CHAPITRE VIII
Diagnostic de l'Hystérie.
Il importe d'autant plus de bien étabHr le diagnostic de cette maladie, qu'on admet, en général , beaucoup trop facilement l'existence
des affections hystériques, et surtout de leurs complications. Une femme éprouve- 1- elle un léger sentiment de boule hystérique ou un resserrement passager vers le larynx, souvent même un simple accident nerveux , dépendant de toute autre maladie , on proclame de suite qu'il existe une hystérie; mais entre l'influence qu'exerce la matrice sur l'économie et l'altération des propriétés vitales ou du système nerveux de cet organe, la distance est grande. Je le répète, pour qu'on puisse reconnaître la présence d'une affection ou dune complication hystériques, il faut que les symptômes de celles-ci soient évidens , plus ou moins permanens, et suffisamment prononcés, par la même raison qu'on ne regardera ni comme un catarrhe pulmonaire, ni comme une pleurésie , la toux accidentelle , rare ou momentanée qui survient chez une personne bien portante d'ailleurs, ou atteinte d'une autre affection. Il est encore un autre genre de méprises pour les observateurs superficiels.
Une femme, en proie à une affection grave, se plaint-elle de symptômes nerveux analogues ou identiques à ceux de l'hystérie, on en conclut quelquefois qu'elle est simplement hystérique , et on néglige de reconnaître et par conséquent de combattre l'affection véritable ou la maladie la plus importante , lorsqu'il y a complication.
D'autres fois , l'erreur a pris source dans une
HYSTKRIE. Il3
.nuire cause : on sait qu'un amour contrarie détermine; fréquemment l'hystérie, et l'on a considère, dans quelques cas, comme une affection hystérique, une maladie différente, parce qu'elle provenait dune inclination malheureuse : telle nous paraît avoir été la méprise qui a été commise dans le cas ci-contre. L'auteur l'intitule : Hystérie prise pour une phthisie (x). Je n'affirme point positivement qu'il ait existé une phthisie pulmonaire chez cette malade ; mais je me permettrai, contradictoirement avec l'auteur, de ne point reconnaître une névrose utérine dans l'ensemble des accidens qu'a éprouvés la. jeune personne dont il est mention. Il se fonde sans doute, pour désigner ainsi la maladie, sur la cause qui l'a occasionnée ; mais les maladies produites par un amour contrarié ne sont pas toutes identiques , et ne constituent pas toujours l'hystérie ; l'identité de causes n'amène pas toujours les mêmes résultats, de même que l'identité des résultats ne prouve pas toujours la similitude des causes. Je passe maintenant à l'exposition du fait, sur lequel je reviendrai.
«Une demoiselle âgée de vingt -neuf ans, » d'une constitution assez bonne , mais un peu » nerveuse , fut atteinte d'un amour quelle
(1) Observation extraite d'un Journal de Médecine. Paris fi 18 u«
Ïl4 MALADIES NERVEUSES.
» n'osait déclarer , et qui la jeta dans la consomption. Des médecins la crurent phthisique, «parce quelle avait la poitrine étroite, le dos » voûté, de la toux, du dégoût, les pommettes » rouges, etc. Le traitement de la phthisie étant » infructueux , on crut que la maladie était ré- » duite à une simple affection nerveuse , et les » eaux minérales furent prescrites »; (l'auteur ne dit pas quelles eaux minérales) « mais la malade » y éprouva des symptômes prolongés, et voulut » retourner dans sa patrie. Elle était alors d'une » faiblesse extrême ; son esprit s'aliéna en quelque » sorte, et offrit parfois les caractères du som- » nambulisme ; elle conversait par demandes et y> réponses sur les objets qui la frappaient le plus, > et répondait néanmoins assez juste aux ques- » tions qu'on lui faisait. Cette altération de l'en- » tendement revenait par accès irréguliers; l'on «observa que la malade, qui était taciturne, ï\ triste, silencieuse durant les intervalles, deve- » nait véridique, même à son détriment, gaie, » babillarde, prête à faire un voyage, une partie » de plaisir, à danser, quoique cela lui fût im- » possible ». C'est dans ces accès que M. D**, qui commençait alors à traiter la malade, parvint à démêler la cause de tout ce désordre. Il ordonna beaucoup de distractions agréables, l'eau martiale pour boisson , le jus ou la gelée de bonnes •viandes , et deux à trois cuillerées , par jour ,
HYSTKRïE. 1)5
de teinture d'ellébore dans une tasse d'infusion d'armoise. Après avoir prescrit l'usage de cet emménagogue pendant trois jours de suite , il l'interrompit durant une semaine, et le fit reprendre ensuite. A cette dernière époque, les règles reparurent dès la seconde cuillerée. Le remède fut supprimé; l'appétit, les forces, l'embonpoint se rétablirent, et, un mois après, mademoiselle ** avait enfin recouvré pleinement sa santé.
