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bîemcnt. Mais en outre , les purgatifs administrés de eette manière, ne troublent pas autant la digestion , et en déplaçant l'irritation qui affecte des organes plus importai», ils sont susceptibles de contribuer à la gucrison des malades ; enfin , nousobserverons qu'ils sollicitent lesmouvemens critiques de la nature par la voie du canal intestinal, et peut-être par l'écoulement hémorrhoïdal. Cependant nous conviendrons qu'on peut, sans injustice, retrancher une partie des éloges accordés par Alberti à ce mode de purgations, bien qu'il soit peut-être trop négligé dans beaucoup d'affections.
Les lavemens à l'eau froide agissent plus comme toniques que par leur action purgative, et ont produit parfois de bons effets.
Les suppositoires sont spécialement indiqués dans la plupart des hypocondries et des engorgemens légers et chroniques du foie , de l'estomac, etc.; ils excitent les sécrétions hépatiques et intestinales en déterminant loin de ces organes une irritation assez vive ; leur emploi doit être réitéré , parce que leur action n'est que momentanée et peu prononcée; mais aussi ils n'exposent pas aux inconvéniens qu'entraîne quelquefois l'usage des purgatifs, dont l'excitement immédiat et trop violent peut augmenter la sensibilité des organes malades.
Les sudorifiques sont applicables, et surtout à
l'intérieur, dans le principe d'une hypocondrie dont la source première dérive du dérangement de la transpiration; mais il faut pour administrer ces médicamens, qu'il n'existe aucun symptôme d'irritation ou de lésion locale, ni soif, ni fréquence du pouls. On peut seconder leur action par les frictions sèches ou médicamenteuses, et les applications de taffetas gommé , par les bains de vapeurs, qui sont en quelque sorte autant de sudorifiques appliqués à l'extérieur.
Les chaussons de flanelle, de taffetas gommé, les bains de jambes tièdes ou rendus aromatiques, les frictions avec l'éther , l'ammoniaque étendu, conviennent particulièrement quand on se propose de faire reparaître une transpiration habituelle des pieds.
Si l'on réfléchit aux formes variées, bizarres, et tout-à-fait méconnaissables que revêt parfois l'affection siphilitique très ancienneet dégénérée, on concevra qu'il n'est pas impossible qu'elle ne simule, seule ou réunie à d'autres circonstances, une hypocondrie , ou qu'elle ne la produise véritablement : dans l'un et l'autre cas, il faut faire concourir à la cure les médicamens dits antivénériens, tels sont les bols ci-contre (1), la li-
(1) 1£ Oxi-muriate de mercure g xvj.
Alcool 3 j
Eati distillée 5 f5
Opium gommeux g xxiv
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qncur de Van-Swiéten, les sudorifiques rapprochés, et les frictions mercurielles.
On sait que des peuples entiers vivent en grande partie du lait des animaux : le Scythe et l'Arabe trouvent leur nourriture la plus ordinaire dans celui de leurs jumens et de leurs chameaux. C'est un aliment des plus utiles , et considéré comme médicament il rend encore d'éminens et nombreux services; lorsque l'estomac le digère facilement, il faut en continuer l'usage , mais on devra y renoncer s'il paraît passer avec peine. On facilite sa digestion en le coupant d'abord avec deux tiers d'infusion de fleurs de tilleul ou de feuilles d'oranger; on augmente ensuite progressivement la dose du lait : les différens animaux qui nous en fournissent sont : la vache, l'ânesse, la chèvre ; rarement a-t-on recours en Europe à celui de jument ou de chameau. Je ne parle pas du lait de la femme , dont l'usage semble réservé à la nourriture desenfans, bien qu'on l'ait conseillé et fait prendre quelquefois à des adultes très-affaiblis.
Jos. Lanzonius (cons. cvni , t. II. ) parle d'un
Extrait de bourrache 3 ij
Gomme arabique 3 iv.
Faites, suivant l'art, cent vingt bols; deux soir et matin. L'extrait leur conserve très-long-temps une consistance mollette , et l'opium gommeux diminue l'irritation produite par le sel sans nuire à son action spécifique.
hypocondriaque qui prit du lait dânesse, eut recours aux bains, etc. , fit le voyage de Venise avec des compagnons très-joyeux, et guérit enfin parfaitement.
L'usage du lait d'ânesse peut avoir contribué à cette guérison; mais les joyeux compagnons de route y ont eu certainement la meilleure part. Dans l'exemple suivant nous voyons un nouveau témoignage en faveur de ce médicament {Journ, de Méd. , sept. 181 3). Un étudiant en médecine, qu'une vie trop appliquée et trop sédentaire avait jeté dans une maladie accompagnée delà plupart des symptômes qui caractérisent la consomption nerveuse, ou spleen, éprouvait une irritation fixe à lhypocondre gauche. Ce jeune homme qui avait déjà employé infructueusement beaucoup de remèdes, fut guéri par la diète lactée suivie exactement pendant quatre mois. A sa mélancolie et à son extrême maigreur succédèrent son embonpoint et sa gaîté naturels, qu'il a conservés en mêlant à ses études les exercices et les récréations convenables.
