CHAPITRE PREMIER
JcLtymologie : hystérie des Français, hjsteria des Latins , n^rvi^ ystuxÀ des Grecs ; uteri prœ^focatio, suffocation de matrice, d'vfepa,) ûfepov, utérus , qui signifie matrice ; ptUpa. , de piilnp , mater 9 mère.
Syjnonymie : hystérie, hystéricie , hystéricisme f hystér algie, passion et affection hystériques, affection utérine , suffocation de matrice , étranglement de l'utérus , mal de mère : on a encore appelé cette maladie vapeurs hystériques , ascension de la matrice.
Le mot hystérie nous semble préférable , parce qu'il est plus généralement usité : celui àHhystéralgie convient mieux à l'inflammation de !a rnatrice, comme paraît le prouver son origine d'J«p/ ahyoç, douleur de l'utérus. Chez les femmes hystériques, la sensibilité vitale ou organique de la matrice , d'après Bichat, est seule mise en action : en général, elles n'éprouvent aucun sentiment douloureux vers cet organe ; dans son inflammation et ses affections chroniques, soit squirrhe, soit cancer, la sensibilité relative y est fort développée, et les douleurs les plus vives s'y font ordinairement sentir : tout moyen excitant porté sur ce viscère exaspérerait les accidens qui, au contraire, céderaient presque toujours dans l'hystérie à l'excitation spéciale de l'organe affecté; tant il est vrai que dans ce dernier cas la sensibilité vitale ou organique est seule exaltée.
Les anciens attribuaient à un prétendu déplacement de la matrice le globe hystérique qui parcourt tout l'espace situé entre l'hypogastre et le larynx, et qui paraît dû à une irritation fixée successivement sur tous les rameaux d^s nerfs grand et moyen sympathiques, ou trisplanchnique et pneumogastrique : cette expression, d'ascension de la matrice, ne peut être conservée dans le langage médical, parce que les mots doivent toujours être en rapport avec les idées qu'on veut exprimer.
Classification. Les nosographes ont très-peu varié sur le rang qu'ils ont assigné à cette maladie : Sauvages et Vogel la classent dans les spasmes; Cullen et Pinel dans les névroses. Avec le nosographe moderne , nous la rangeons dans la classe des névroses; ordre , vèsanies ; genre , névroses de la génération ; espèce , névroses génitales de la femme.
Nous comprenons l'hystérie dans la classe des vèsanies, plutôt que dans les spasmes, parce qu'elle se rapproche beaucoup plus des vèsanies telles que l'hypocondrie avec laquelle on Ta confondue et même identifiée , que des affections spasmodiques dont la plupart des bons observateurs l'ont presque toujours distinguée.
Si les phénomènes les plus sensibles de l'affection hystérique très-intense se rapprochent des symptômes propres à l'épilepsie, au tétanos et aux convulsions idiopathiques , sa nature, ses causes , son développement , sa marche , son étiologie , ses différentes terminaisons , enfin les moyens curatifs qu'elle réclame, la rattachent aux maladies dites vaporeuses. De même que le délire ne peut faire placer la fièvre ataxique parmi les aliénations, de même les mouvemens convulsifs ne sauraient faire ranger l'hystérie parmi les maladies spasmodiques, quand d'autres considérations aussi variées qu'importantes engagent à la classer parmi les vèsanies.