Je le répète, rien ne me semble justifier le titre d'affection hystérique donné par l'auteur à cette observation, et j'y reconnaîtrais bien plutôt, et d'après son propre récit, une disposition à la phthisie pulmonaire. Je ne vois même aucun des symptômes, non-seulement pathognomoniques, mais même ordinaires de cette névrose; l'état de consomption, la poitrine étroite, le dos voûté, les quintes de toux, la rougeur des pommettes, appartiennent aux lésions des organes pulmonaires , et sont étrangers à l'hystérie. Plus bas l'historien ajoute : « Son esprit s aliéna en quelque » sorte, et offrit parfois les caractères du som- » nambulisme ». Cette aliénation, cette altération de l'entendement et des facultés morales , caractérisent la manie. Quant aux accès de somnambulisme, je suis porté a croire que c'est tout simplement l'agitation que l'on rencontre chex la plupart des maniaques pendant la nuit.
H si
Il6 MALADIES NERVEUSES.
En résumé, et sauf erreur de ma part aussi, je considère cette maladie comme une disposition à la phthisie (par suite d'un amour contrarié), à laquelle la manie s'est associée : lune et l'autre affection ont été guéries par le traitement trèsrationnel que M. D** a mis en usage.
Mais poursuivons le diagnostic de l'hystérie; sur lequel nous ne présenterons qu'un petit nombre de considérations, afin d'éviter des répétitions inutiles; d'autant que l'histoire de cette maladie, telle que nous l'avons tracée jusqu'ici, peut suffire pour éclairer le médecin quand il aura à prononcer sur l'existence d'une affection hystérique : il devra surtout prendre en considération l'âge de la malade, la cause qui a donné naissance aux accidens, la nature des symptômes idiopathiques, le globe et le clou hystériques, la syncope, qui arrive le plus souvent sans perte absolue de mémoire, le sentiment de strangulation , les mouvemens convulsifs avec accès irréguliers ; enfin, l'absence des phénomènes propres aux autres affections qui s'en rapprochent. En effet , Ce n'est point sur un seul symptôme isolé que doit reposer le diagnostic des maladies : leurs caractères se déduisent des causes spéciales ou propres à chaque affection, de la marche et de l'ensemble de leurs phénomènes, de leurs complications, de leurs terminaisons, du résultat des moyens curatifs. etc.
Quoique l'hystérie soit facile à distinguer de toute autre affection, on Ta cependant trèssouvent méconnue. C'est ainsi qu'on l'a fréquemment confondue avec l'epilepsie. Pour faire éviter dorénavant de pareilles erreurs, nous allons établir les différences qui existent entre ces maladies analogues (1).
(1) Il importe à l'humanité, au bonheur des familles et à l'ordre public , que ces maladies soient bien distinguées l'une de l'autre. Combien de fois n'a-t-on pas fait enfermer, dans des maisons destinées aux épileptiques , de jeunes personnes affectées d'hystérie ! Quel spectacle pour ces jeunes malades, que celui d'une compagne en proie à une attaque d'épilepsie ï et quel chagrin devait leur faire éprouver l'idée d'être réduites au même sort, destinées à la même condition , à devenir à leur tour un spectacle de douleur et d'horrible commisération ! Dans un recensement que fit le docteur Pînel parmi les personnes du sexe détenues à l'hospice de la Salpêlrière comme épileptiques , ce médecin reconnut un très - grand nombre de jeunes filles et de femmes qui n'étaient qu'hystériques. On sentira combien cette distinction est importante , si Ton réfléchit que beaucoup de jeunes personnes ont été et sont encore , par suite de cette méprise , repoussêes de la société dont elles feraient l'ornement , repoussées par leurs parens dont elles seraient le bonheur ou l'orgueil , mais dont le cœur se brise et se dessèche à l'idée d'une maladie. .... qui n'existe pas.
Il3 MALADIES NERVEUSES.
PREMIÈRE SECTION
Différences de VHystèrie et de VÉpilepsie,
Les circonstances qui amènent le développement de l'une et l'autre de ces affections varient singulièrement. Les causes les plus fréquentes de l'hystérie sont la privation des plaisirs de l'amour, les chagrins relatifs à cette passion , et les dérangemens de la menstruation. L'épilepsie, au contraire , est le plus souvent déterminée par la frayeur. Sur dix femmes ou filles hystériques , neuf le sont par continence ; sur dix épileptiques, on en trouvera six, sept, et quelquefois huit qui le sont devenues à la suite d'une peur subite (i). Ira atque terror inter causas epilepsiœ haud ultimum sibi vindicant locu?n(2). Hoffm.