L'usage de ce précieux liquide convient surtout après l'abus des purgatifs et des remèdes irritans, du mercure, etc.
Nous terminerons l'examen de cette partie des médicamens en rapportant des exemples de guérison dues ou attribuées à des substances dont l'efficacité n'est rien moins que recounue.
HYPOCONDRIE. GjS
L'or potable, conseille par Zacutus Lusitanus, a guéri un de ces malades. (Obs. xrr, lib. ii, Prax. med.) Lanzonius rapporte l'exemple d'un homme âi^<5 de quarante ans, depuis long-temps hypocondriaque , et qui dut sa guérison à l'usage de la laitue. (Obs. civ. ) Littre et Geoffroy ont réussi dans plusieurs cas par l'emploi de moyens analogues.
Considérons maintenant des agens d'un usage beaucoup plus rationnel.
Les eaux que la nature nous offre avec une extrême abondance sont presque toutes minérales : l'eau des fleuves et de la mer, celle qui provient de la pluie, des brouillards ou de la rosée, celle qui résulte de la fonte des glaces ou des neiges, contiennent des substances minérales; l'eau distillée seule, bien que produite artificiellement, est la plus naturelle et la plus simple, celle où l'on trouve l'hydrogène et l'oxygène isolés le plus possible de toute autre substance.
Toutefois on est convenu d'appeler eaux minérales, celles que des propriétés particulières, qui agissent sur nos sens et nos organes, nous font reconnaître pour différentes de l'eau commune 7 et surtout de celle qui est produite par la distillation; elles varient par leur température : les unes n'ont que le degré de chaleur relatif à la température atmosphérique; les autres offrent une chaleur égale à celle de l'eau tiède, et quelquefois à celle
de l'eau en ébullition. On donne à cette dernière classe le nom d'eaux thermales. Une seconde différence non moins essentielle résulte de la nature de leurs matériaux immédiats : on en connaît d'acidulés, de salines , de ferrugineuses, de sulfureuses et de gazeuses; enfin , on les distingue en naturelles et artificielles. Deux établissemens également recommandables nous les présentent à Paris, en très-grande quantité. Le premier est le dépôt général des eaux minérales naturelles (1) , auxquelles on doit toujours donner la préférence pour l'usage intérieur, d'autant que rien n'égale la juste confiance que mérite cet établissement. Le second est celui de Tivoli, où on les prépare par des procédés fort ingénieux qui rendent les eaux minérales artificielles presque aussi convenables , surtout pour l'usage extérieur. Les eaux gazeuses artificielles ont un avantage , c'est de ne pas laisser évaporer le gaz, qui dans les eaux naturelles, se dissipe, malgré toutes les précautions, au bout d'un certain temps, quelle que soit la nature du vase qui les renferme.
Nous ne parlerons que des eaux minéralesdont la nature intime paraîtsusceptible d'applications heureuses au traitement de ces névroses, et nous renvoyons, pour les caractères physiques et chi-
(1) Rue Plâtrière, près de la Poste.
il y po C o n i) n i i . Cj5
iniques de ces mêmes eaux, aux auteurs qui en ont donné l'analyse, aux traités de matière médicale, où leur histoire est exposée, et principalement au savant ouvrage du docteur Alibert , et au Cours méthodique de Matière médicale du docleur Pérylhe , dont nous fîmes paraître la seconde édition en i8o/j.
Les différentes eaux minérales sont surtout indiquées lorsque l'affection hypocondriaque, par sa continuité, par l'intensité ou la persévérance de ses causes, fait craindre l'engorgement des viscères abdominaux, ou quelque autre complication fâcheuse : dans ce cas, on prescrit l'usage de celles que 1 expérience a consacrées spécialement au traitement de ces dernières maladies, dont on s'efforce de prévenir ou d'arrêter les progrès.
On peut faire usage des eaux minérales à la source même, ou dans lesétablissemens auxquels on en adresse du pays qui les fournit, ou dans eux qui les composent artificiellement. On les administre à l'intérieur, pures ou coupées avec une décoction d'orge, une infusion aromatique ; d'autres fois on les prescrit en bains, et même»en douches.
Jetons un coup-d'œil sur chacune des espèces principales.
Les eaux minérales sulfureuses sont celles dont le gaz hydrogène sulfuré constitue le prin-