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FORMES SECONDAIRES. — FOLIES TOXIQUES

placer de véritables psychoses ; la forme mélancolique avec idées de persécution est la plus ordinaire.

h' abstinence brusque de morphine détermine les accidents les plus graves; on voit assez fréquemment éclater un délire hallucinatoire qui ressemble beaucoup au délire alcoolique. Levinstein l’a même désigné sous le nom de delirium Iremens des morphinomanes. Cependant, ce délire présente surtout un caractère maniaque ; il dure moins longtemps que le délire alcoolique (48 heures, en général), et les injections de morphine le font disparaître. Dans d'autres cas, on observe seulement une vive irritabilité, un besoin incessant de mouvement, des gémissements, de l’insomnie. Les hallucinations de la vue sont très fréquentes.

Enfin, la privation brusque et absolue peut même avoir pour conséquence un état très grave de collapsus, parfois suivi de mort.

Le pronostic du morphinisme est grave, les malades étant presque toujours incapables de renoncer à leur habitude funeste.

Traitement . — Bentley, en 1878, a conseillé de remplacer la morphine par la cocaïne ; mais le résultat de ce procédé est le plus souvent défavorable, et l’on se trouve en présence d’une intoxication double (morphino-cocaïnisme). L’emploi duchloral présente le même inconvénient.

La suppression du poison peut être pratiquée de deux manières ; certains médecins ne craignent pas de priver brusquement le malade de son poison habituel, en le surveillant toutefois avec la plus grande attention pour parer sans retard aux accidents graves qui ne manquenl presque jamais de se produire. La suppression lente et graduelle présente beaucoup moins de dangers et nous parait préférable. Mais il ne faut pas oublier que la volonté défaillante du morphinomane a besoin d’être suppléée ; l’isolement dans une maison de santé est presque toujours nécessaire pour éviter les rechutes; il existe à l’étranger, en Allemagne et en Angleterre, des établissements spéciaux pour le traitement du morphinisme.

Les accidents de collapsus seront combattus par les révulsifs cutanés, la faradisation, les injections d’éther, de caféine, et surtout par l'administration de la morphine à dose modérée.

Le traitement du morphinisme chronique consiste, en résumé, essentiellement dans la suppression graduelle du poison l’isolement étant souvent nécessaire pour l’obtenir). L’hydrothérapie et les exercices physiques seront des adjuvants d’une incontestable utilité.

Cocaïnisme. — Au Congrès de Copenhague (1884), Obersteiner, recommandant l’emploi de la cocaïne, donnait déjà cet avertissement que cette substance peut déterminer de l’insomnie, de l’excitation sexuelle, et des hallucinations intenses des différents sens. Erlenmeyer (1) s’est efforcé de détourner les médecins de la pratique des

(1) Erlenmeyer, Journal l'Encéphale, 188G.

PATHOLOGIE SPÉCIALE

injections de cocaïne et il a décrit le premier les résultats de l'intoxication chronique, le cocaïnisme.

On peut distinguer doux formes de cocaïnisme, le type pur et le type bâtard, celui-ci correspond au morphino-cocaïnisme, et il est le plus fréquent.

On observe dans cette intoxication des troubles sensoriels multiples, des hallucinations de la vue, de l’ouïe, de la sensibilité cutanée, de l’affaiblissement psychique et des idées délirantes hypochondriaques et de persécution.

Les hallucinations de la vue consistent en images d’hommes, d’animaux, et surtout de points noirs, de taches brunes (scotomes) ; les malades s’imaginent voir des puces, des insectes qui rampent ou qui sautent autour d’eux ; surtout ils croient en voir à la surface de la peau, où ils éprouvent des sensations toutes spéciales de fourmillement, de grouillement; ils se plaignent d’être couverts d’insectes, de vers, etc.

La psychose hallucinatoire cocaïnique peut être confondue avec une psychose provoquée par l’abstinence de morphine ; mais le délire débute brusquement et provoque des réactions violentes et des actes impulsifs, et, d’autre part, dans le cocaïnisme seulement on rencontre ces hallucinations ayant pour origine des sensations cutanées.

Le traitement , comme dans le morphinisme, consiste dans la suppression brusque ou graduelle de la cocaïne. La seconde méthode nous parait devoir être préférée. L’anatomie pathologie révèle des lésions de la peau, des abcès cutanés, des dégénérescences graisseuses du cœur et des viscères ; la tuberculose est rencontrée fréquemment.

Chloralisme, étherisme. — D’autres substances toxiques sont encore absorbées avec excès et d’une façon continue ; c’est le cas de l’hydrate de chloral, de l’éther. Ces intoxications sont moins graves que les précédentes, et ne déterminent pas de psychoses bien caractérisées. Il semble beaucoup plus juste de dire que seuls des individus prédisposés par une hérédité pathologique ou par toute autre cause sont menacés de contracter facilement ces habitudes fâcheuses. Le chloralisme produit surtout de l’affaiblissement intellectuel; il est particulièrement à redouter chez les sujets atteints de lésions cardiaques, à cause de l’action dépressive exercée sur le cœur par le chloral.

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