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(î) Cette dernière assertion paraîtra peut-être hasardée ; elle est cependant la conséquence d'une observation attentive et multipliée. Tout récemment encore j'ai soigné une jeune épileptique âgée de douze ans; je demandai si l'enfant n'avait point éprouvé de frayeur, on me répondit négativement ; mais de nouvelles informations m'apprirent, au bout de quelques jours , qu'on avait fait une peur violente à cette jeune fille : un vésicatoire sur l'endroit d'où partait ïaura epileptica l'a parfaitement guérie.
(2) D'après cette assertion & Hoffmann, on serait porté à croire que la colère est une des causes les plus fréquentes de l'épilepsie ; cependant elle n'a contribué au développement d'aucune des histoires particulières qu'il rapporte ; et parmi
HYSTÉRIE. Uf)
Sur six observations de mal caduc rapportées par Hoffmann , et dont il indique les causes, quatre, suivant son rapport, ont été le résultat d'un effroi subit. La peur, dit Tissot (i), est sans contredit la cause qui produit le plus souvent l'épilepsie, et celle qui la renouvelle le plus ordinairement. Sur soixante observations , dont les causes sont exposées dans l'ouvrage du docteur Maisonneuve , quarante ont été occasionnées par la frayeur. Mon honorable ami, le docteur Esquirol , cite vingt faits pareils , dont huit proviennent d'épouvante (2). Cette névrose succède quelquefois aux aliénations mentales, et spécialement à la manie : l'hystérie, au contraire, n'est presque jamais la conséquence de la folie. Les approches de la puberté et l'âge critique forment l'époque du plus grand nombre des affections hystériques ; tous les âges de la vie sont accessibles aux invasions de l'épilepsie : toutefois l'enfance, plus susceptible des impressions de terreur, en est plus souvent atteinte; d'où vient sans doute que des auteurs l'ont appelée
un assez grand nombre d'épilepsies que j'ai observées, je n'en ai pas trouvé un seul exemple qui fût déterminé par celte affection morale. Enfin M. Maisonneuve, dans son intéressant et volumineux recueil, ne la mentionne que deux ou trois fois.
(1) Traité de l'Epilepsie, p. 45.
(2) Art. Épilepsie, Dieu des Scienc. médic
morbus infantilis ac puerilis. Quelquefois on apporte cette dernière maladie en naissant, ou elle est transmise par les parens ; tandis que l'hystérie ne paraît, en général, que long-temps après la naissance , et ne se développe ordinairement qu'aux approches de l'âge pubère, pendant tout le cours de la vie sexuelle et jusqu'à l'époque critique. 11 est rare de voir des accidens hystériques au-delà de cette période (qui est à la vérité plus ou moins différée, suivant le tempérament des individus, leurs habitudes, ou la température du climat) ; au-delà de ce terme , les fonctions et les sympathies de l'utérus s'affaiblissent sensiblement. Chambon dit cependant avoir observé des symptômes d'hystérie chez une de ses parentes, âgée de quatre-vingt-quatre ans; mais alors les accidens doivent être peu prononcés. Cette affection est exclusive à la femme : l'épi— ïepsie , au contraire, est commune à l'un et l'autre sexe. L'abus des plaisirs de l'amour, et surtout l'onanisme, feront naître ou aggraveront les attaques du haut-mal , tandis que les accidens de l'hystérie dérivent rarement de cette source. Le premier dépend, dans quelques cas, de l'imitation ou de l'empire de l'exemple; mais l'autre affection en provient plus rarement. Cette influence sympathique peut produire l'épilepsie dans tous les âges; elle est surtout favorisée par la frayeur; ce qui explique pourquoi l'une de ces
maladies est plus que l'autre susceptible de cette» sorte de contagion, et plus ordinaire aux enfans et aux personnes du sexe.
On observe, en général, entre l'époque des règles et l'invasion des accès hystériques , une coïncidence très-sensible; tandis que les retours de la menstruation n'influent que très-peu sur les attaques d Vpilepsie ; cependant celles-ci coïncident chez quelques femmes avec l'époque de l'écoulement menstruel, quand surtout il est irrégulier.
