‹ Traité des maladies nerveuses, ou vapeursChapitre 11 sur 37 · H Y ST ERIK. IO · texte numérisé non relu

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qui se perpétue faute de traitement, ou par une sorte d'habitude, dégénère à la longue en épilepsie. Cette assertion me paraît un peu hasardée , et surtout beaucoup trop générale ; je pense au contraire que les accidens, dépendant de la sensibilité organique de la matrice, s'affaiblissent ou se dissipent souvent faute d'aliment , c'est-à-dire par la cessation de la vie particulière à l'organe qui en était le foyer. Les exemples que nous avons rapportés pages 8 r et 83 en sont la preuve , et la saine physiologie nous semble devoir confirmer cette opinion , ainsi que les faits que nous avons rapportés à l'appui.

L'aphonie pourra compliquer cette névrose , quand surtout celle-ci aura été causée par la suppression des menstrues : cette complication est spécialement produite par les rapports sympathiques qui existent entre l'utérus et le larynx (1) ; mais si l'aphonie est incomplète, si elle

(1) Celle connexion nous est démontrée parles phénomènes qu'éprouve la voix lors de la puberté, par l'affaiblissement ef: la perte de cette faculté après l'accouchement. J'ai connu trois jeunes femmes qui avaient chacune un talent très-distingué comme cantatrices, et toutes les trois ont été fort: long - temps sans recouvrer pleinement l'étendue de sons qu'elles possédaient avant leurs couches. On peut encore remarquer que, passé quarante-cinq ans, il est fort rare de trouver chez une femme un beau talent pour le chant : nos tluâtres n'en offrent aucun exemple, tandis qu'on en toi*. plusieurs chez des acteurs de cinquante à soixante ans.

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dure depuis peu de temps, ou si elle provient de la même source d'où dérive l'hystérie, par exemple la suppression des règles, on doit la considérer plutôt comme un symptôme que comme une complication ; mais quand la perte de la voix est complète, quand son origine est étrangère à la cause d'où est émanée l'affection hystérique , elle forme alors une véritable complication, Horstius en cite un exemple.

La matrice étant le siège de l'hystérie , et celte affection sévissant avec une sorte de prédilection chez les femmes vers l'âge de retour, il est présumable que cette double disposition peut favoriser les altérations organiques de l'utérus , d'autant que celles-ci sont un des tristes attributs de cette période, qui, sous ce rapport, est bien justement nommée époque critique.

Rapportons maintenant l'exemple d'un désordre extraordinaire, qui peut-être n'a pas été un résultat de l'hystérie, mais dont la marche a été modifiée par cette névrose.

Une dame âgée de soixante-six ans, éprouva, vers sa quarante-sixième année, des symptômes hystériques, tantôt une boule qui se portait de l'hypogastre à la poitrine et au cou , tantôt un sentiment de strangulation et de constriction spasmodique vers le larynx ; d'autres fois il s'y joignait des mouvemens convulsifs avec syncope incomplète. Ces accidens subsistèrent très-

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long-temps ; par la suite ils s'affaiblirent , mais leur diminution fut le signal d'un autre ordre de phénomènes. Le ventre acquit un développement qui fit des progrès sensibles pendant plusieurs mois, et resta ensuite stationnaire ; au travers des parois abdominales on reconnut une tumeur dont la nature parut squirrheuse,et dont un des ovaires fut présumé être le siège. Des douleurs vives survinrent dans l'abdomen ; elles partaient de l'utérus qui devint , ainsi que tout l'appareil génital , le siège d'une irritation particulière et d'un écoulement muqueux très-abondant. Cette dame était quelquefois tourmentée par ses vapeurs hystériques ; plus souvent elle était en proie à des douleurs insupportables dans l'abdomen, et surtout vers l'utérus et dans le vagin. Par l'effet des progrès de la maladie , et peut-être aussi par suite des convulsions hystériques, la tumeur du bas-ventre parvint à séparer les muscles droits, à ce point qu'où pouvait la cerner et l'isoler en la saisissant avec le bord cubital de l'une et l'autre main , ali travers des tégumens, où elle faisait hernie. Cette <Jame succomba après de longues souffrances.

L'ouverture nous offrit une tumeur grosse comme la tête d'un fœtus à terme, qui était isolée, mais qui tenait à l'ovaire gauche par un pédicule d'une a deux lignes d épaisseur, et long de sept à huit pouces. Le kyste ouvert y on

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vit une matière huileuse , entremêlée d'adipocire, et en dernière analyse, une petite portion osseuse, analogue au germe d'une dent; et des cheveux bien distincts, dont la quantité fut évaluée à deux onces : c'était le résultat d'une grossesse, ou plutôt d'une conception extra utérine.

Les complications accidentelles sont encore plus fréquentes, mais n'ont point un rapport aussi direct avec l'affection hystérique. On trouve dans la plupart des recueils d'observations, et particulièrement dans Hoffmann, des exemples nombreux de ces complications accidentelles.

Nous bornerons nos citations, en ce genre, aux deux suivantes :

Une femme de quarante ans , sujette à des accès d'hystérie , était du reste bien portante. A la suite d'un effort, le bas-ventre devint dur et tendu; elle éprouvait des douleurs et une angoisse inexprimable vers la région précordiale, des palpitations du cœur violentes et continuelles ; le cœur et les deux carotides offraient i5o pulsations dans une seule minute, et, dans le même laps de temps, on ne sentait que 70 pulsations à l'artère radiale. Au bout de quatorze jours, i'ascile survint , l'angoisse et les palpitations cessèrent, mais la mort arriva peu de temps après. (Reid, p. 204.) On peut soupçonner ici une hystérie qui a été compliquée et même terminée par une affection organique du cœur ou des gros vaisseaux,

Le docteur Jacqucmiti (Journ. gêner, de M éd. t. XXX, p. 2G1) a recueilli le fait très-singulier (1 une jeune demoiselle sujette à des convulsions hystériques , qui a eu trois ou quatre fois une éruption de vésicules sur lavant-bras et la poitrine, de la grosseur d'une châtaigne; lesquelles ont formé, en s'ouvrant spontanément, une plaie semblable à celle des vésicatoires. Il paraît, ajoute l'auteur, que ce pemphigus était héréditaire.

Nous pourrions multiplier de semblables citations; mais les faits précédens feront suffisamment sentir la différence que nous avons établie entre les diverses complications de cette névrose. Nous allons maintenant indiquer la route qui nous paraît la plus propre à guider le praticien dans ses recherches pour parvenir à la connaissance de cette maladie, quand elle existe à l'état de simplicité; dans d'autres cas, pour la distinguer au milieu de ses complications; enfin, pour reconnaître une autre névrose simulant l'hystérie, et pouvant, par suite de cette similitude 5 donner lieu à des erreurs très-fâcheuses.

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