mais cette dernière affection doit être considérée comme une cause rare d’aliénation.
On confond d’ailleurs, sous le nom de chorée, beaucoup d affections différentes qu'il serait fort important de distinguer nettement : aussi la description des psychoses choréiques est-elle fort confuse. Il
F) Niemeyer, traduction Culmann, I. Il, p. 4Î1.
490 PATHOLOGIE SPÉCIALE
faudrait rejeter ici les formes qui appartiennent à l’hystérie comme la chorée épidémique. « La chorée épidémique, dit le professeur Puccinotti (de Pise), a eu au moyen âge une raison d'être suffisante dans lasituation morale et politique de cette époque. La différence dans les symptômes, dans la marche et dans les terminaisons de la maladie est telle qu'on ne peut les confondre l’une avec l’autre. » Il ne saurait être question ici, on le comprend facilement, ni de la chorée sénile, ni de la chorée des femmes en couches, mais plus particulièrement de la chorée de Sydenham.
Deux formes distinctes doivent être admises, d’après Marcé, dans le délire des choréiques : tantôt c’est un délire incohérent pendant lequel les malades, au milieu d’une agitation effrayante, poussent des cris rauques et inarticulés et laissent échapper des paroles sans suite, au milieu desquelles il est impossible de saisir la moindre systématisation délirante; tantôt, au contraire, ce délire se rattache d’une manière intime à des hallucinations de la vue et de l’ouïe, sous l'inlluence desquelles les facultés intellectuelles peuvent présenter une exaltation considérable.
La chorée ne s’accompagne, dans un tiers environ des cas, d’aucun trouble appréciable de l’intelligence ; dans les deux autres tiers, les fonctions cérébrales sont évidemment altérées. « Les complications que la chorée présente du côté intellectuel, dit Marcé, ne nécessitent un traitement spécial que dans les cas où elles présentent une grande intensité ; habituellement les moyens thérapeutiques dirigés contre les convulsions choréiques suffisent pour modifier avantageusement l’état mental : tels sont les affusions froides, les bains sulfureux, la valériane et les antispasmodiques, les bains tièdes prolongés avec irrigation d'eau froide sur la tête, l'opium à doses progressivement croissantes, la strychnine, le fer et les toniques. A mesure que les mouvements choréiques perdentde leur intensité, les modifications du caractère et de la sensibilité morale, ainsi que les hallucinations, disparaissent pour faire place à l'état normal.
>- Elans la chorée compliquée de délire maniaque, l'agitation peut être tellement intense que l'emploi des bains devienne impossible ou dangereux, les malades se projetant avec force contre les parois de la baignoire, et ne pouvant un seul instant conserver l'immobilité ; dans un cas de cette nature, où la déglutition des médicaments liquides ou solides était en même temps très difficile, les inhalations de chloroforme,répétées à plusieurs reprises, ont été suivies d'etfets excellents. KUes calment l’agitation musculaire et amènent une sédation instantanée ; c’est un moyen puissant et rapide auquel il faut recourir quand le danger est pressant (1). »