Les changemens rapides de température et les fortes détonnations électriques provoquent bien plus souvent les accès épileptiques que ceux d'hystérie. Les premiers sont plus sous l'influence des révolutions lunaires , et surtout de la nouvelle et de la pleine lune. Toutes les fois que les accidens hystériques ne sont point entretenus par une cause permanente ou trèsénergique , ils disparaissent pendant plus ou moins de temps, et ne se reproduisent ordinairement qu'alors qu'une cause particulière vient les renouveler. Souvent , au contraire, l'épilepsie reparaît spontanément, et sans qu'aucun accident la provoque. L'ivresse rappelle parfois l'attaque du mal caduc, mais n'a pas la même efficacité pour la production des accès hystériques : ceux-ci sont ordinairement augmentés par l'inspiration de l'acide acétique, de l'ammoniaque,
de l'éther, etc., qui paraissent prévenir l'invasion ou diminuer la violence des crises épileptiques. J'ai vu cependant un exemple contraire chez une dame hystérique : dès l'instant quelle sentait de la constriction vers la gorge, desdemibâillemens, symptômes qui chez elle étaient communément les avant-coureurs d'un violent accès, si elle respirait de l'éther, elle voyait disparaître de suite ces symptômes, et faisait avorter le paroxysme : quand elle ne pouvait se procurer assez promptement cette liqueur, l'accès se développait avec la plus grande intensité, et se terminait toujours par une évacuation utérine considérable.
Les affections de l'âme tristes et pénibles aggravent les accidens de l'une et l'autre maladie ; mais la moindre contrariété relative à l'inclination de la jeune hystérique suffit pour en renouveler les atteintes. L'habitude des travaux du cabinet est très-défavorable aux épileptiques : si cette habitude se rencontrait, chez une personne hystérique , elle n'aurait presque aucune influence fâcheuse sur cette dernière névrose ; elle serait au contraire, comme moyen de diversion , plus propre à en affaiblir l'intensité ou à en éloigner les retours qu'à les aggraver ou à les renouveler.
Dans l'épilepsie, les maux de tète sont habituels ; ils n'existent qu'accidentellement dans
l'autre maladie. La première se rapproche plus des affections convulsives; la seconde se rattache davantage aux vésanies par ses causes , sa nature et ses diverses terminaisons, comme semble le prouver la tendance qu'ont eue les auteurs, et surtout Sydenhaniy à identifier l'hystérie et l'hypocondrie.
Les accès épileptiques sont en général beaucoup moins longs que les paroxysmes hystériques, qui se prolongent parfois pendant toute une journée, et même au-delà. Les premiers, dans le principe, sont rarement très-rapprochés; ils le deviennent quand la maladie est fort ancienne, et plus ou moins disposée à se terminer par la mort.
Mais aussi l'affection hystérique n'a point de retours fixes , constans ; et l'on observe, au contraire , presque toujours une sorte de périodicité dans les attaques du haut-mal. Un accès d'hystérie peut être unique ou suivi d'un petit nombre d'autres paroxysmes ; dans l'épilepsie, les attaques se succèdent ordinairement avec une intensité croissante, et ne sont annoncées ordinairement par aucun phénomène précurseur; souvent les personnes sujettes à l'hystérie sont averties de l'orage qui les menace par un malaise général, de la constriction vers la gorge, des demi-bâille * mens, ou quelques autres accidens , qui sont pour elles un indice certain. Ceux-ci se déclarent
le jour, ou du moins ne les voit-on presque jamais survenir pendant le sommeil; eeux-là se manifestent souvent la nuit, au milieu du sommeil le plus profond, et s'élèvent ordinairement de l'extérieur du tronc ou de l'extrémité d'un membre; les premiers semblent toujours partir de la région occupée par la matrice.
Quand l'épilepsie commence, ou n'a encore acquis que peu d'intensité, souvent on ne remarque qu'une sorte de distraction, un air de préoccupation, avec léger mouvement convulsif qui ne dure que deux ou trois minutes au plus. Un médecin était dans l'état que je viens d'indiquer, et lespersonnes qui vivaient habituellement avec lui s'en apercevaient à peine; mais depuis son mariage les symptômes ont singulièrement augmenté. La disposition, même la plus légère aux névroses utérines, présente d'autres signes.
Dans le mal caduc, la chute soudaine et brusque de la personne (comme dans la syncope complète ) , et la perte plus ou moins absolue de connaissance, précèdent l'accès, c'est-à-dire, l'ensemble des phénomènes convulsifs; tandis que, dans l'hystérie, les contractions spasmodiques , et parfois même les mouvemens convulsifs signalent la perte, ordinairement incomplète , de connaissance, et la chute du corps , qui n'arrive que dans les cas les plus graves. Chez les epileptiques, l'écume à la bouche est bien plus ordi-
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naire et plus abondante, leurs mouveraens convulsifs sont plus constana et plus universels, cependant plus forts quelquefois d'un côté ou dans les membres thoracbiques, les convulsions des muscles de la face sont plus violentes, et la rendent hideuse; le tronc et les membres se roidissent; les bras sont portés dans la pronation ou une extension continuelle; c'est une sorte de roideur et de tremblement tétaniques qui diffèrent encore de l'agitation convulsive propre aux hystériques ; chez ces malades, les membres sont tour à tour portés dans la flexion et l'extension , plus rarement dans la pronation et la supination ; ils sont agités tous à la fois ou successivement.
On a donné comme caractère distinctif et constant la perte absolue de la mémoire et du sentiment chez les épileptiques, tandis que la femme hystérique conserve presque toujours un souvenir plus ou moins exact de la crise qu'elle a éprouvée; toutefois la perte de la mémoire, dans le premier cas, n'est pas toujours absolue, car dernièrement encore j'ai vu, à assez peu d'intervalle, deux hommes tomber dans les convulsions du mal caduc; au milieu des contractions les plus violentes, de la perte de connaissance et de l'insensibilité la plus complète, du moins en apparence, ils indiquaient manifestement, et tous les spectateurs le reconnurent, la poche de leur
lue MALADIES NERVEUSES.
habit dans laquelle était un flacon d'éther. Il me paraît hors de doute que la mémoire subsistait au moins partiellement chez ces individus, dont le paroxysme présenta tous les phénomènes de l'épilepsie. Le flacon qu'ils portaient sur eux prouve que cette affection était sujette à des retours.
Une femme veuve éprouve des accès épileptiques dont elle attribue l'origine à une frayeur vive : ces accès, dont la date est antérieure à son mariage , n'ont pas été diminués par ce changement d'état, ce qui contribue à éloigner l'idée d'une affection hystérique. Autrefois ils s'annonçaient brusquement par une syncope des plus prononcées, par la chute du corps, et s'accompagnaient de mouvemens convulsifs et d'écume à la bouche. Depuis que cette malade a été soumise à mes soins , les attaques sont beaucoup moins fortes , la malade ne tombe plus à terre ; elle a îe temps de s'asseoir, et se rappelle en grande partie les accidens qu'elle vient d éprouver. Ainsi voilà une épilepsie qui a été d'abord avec perte absolue de connaissance, et qui maintenant n'offre plus ce phénomène. Joignons ici un dernier exemple. Une pauvre femme est prise d'une attaque d'épilepsie dans la rue ; elle tenait sur son bras gauche, qui était serré contre sa poitrine, un jeune enfant; avec le bras droit elle frappait le pavé : tout son corps était en convulsion. On
crut devoir , par prudence , lui ôter son enfant; mais pendant toute la durée de l'accès , cette infortunée, par ses regards,, ses cris, et même ses gestes, semblait le réclamer : la mémoire existait donc chez elle.
On peut cependant assurer que la perte de la mémoire et du sentiment est bien plus entière et bien plus ordinaire dans l'épilepsie : en effet, toutes les fois qu'une attaque est complète, le malade est plus ou moins insensible aux irritans les plus forts, et ne conserve le plus souvent aucun souvenir de son accès; dans l'hystérie, la perte de connaissance peut exister, mais la femme est sensible aux divers stimulans, et surtout garde la mémoire des événemens qui lui sont survenus. Ce caractère distinctif , apprécié à sa juste valeur, est un fanal qui concourt à éclairer le diagnostic du médecin*
La physionomie est autrement altérée dans l'un et l'autre cas; dans l'épilepsie, elle est plus ou moins rouge ; à la fin de l'accès, elle est sombre^, affaissée, et annonce une sorte de stupeur; les yeux sont renversés; dans l'autre affection, la physionomie est en général moins rouge , moins bouleversée, et revient plus tôt à son état naturel ; les yeux sont animés , égarés, sou vent recou* verts par les paupières. Le pouls des épileptiques est ordinairement plus fort, plus développé; ceux-ci respirent manifestement : chez les fenir
mes hystériques la respiration paraît suspendue. Dans le haut -mal seul, en général, on remarque la contraction comme tétanique du pouce dans l'intérieur de la main ; l'hystérique éprouve presque toujours une constriction très- forte avec gonflement vers la gorge, et des douleurs de poitrine et d'estomac, dont elle désigne le siège en portant les mains sur ces parties. Les épileptiques restent ordinairement dans le même cercle; ils n'exercent qu'une locomotion trèspeu étendue. On voit des femmes hystériques tomber, se relever ou changer de place plusieurs fois de suite; elles perdent et recouvrent successivement le libre exercice de leur entendement. Dans ce dernier genre d'affection, il y a des rémissions qui durent quelques instans ou des heures entières, et d'autres qui se prolongent pendant plusieurs jours ; de sorte qu'on peut considérer les accidens ou comme une suite d'accès, ou comme un paroxysme très-violent, interrompu par des rémissions d'une longueur indéterminée. Rarement, pour ne pas dire jamais, l'attaque d'épilepsie offre-t-elle des intermissions aussi prononcées : celle-ci est en général plus courte et plus violente que le paroxysme hystérique. A la fin des accès, les femmes ont l'air de se réveiller; elles éprouvent des borborygmes et des écoulemens vagino- utérins étrangers à l'épilepsie. Les envies fréquentes d'uriner, lin-
continence d'urine pendant l'accès, l'issue d'une urine limpide, et les évacuations utero- vaginales, leur sont du moins plus familières.
Plus on examine les causes, la nature, les symptômes, etc., de ces deux maladies, mieux on apprécie leurs différences. Tout annonce dans l'hystérie une affection essentielle de l'utérus, à laquelle le cerveau participe quelquefois , mais d'une manière peu intense et momentanée; tandis que l'observation la plus attentive nous démontre au contraire, dans l'épilepsie, une lésion constante et plus ou moins profonde de l'organe cérébral, sans aucune participation de l'utérus; lésion presque toujours idiopathique, quelquefois cependant sympathique, du moins dans le principe de la maladie. Les attaques dépilepsie exercent sur les facultés de l'entendement une influence consécutive très-marquée : l'altération ou plutôt l'abolition des facultés intellectuelles, la perte de la mémoire et même l'idiotisme en sont souvent la suite; les traits grossissent, les yeux restent hagards, et la physionomie hébétée (i). Les paralysies, la cécité, les affections comateuses, les hydropisies mortelles, sont fré-
(i) Ceci nous donne raison du grand nombre de figure* laides qu'on rencontre parmi ces malades ; tandis que, parmi les hystériques , on compte beaucoup de femmes d'une physionomie agréable et jolie, d'un caractère sensible, aimant et aimable.
l3o MALADIES NERVEUSES.
quemment déterminées par l'épilepsie, et longtemps avant le terme ordinaire de la vie humaine, L'hystérie conduit quelquefois à la phthisie, à l'hypocondrie, à la manie erotique ou à la nymphomanie (1).
Lorsque les personnes sujettes à l'affection épileptique succombent après des attaques violentes et rapprochées, on trouve le plus souvent des lésions ou des traces d'un désordre tiès-sensible dans l'organe cérébral. C'est ainsi que le docteur ffébréard, dans son excellent mémoire sur la Gangrène , couronné par la Société de Médecine de Paris, rapporte avoir souvent observé après la mort, sur des épileptiques , des portions de cerveau noires et gangreneuses ; il ajoute que l'état des parties voisines semblait démontrer que cette desorganisation était ancienne (2). On peut
(1) On trouve un exemple de cette dernière conversion dans les Èphémérides des Curieux de la Nature ( Dec. m , ann. 1, obs. 12) ; il est intitulé Épilepsie ; mais pour nous c'est une hystérie. Epilepsia diuturna virginis , post congressum cum viro sublata , sed eo denegato, posteà in fur or e m uterinum mutata. Il s'agit ici d'une demoiselle qui depuis dix ans passait pour épileptique ; elle fut guérie de ses accès par le conseil d'un empirique, qui lui garantit que l'union des sexes était le remède souverain de cette affection ; mais séparée par la suite de son amant , elle devint sujette à la fureur utérine ou nymphomanie.
(2) Peut-être pourrait-on révoquer en doute cette dispo-
HYSTfcftIE. I?)!
consulter sur cet objet Morgagni, Mekel, Bonic/iius, Tissot, Esquirol, etc.
jNous verrous au contraire, dans la suite de ce travail, que chez les hystériques le cerveau reste constamment intact , quand leur maladie est exempte de complications, et que le désordre, lorsqu on en rencontre, existe presque toujours dan» l'utérus ou dans les ovaires.
Lépilepsie se complique avec les aliénations mentales, et surtout avec la manie et l'idiotisme. Le plus souvent cette complication est mortelle, ou au moins incurable; l'hystérie compliquée de manie est rare, et cette complication, quoique grave, n'est pas ordinairement rebelle aux efforts de l'art : en général, les complications de l'épilepsie sont bien plus dangereuses que celles de l'hystérie. Dans les cas de complication de l'hystérie et de l'épilepsie, la distinction des phénomènes propres à chacune des deux maladies n'est pas aussi facile à établir, et c'est peut-être cette difficulté qui a contribué en partie à les faire méconnaître ou confondre, soit que leurs accès se succèdent, soit qu'ils se manifestent simultanément.
Un caractère distinctif très-marqué se tire encore de la différence de leur pronostic. Souvent
sition gangreneuse du cerveau, et n'y voir qu'une altération profonde du tissu cérébral. ; , -
l32 MALADIES NERVEUSES.'
l'épilepsie est incurable, et tôt ou tard elle con* duit à la mort; tandis que l'hystérie est trèsaccessible aux secours de Fart bien dirigés, à l'empire de la médecine morale ou des moyens de diversion, et se guérit presque toujours dès que le vœu de la nature est rempli; de plus elle s'affaiblit avec l'âge : Maxime cetatis mutations certissimè debellatur. Bagl. Le contraire s'observe presque constamment dans la névrose épileptique. On concevra facilement ce qui rend l'une de ces maladies beaucoup plus grave que l'autre, si Ton se rappelle que, dans la première, c'est le cerveau altéré dans sa texture qui réagit en quelque sorte sur toute l'économie ; tandis que dans l'hystérie, au contraire, l'utérus n'est lésé que dans sa sensibilité organique , et c'est de cet organe que dérive très -probablement et communément l'irritation de tout le système nerveux.
L'union des sexes est souvent le remède spécifique des affections hystériques, de toutes celles qui reconnaissent pour causes un amour contrarié, une continence volontaire ou forcée, et qui sont dans la proportion de sept ou huit sur (lix : de plus, l'exercice, les voyages, le séjour à la campagne, les moyens de diversion préviennent ou contribuent fréquemment à dissiper les vapeurs hystériques. Quelquefois les plaisirs de l'amour physique n'augmentent ni ne dimi-
HYSTÉRIE. l3î
Huent les accès ëpileptîques; dans d'autres cas, ils les modifient en bien, mais le plus souvent ils les aggravent d'une manière sensible, ce qui tient aux diverses circonstances et à la nature de» causes efficientes. L'abstinence des liqueurs est bien plus importante dans cette affection que dans l'autre. Les antispasmodiques, tels que la valériane, et surtout son extrait, la pivoine, l'huile animale de Dippel, l'huile de térébenthine, l'opium , l'oxide de zinc, la cautérisation , et les autres moyens qui quelquefois affaiblissent et même dissipent les attaques d'épilepsie, n'ont pas une égale influence sur les accidens de l'hystérie ; celle-ci cède souvent aux emménagogues et aux moyens propres à rappeler le cours des règles , quand leur dérangement a produit la maladie ; celle-là est plus rarement guérie par l'éruption ou les retours du flux menstruel. Quand Y aura epileptica s'élève de l'extrémité d'un membre, en comprimant ou en attirant avec force la partie ou le point de départ au moment de' l'accès, on le fait en quelque sorte reculer; du moins est-il vrai qu'on peut souvent le retarder, ou même le diminuer : de semblables tentatives seraient inutiles et déplacées contre les paroxysmes de la névrose utérine.
Éloignez les hystériques des réunions où elles peuvent rencontrer des hommes ou celui dont elles sont éprises; interdisez-leur la lecture des
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livres erotiques et la vue de tous les objets qui exaltent l'imagination et les sens; faites- leur entendre le langage de la raison ; enfin dirigez leur esprit vers les idées religieuses et les principes d'une saine morale, et vous obtiendrez la diminution, ou peut-être la guérison des aceidens : en tenant la même conduite envers les personnes atteintes depilepsie, vous n en retirerez, dans tous les cas, aucun avantage. Le traitement moral peut donc revendiquer de nombreux succès dans l'hystérie; il est sans but et sans application dans les affections épileptiques.
Les caractères de ces deux maladies, tels que nous les avons établis, ne peuvent se rencontrer que dans l'hystérie et l'épi lepsie très-intenses ; mais, pour les bien distinguer , il nous a fallu prendre ces deux affections parvenues à leur plus liaut degré, et non leurs nuances les .moins prononcées, et comparer un grand nombre d histoire^ particulières , afin d'en bien saisir les caractères généraux , les vrais phénomènes dis— tinctifs. ï
HYSTÉRIE. î3.>
DEUXIÈME SECTION
Différences établies entre V Hystérie , VÉpilepsie les Convulsions , etc.
Les convulsions diffèrent également de l'hystérie et de l'épilepsie par leurs causes, leurs phénomènes, leurs terminaisons et les moyens curatifs qu'on y oppose et qui les modifient. Nous voyons en effet que les convulsions reconnaissent des causes différentes et très-multipliées; les plus fréquentes et les plus spéciales sont les efforts de la dentition , les dispositions vermineuses, le travail de l'accouchement, la piqûre d'un nerf, l'impression du froid, l'éruption difficile des maladies, comme la variole, la rougeole, etc. Ces causes sont presque étrangères à la production des deux autres névroses : les convulsions, très-communes, ainsi que l'épilepsie, à l'un et à l'autre sexe, se manifestent, par prédilection, chez les enfans, quelquefois dans la jeunesse, très-rarement dans l'âge adulte; elles se bornent le plus souvent à un petit nombre d'accès plus ou moins prononcés. L'hystérie offre des retours plus ou moins fréquens ; ceux de l'épilepsie sont , en général , plus nombreux , plus réguliers, et se rapprochent avec l'âge.
Qui ne sait que l'épilepsie offre communément, chez un grand nombre de malades, une intensité à peu près égale. Les convulsions , qui sont par-
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fois précédées de symptômes avant-coureurs, et les accès hystériques sont tantôt plus , tantôt moins prononcés. L'attaque du haut-mal ne se prolonge, dans le plus grand nombre de cas, que pendant dix, vingt et trente minutes; la durée des accès convulsifs et celle des accès hystériques sont indéterminées, mais elles persévèrent en général plus long-temps. On voit les premiers céder, suivant les circonstances, à la section complète d'un nerf, à l'enlèvement d'une pièce d'os, dune esquille, etc.; aux bains tièdes, aux antispasmodiques, aux vermifuges, à l'application des sangsues chez les enfans , à la saignée chez les femmes pendant le travail , etc. ; souvent ils se terminent par la sortie de quelques vers, par la pousse de quelques dents, par l'invasion des maladies éruptives, quelquefois par une parotide critique, comme j'en ai vu dernièrement un exemple chez un jeune enfant; plus souvent par des évacuations abdominales copieuses, par des hémorrhagies ou des éruptions critiques. Un premier accès de convulsions est souvent mortel; l'hystérie ne se termine presque jamais d'une manière funeste; daus l'épilepsie, au contraire, le malade succombe fréquemment, mais au bout de plusieurs années, et après des attaques fort multipliées. Si nous examinons le siège des altérations organiques que l'autopsie met en évidence chez les personnes qui ont péri
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par suite de ces maladies, nous Verrons qu'il diffère également. A la suite des convulsions il varie singulièrement, et beaucoup plus que dans les autres maladies, en raison des causes qui sont plus nombreuses. Tantôt on trouve les intestins corrodés et perforés par des vers; tantôt les gencives sont soulevées, gonflées et phlogosées; d'autres fois on rencontre un engorgement sanguin vers le cerveau, un épanchement dans une cavité , ou un corps étranger engagé dans quelque partie, etc. etc. Du parallèle de leurs terminaisons on peut conclure que le prognostic de l'hystérie est constamment favorable, sauf quelques exceptions extrêmement rares; que celui des convulsions est presque toujours incertain, et que dans l'épilepsie le médecin doit en général porter un jugement très- fâcheux. Enfin nous dirons que le traitement de l'hystérie et des convulsions est subordonné à la cause qui leur a donné naissance; tandis que celui de l'épilepsie est plutôt relatif à la nature même de la maladie, et communément étranger à la cause qui l'a produite.
D'après cet exposé, nous ne croyons pas devoir, à l'exemple d'un savant accoucheur (1), appeler épilepsie hystérique les convulsions qui se manifestent pendant le travail de l'enfantement, quoique les muscles de la vie nutritive et de
(i) Traité des Accouchemens , par M. Gardien,
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la vie de relation soient affectés simultanément, et qu'il existe perte de connaissance et de sentiment. Les mouvemens cou vu ls ifs qu'éprouvent les femmes en couches diffèrent de l'hystérie en général , et même des accès hystériques qui se manifestent chez les femmes pendant la durée de leur grossesse. Les premiers sont produits par le travail de l'accouchement ; ils ne sont point sujets à des retours, et ne s'accompagnent point des symptômes caractéristiques des attaques d'hystérie. S'ils diffèrent de celle-ci, ils ont encore bien moins de rapports avec celle-là, dont la cause, la durée, le traitement, etc. etc., sont tout autres.
On doit, suivant nous, les considérer comme des convulsions, puisqu'elles sont déterminées presque toujours par l'engorgement sanguin du cerveau. D'ailleurs, elles ont une marche différente de celle des deux autres maladies, et se dissipent constamment aussitôt après la fin de l'accouchement, soit spontanément, soit par la saignée, quand leur terminaison est favorable; ce qui arrive le plus souvent.
Nous admettons, avec MM. Pinel et Gardien , comme urr des symptômes caractéristiques de l'épilepsie, la perte de connaissance et de sentiment; mais il faut de plus, suivant nous , la succession des accès et l'ensemble des symptômes qui sont propres à cette affection spasmodique.
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Enfin , avec Rivière, nous distinguerons l'hystérie de l'apoplexie par une perte des sens et du mouvement moins complète, par une respiration peu ou point stertoreuse, et le souvenir que conservent les femmes hystériques. A ces traits distinctifs nous croyons pouvoir ajouter les suivons. L'apoplexie attaque indistinctement tous les sexes , et surtout les personnes d'un âge avancé, ou celles qui joignent à beaucoup d'embonpoint un tempérament sanguin, etc. Dans ce cas, il existe un état comateux, la locomotion est abolie , et les mouvemens convulsifs sont moins fréquens et moins prononcés.
En traçant le parallèle de ces diverses maladies, nous avons fait pressentir l'opinion qu'on doit se former de l'issue probable de l'hystérie ; voyons maintenant plus en détail les circonstances propres à modifier le jugement que le médecin en devra porter.